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8.553505 - BACH, J.S.: Concertos for Harpsichords, Recorders and Violins
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Jean Sébastien Bach(1685-1750) : Triple Concerto pour flûte, violon, clavecin et cordes en la mineur, BWV 1044 Concerto pour c

Jean Sébastien Bach (1685-1750) :

Triple Concerto pour flûte, violon, clavecin et cordes en la mineur, BWV 1044

Concerto pour clavecin, deux flûtes à bec et cordes, BWV 1057

Concerto pour trois clavecins et cordes en ré mineur, BWV 1063

Concerto en ré majeur pour trois violons et cordes, BWV 1064

 

Issu d'une famille où la musique était présente depuis des générations, Bach naquit à Eisenach. Ses années de formation le menèrent à Ohrdruf puis à Lüneburg où, en 1700, il entra dans la maîtrise de la Michaelskirche. Peu après, il se rendit à plusieurs reprises à Hambourg et eut l'occasion de séjourner à la cour du duc de Celle -il y découvrit les oeuvres de compositeurs français tels que Couperin. Bach, qui jouissait déjà d'une solide réputation d'organiste et dont on appréciait les premières compositions, fut nommé à la Neue Kirche d'Arnstadt en 1703, puis à la Blasiuskirche de Mühlhausen en 1707.

 

C'est en 1708, avec son arrivée à la cour de Weimar, que commença véritablement la carrière du musicien. On y distingue trois grandes périodes: Weimar (1708 - 1717), Kôthen (l717 - 1723) et Leipzig (1723-1750).

 

A Weimar, Bach occupait les fonctions de musicien de chambre et d'organiste. Pour son instrument favori, il écrivit nombre de pièces dont certaines comptent parmi les plus célèbres de son lEuvre. Beaucoup de cantates virent également le jour dans cette cour luthérienne, jusqu'à ce qu'à l'occasion de la mort du maître de chapelle Dresde, Bach, qui n'était pas parvenu à lui succéder, se brouille avec le duc de Weimar -le musicien fit même quelques jours de prison! -et décide de quitter les lieux pour s'installer à la cour de Kôthen, au service du prince Leopold.

 

Le calvinisme règnait à Kôthen. Pendant les années qu'il y passa, le compositeur délaissa donc le domaine religieux au profit de la musique instrumentale que le prince, excellent musicien par aiIleurs, prisait fort. Mais ce dernier épousa en 1722 sa cousine Friederica-Henrietta d'Anhalt-Bernburg, une inculte et stupide personne qui manifesta le plus profond mépris envers Bach et l'incita à se mettre à la recherche d'un nouvel emploi.

 

En 1723, il brigua la succession de Kuhnau à Leipzig et devint Cantor de saint- Thomas et de Saint Nicolas. Ces fonctions, qu'il allait occuper jusqu'à sa disparition en 1750, supposaient une très importante charge de travail car en plus de la musique qu'il devait composer et faire exécuter à saint- Thomas, mais aussi à saint- Nicolas, Bach était tenu d'enseigner au sein de la Thomasschule. Durant cette période, le compositeur signa un grand nombre de partitions à caractère religieux, parmi lesquelles des chefs d'oeuvre de l'art musical tels que les Passions selon saint- Jean et saint-Matthieu.

Dans le domaine concertant, Bach fut profondément marqué par la découverte au début de son séjour à Weimar des ouvrages d'Antonio Vivaldi dont il transcrivit certains pour orgue (BWV 593, 594, 596), d'autres pour clavecin (BWV 972, 973, 975, 976, 978, 980)

 

D'ailleurs tous les concertos du maître allemand obéissent au schéma vif-Ient-vif cher au Prêtre Roux. L'organisation interne de leurs divers épisodes doit également beaucoup à l'exemple de l'Italien. Ainsi, les mouvements vifs pratiquent l'alternance entre des ritornelles confiées au tutti et les épisodes solistes -il arrive cependant que ritornelli et soli se mèlent par endroits (ex: Triple Concerto BWV 1044) -, tandis que la partie lente du concerto fait entendre une cantilène soutenue par un accompagnement très dépouillé

 

Nombreux sont, parmi les concertos élaborés à Leipzig, ceux qui résultent de l' adaption d'ouvrages composés antérieurement et destinés à d'autres instruments solistes. Le Triple Concerto pour jlûte, violon, clavecin et cordes en la mineur, BWV 1044 présente un profil différent car c'est à partir de pages pour orgue ou clavecin solo qu'il fut élaboré. En effet le Prélude et fugue pour clavecin, BWV 894, daté des années de Weimar, est à l'origine des deux mouvements rapides, Allegro et Alla Breve, de l'ouvrage, tandis que l'Adagio ma non tanta e dolce - que Bach a réservé aux instruments solistes sans intervention de l'orchestre - provient pour sa part du mouvement médian de la Sonate pour orgue en ré mineur, BWV 527, écrite selon toute vraisemblance trois ou quatre ans après l'installation du compositeur à Leipzig.

 

On notera la place prédominante qu'occupe le clavecin parmi les trois solistes autant que les couleurs séduisantes que l'auteur tire de la présence de la flûte et du violon auprès de l'instrument à clavier.

 

Outre ses fonctions déjà très lourdes de Cantor, Bach avait la charge du Collegium Musicum de Leipzig, société de concerts pour les besoins de laquelle il adapta plusieurs concertos.

 

Ainsi le Concerto pour clavecin en fa majeur, BWV 1057 provient-il du Concerto Brandebourgeois n° 4 en sol majeur, BWV 1049 dont une part de la saveur originale est conservée car Bach n'a pas remis en cause la présence des deux flûtes à bec dans la nouvelle mouture de la partition.

 

On doit deux concertos pour trois clavecins - BWV 1063 et 1064 - à la plume du musicien allemand. A l'instar du BWV 1057, ces partitions furent conçues à Leipzig, à partir de compositions vraisemblablement destinées à l'origine à trois violons - qui pourraient d'ailleurs fort bien être d'un autre auteur que Bach.

 

Le Concerto BWV 1063 se caractérise par le rôle prépondérant du premier clavecin et une poésie de l'écriture à son sommet dans le tendre balancement de son Alla Siciliana médian. Quant au Concerto BWV 1064, ce n'est pas dans sa version pour trois claviers qu'on l'entend ici, mais dans une convaincante reconstitution de la version initiale pour trois violons en ré majeur.

 

@ 1995 Frédéric Castello

 

 


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