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8.223455 - RAFF: Symphony No. 5, 'Lenore'
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Joachim Raff

Joachim Raff

Symphonie n¢X5 en mi majeur, op. 177 "Lénore", Ouverture op. 127

 

Le nom de Joachim Raff (1822-1882) est aujourd'hui totalement oublié de la grande majorité des mélomanes et l'on ne peut qu'être étonné quand l'on sait que, de son vivant, ce compositeur fut considéré par certains comme l'une des figures prééminentes de la musique allemande, au même titre que Johannes Brahms ou Richard Wagner! Etonnement aussi quand l'on parcourt le vaste catalogue de ses oeuvres: plus de deux cents numéros d'opus au total, parmi lesquels 11 symphonies, de la musique chorale, de chambre et une foule de pièces pour piano dont de très nombreuses fantaisies ou paraphrases sur des thèmes d'opéras de Wagner, Weber, Rossini, Meyerbeer ...C'est d'ailleurs par le clavier que Joachim Raff fit remarquer ses qualités de compositeur. En 1844, en effet, ses Pièces caractéristiques op. 2 et le Scherzo op. 3 furent imprimés à Leipzig grâce à l'appui de Félix Mendelssohn. Encouragé par ce premier succès, Joachim Raff décida de poursuivre sa formation musicale à Zurich. En 1845, il fit la route, à pied, jusqu'à Bâle pour y entendre un récital de Franz Liszt. Le virtuose se prit immédiatement d'amitié pour le jeune compositeur et lui trouva du travail chez divers marchands de musique ou imprimeurs allemands. A Stuttgart, l'année suivante, Raff rencontra Hans von Bülow qui devait demeurer l'un de ses amis les plus fidèles. Liszt ne tarda pas à reparaître dans son existence. En 1850, l'auteur des Rhapsodies hongroises s'établit à Weimar et fit de Raff son secrétaire. La personnalité parfois écrasante de son aîné l'incita à quitter ce poste en 1856 pour se rendre à Wiesbaden. Raff y épousa Doris Genast. Partageant son temps entre des leçons de piano et la composition, il trouvait là, enfin, une atmosphère idéale pour épanouir une inspiration de plus en plus attirée par l'orchestre. Hormis une partition datée de 1854, aujourd'hui perdue, toutes les symphonies de Raff sont postérieures à son départ de Weimar. C'est grâce à ces partitions - à la Symphonie n¢X5 en particulier - que le nom de Raff devint célèbre en Allemagne. Preuve de la reconnaissance dont il bénéficiait, on lui offrit la direction du conservatoire de Francfort en 1877 et il occupa ce poste jusqu'à son décès, cinq ans plus tard.

 

Composée en 1872 et publiée dès l'année suivante, la Symphonie n¢X5 en mi majeur op. 177 est représentative du goût que Raff manifesta maintes fois pour la musique à programme. Sa symphonie s'inspire en effet de la ballade du poète Gottfried August Bürger (1747-1794) : Lénore - une oeuvre qui valut un grand succès à son auteur et que le public français découvrit en 1830 grâce à la traduction que Gérard de Nerval en fit pour la revue Psyché. Le texte de Bürger met en scène deux personnages: une jeune fille: Lénore, et son amant: Wilhelm.

 

L'Opus 177 se divise en quatre mouvements et trois parties - structure révélatrice d'un attachement du compositeur au modèle classique doublé d'une attirance pour les tendances modernes de la musique illustrées par les poèmes symphoniques de Liszt.

 

La première partie intitulée Liebesglück (Joie d'amour) regroupe un Allegro de forme sonate, dont l'allure virile symbolise Wilhelm, et un Andante quasi larghetto qui décrit les tendres sentiments de Lénore pour son bien aimé et suggère leur étreinte au cours d'un duo violon/violoncelle plein d'ardeur. La deuxième partie: Trennung (Séparation) est constituée d'un unique mouvement au rythme de marche. C'est l'une des pages les plus célèbres de Raff. Elle tient lieu de scherzo dont le trio décrit l'agitation des amants avant leur séparation. Baptisée Wiedervereinigung im Tode (Réunis dans la mort), la troisième partie-et quatrième mouvement- est un Allegro caractérisé par une atmosphère sombre où le compositeur réutilise des thèmes issus des mouvements précédents. Un épisode au rythme de chevauchée fantastique mène à l'issue fatale...

 

C'est à partir d'une musique de scène composée en 1854 que Joachim Raff élabora, en 1865, l'Ouverture op. 127, publiée en 1866 sous le titre: "Ein feste Burg ist unser Gott". Sans posséder l'intérêt de la Symphonie "Lénore", cette pièce se distingue par la solidité de son écriture et l'utilisation judicieuse des timbres instrumentaux à laquelle le musicien parvient.

 

© 1993 Frédéric Castello


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