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Musique baroque italienne

Musique baroque italienne

 

La vie musicale italienne à l'époque baroque offre le spectacle d'un fantastique essor de la musique instrumentale qui culmina durant le première moitié du XVIIIe siècle avec le prolifique Antonio Vivaldi - ce phénomène n'est d'ailleurs pas dissociable des progrès dont bénéficia à l'époque la lutherie avec des facteurs tels que Amati, Guarnerius ou Stradivarius.

 

L'immense popularité du "Prêtre roux" occulte parfois cependant le rôle de prédécesseurs ou de contemporains moins célèbres, qu'il importe de connaître car il jouèrent un rôle souvent important dans l'évolution des formes musicales.

 

Premier dans la chronologie des auteurs inscrits à ce programme, Arcangelo Corelli(1653- 1713) était un personnage aussi misanthrope que fortuné.

 

Adolescent, Corelli étudia le violon à Bologne auprès de Benvenuti et de Brugnoli, et parvint à un degré de virtuosité qui fit de lui le plus grand violoniste italien de son temps. Après quelques voyages au début de sa carrière, il mena une vie sédentaire à Rome où, à partir de 1680, il travailla au service de la reine Christine de Suède -dédicataire de son Opus 5. Figure essentielle de l'ère baroque, Corelli a marqué le cours de l'histoire musicale par la perfection formelle d'une production que Purcell, Couperin, Haendel ou Telemann admiraient.

 

Quantitativement réduite, elle comprend 48 Sonates en trio (pour deux violons et continuo), dont 24 Sonates d'église et 24 Sonates de chambre, 12 Sonates pour violon et continuo et 12 Concerti grossi, op. 6.

 

Sans doute moins connu que le fameux Concerto" pour la nuit de Noël ", op. 6 n° 8, l'Opus 6 n° 11 offre une autre preuve de l'extraordinaire maîtrise du musicien italien dans le domaine du concerto grosso. Cette forme, rappelons-le se caractérise par l'opposition entre le ripieno et le concertino et l'émancipation dont bénéficie parfois ce dernier - toujours écrit pour deux violons et un violoncelle chez Corelli -porte en elle les prémices du concerto de soliste.

 

Giuseppe Torelli(1658-1709) contribua beaucoup aussi au développement de celui-ci, tout en conservant par ailleurs une grande attirance pour le concerto grosso.

 

Originaire de Vérone, ce violoniste virtuose travailla en particulier à Bologne et doit une bonne part de sa popularité à des ouvrages pour trompette. Mais il s'intéressa aux cordes également. Peu après sa mort, son frère Felice se chargea de la publication des douze Concerti grossi op. 8. En ré majeur, le n° 6 est le dernier de la série à faire appel à deux violons solistes face à un ensemble de cordes. Les six suivants ne réclament plus en effet qu'un seul violon.

 

Elève de Torelli à Bologne, le compositeur et violoniste Francesco Manfredini (l684 - 1762) fut souvent tenté par la sonate d'église chère à son maître. Quoique baptisée sinfonia c'est en effet cette forme qu'adopte l'ouvrage enregistré ici. L'auteur l'acheva en 1709 et l'on y remarquera la présence de plusieurs sections faisant la part belle a. concertino.

 

Plus vraisemblement élève de Valentini que de Corelli comme on l'affirme parfois, Pietro Locatelli (1695-1764) laisse le souvenir d'un admirable virtuose du violon. En 1729, l'artiste italien se fixa à Amsterdarn où il disposait d'un terrain favorable à l'édition de ses reuvres et partageait la majeure partie de son temps entre l'enseignement et la composition. Pour son instrument favori, Locatelli élabora un recueil de 24 Caprices qui, plus tard, devaient fortement impressionner Paganini. Mais on lui doit également des sonates et des concerti grossi.

 

Les douze Concerti grossi, op. 1 (1721) furent révisés par leur auteur l'année de son installation à Amsterdam. Très marqués par le modèle corellien, l'Opus 6 en particulier, Locatelli innova cependant par rapport à Corelli en faisant appel à un ou deux altos dans le concertino.

Les Concerti grossi op. 1 se répartissent en fait en deux catégories. Les n° 1 à 8 relèvent du concerto da chiesa (d'église) reposant sur l'altemance de mouvements lents et d'épisodes fugués, tandis que les nos 9 à 12 sont des concerti da camera (de chambre) et s'organisent sous la forme d'une suite de danses.

 

L'influence de Corelli s'exerça également sur Francesco Geminiani (1687-1762) qui étudia auprès de ce dernier à Rome, avant de recevoir les conseils d'Alessandro Scarlatti à Naples. En 1710, il prit le chemin de l'Angleterre et, à compter de cette date, son existence se partagea entre Londres et l'Irlande où il mourut. Dans la capitale britannique, Geminiani rencontra Haendel et se fit connaître par son activité de virtuose et par la publication de ses compositions - auxquelles s'ajoutent des traités à caractère pédagogique tels que The Art of Playing on the Violin.

 

Limitée au domaine instrumental, la production du musicien italien comprend des sonates pour violon ou pour violoncelle et des concerti grossi.

 

Ces derniers portent l'empreinte de Locatelli car Geminiani à lui aussi adjoint un alto aux deux violons et au violoncelle du concertino à partir des Concerti grossi op. 2 publiés en 1732.

 

"Dilettante veneto", ainsi se définissait Tomaso Albinoni (1671-1750), contemporain et rival de Vivaldi -qui l'adrnirait fort cependant! Cet amateur fortuné alliait la pratique du violon et du hautbois à la composition. Ses 53 opéras, très prisés en leur temps, sont aujourd'hui perdus, mais une production instrumentale importante demeure et témoigne d'un art remarquable par son invention mélodique et son contrepoint savant.

 

A l'époque baroque le terme "sonate" était utilisé dans un sens bien plus large qu'aujourd'hui et la Sonate à cinque en sol mineur, op. 2 n° 6 fait en réalité partie des Sei Sinfonie e sei concerti a cinque, op. 2 que le musicien fit publier à Venise en 1700.

 

Cette même année naissait Giovanni Battista Sammartini (1700-1775), un compositeur dont toute la carrière se déroula à Milan. Parmi la foison d'ouvrages instrumentaux que lègue cet artiste, les sinfonie occupent une place non négligeable dans le cours de l'histoire de la musique et l'on sait que Mozart ou Haydn y prêtèrent beaucoup d'attention durant leur années de jeunesse.

 

@ 1996 Frédéric Castello

 


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