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8.553371 - DVORAK, A.: String Quartets, Vol. 1 (Vlach Quartet) - Nos. 12, "American" and 13
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Antonín Dvořák (1841-1904):
Quatuor à cordes n° 12 en fa majeur, op. 96 “Américain”,
Quatuor à cordes n° 13 en sol majeur op. 106.

 

Fils d'un boucher et aubergiste, Antonín Dvořák vit le jour à Nelahozeves en Bohême le 8 septembre 1841. Peu attiré par les activités de son père, l'enfant préféra se consacrer à la musique et, après avoir acquis les rudiments de son art auprès de divers amateurs, se perfectionna chez son oncle à Zlonice à partir de 1853. En 1857, le jeune Antonín fin son entrée à l'Institut de Musique sacrée de Prague - l'Ecole des Organistes - et travailla parallèlement, le piano, le violon et l'alto.

Son entrée en 1862 dans l'orchestre du Théatre de Prague comme violoniste puis altiste allait se révéler d'une grande importance pour la suite de sa carrière. Là, il découvrit en effet les opéras de Smetana à l'exécution desquels il eut l'occasion de participer sous la baguette de l'auteur. C'est probablement la Fiancée Vendue qui fit le plus dans la prise de conscience nationale du musicien tchèque dont l'art apparaît aujourd'hui indissociable du génie d'un peuple. Dvořák eut par ailleurs la chance de s'attirer la sympathie de Brahms qui l'aida à faire éditer ses oeuvres.

A partir des Danses slaves qu'il composa en 1878, Dvořák vit sa réputation croître au sein de l'empire austro-hongrois - iI devint professeur au Conservatoire de Prague en 1891 -, mais à l'étranger également. Après de nombreux déplacements en Angleterre en particulier, il résida pendant trois ans aux Etats-Unis (1892-95) sur l'invitation du Conservatoire de New York dont il assura la direction pendant cette période. Son intense activité pédagogique ne le détourna cependant pas de la composition et le séjour outré-Atlantique fut marqué par la compositions d'opus telles que la 9ème Symphonie “Du Nouveau Monde”, le Quatuor à cordes “Américain” op.96 et le Quintette à cordes en mi bémol majeur op.97. De retour sur sa terre natale, le musicien conserva une activité créatrice intense jusqu'à la fin de ses jours et décéda à Prague, le 1er mai 1904.

Le quatuor à cordes fut l'une des formes favorites du musicien tchèque. Très vaste (14 numéros), sa production en ce domaine se répartit entre 1862 et 1895 et fournit un excellent reflet de son cheminement esthétique.

Avec les Quatuors n° 12 “Américain” et n° 13, l'auditeur se trouve en présence de deux des plus belles réalisation de la musique de chambre de Dvořák.

La composition du Quatuor en fa majeur, op. 96, on l'a noté plus haut, s'inscrit durant le séjour de l'artiste outre-Atlantique. Conçue en à peine plus de deux semaines, cette partition fait dans une certaine mesure songer à la Symphonie “du Nouveau Monde” car elle associe des éléments d'origine tchèque à d'autres américains - qu'il s'agisse de références aux folklores nègre et indien ou à la nature (chants d'oiseaux).

En quatre mouvements, le Quatuor “Américain” débute par un Allegro ma non troppo où s'exprime l'attachement de Dvořák à la sonorité chaude de l'alto. C'est en effet ce dernier qui a ici pour tâche d'exposer le premier thème, de caractère pentatonique comme le second que fait bientôt entendre le premier violon.

L'intimisme domine dans le Lento en ré mineur où la mélodie d'abord jouée au premier violon est ensuite reprise par le violoncelle dans une atmosphère teintée de mélancolie.

Retour au fa majeur avec le Molto vivace, un allègre scherzo où Dvořák imite le chant d'un oiseau entendu lors d'une promenade matinale près de Spillville (Iowa), la cité ou fut écrit le Quatuor “Américain”. Couleurs éclatantes et nervosité rythmiques sont le propre du finale Vivace ma non troppo dont l'ardeur ne s'apaise que lors d'une section Meno mosso qui confie un splendide solo au violoncelle.

C'est après son retour a Prague que Dvořák, à la fin de l'année 1895, composa son Quatuor n° 13 en sol majeur, avant dernière étape de sa production en ce domaine.

Divisé en quatre parties, cet ouvrage illustre comme le précédent la liberté et la sureté qui caractérisaient la plume d'un compositeur parvenu au sommet de son art. Qu'on en juge par l'Allegro moderato initial où, dans le cadre d'une forme sonate traditionnelle Dvořák parvient à une étonnante variété d'atmosphères qui n'altère cependant jamais l'architecture d'ensemble de l'épisode. Suit un Adagio ma non troppo en mi bémol majeur dont le lyrisme puissant et toujours maîtrisé conduit à des instants d'émotion rare.

En ré majeur, le scherzo Molto vivace, qui presente l'originalité d'inclure deux trios, conduit au finale. Six mesures notées Andante sostenuto précèdent un Allegro con fuoco très contrasté.

© 1995 Frédéric Castello

 


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