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8.553761 - BACH TRANSCRIPTIONS FOR PIANO
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Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Transcriptions pour piano de Saint-Saëns • Siloti • Reger • d’Albert • Kabalevsky
 

Avant que le monde musical ne s’ouvre à Ia recherche d’une authenticité avec l’utilisation d’instruments d’époque, et surtout bien avant les enregistrements, les transcriptions pour piano tenaient une place de choix, notamment dans la diffusion musicale. Jusqu’à très récemment, les arrangements de musique orchestrale pour un ou deux pianos étaient pratique commune, surtout à une époque ou presque tous les foyers possédaient un tel instrument.

Les transcriptions sont bien évidemment antérieures au XlXème siècle et à la popularité du piano, et Bach lui-même transcrivit pour clavier une série de concertos écrits par ses contemporains dont A. Vivaldi, A. Marcello, G. P. Telemann, et même du jeune prince Johann Ernst de Saxe-Weimar. Des arrangements de Ia sorte offrent un aperçu différent des oeuvres desquelles ils proviennent.

Si Bach était à la fois maître dans l’art du clavecin, clavicorde et de l’orgue, il l’était aussi dans celui de la transcription qui s’avéra constituer un champ d’exploration d’un grand intérét pour de futurs arrangeurs qui choisirent Ia difficile tâche de reproduire la grandeur de l’orgue en terme pianistique, d’introduire les harmonies insinuées dans les oeuvres pour violon ou violoncelle seul et de développer l’étendue relativement limitée d’un clavicorde ou d’un clavecin.

Organiste à la chapelle ducale et Konzertmeister à Weimar jusqu’en 1717, Bach fut ensuite nommé Kapellmeister à la cour calviniste du prince Léopold d’Anhalt-Köthen, amateur instruit de musique dont Ie mariage avec une femme aux goûts artistiques inexistants précipita Ie départ du compositeur. Devenu Cantor de I’église Saint-Thomas de Leipzig, Bach se chargea, jusqu’à la fin de son existence, de Ia vie musicale des principales eglises de Ia vile.

La première des transcriptions de cet enregistrement est celIe de la Sinfonia d’ouverture de Ia cantate Wir danken dir Gott, BWV 29, exécutée pour Ia première fois le 27 août 1731 pour l’inauguration du conseil municipal de Leipzig. Le mouvement transcrit ici par Camille Saint-Saëns tire ses origines du Prélude de la Partita en mi majeur pour violon seul, et Bach utilise à nouveau l’idée musicale dans une cantate de mariage écrite en 1729. Saint-Saëns lui-même, né à Paris en 1835, était un musicien attiré par la diversité et hautement considéré à sen époque et jusqu’à sa disparition en 1921. Son attirance pour Ia musique de Bach correspondait à un courant de redécouverte de la musique du maître de Leipzig, et Saint-Saëns était lui-même un pianiste précoce et l’un des organistes de renom de l’église de in Madeleine à Paris. Parmi ses transcriptions figurent de nombreux arrangements de cantates de Bach, dédicacés à certains de ses élèves de l’Ecole Niedermeyer où il enseigna brièvement dans les années 1860.

Bach écrivit ses six Sonates pour violon et clavecin durant son séjour à Köthen. Dans ces pièces qui rappellent la sonate en trio, trois lignes mélodiques s’entrecroisent savamment. L’attribution d’un rôle harmonique au violon et d’un élément plus souple au clavecin dans l’Adagio de la Sonare en fa mineur est subtilement restituée dans Ia transcription d’Alexander Siloti. Né à Kharkov en Ukraine en 1863, Siloti fut l’élève de Nikolaï Rubinstein et de Tchaïkovtki au Conservatoire de Moscou, et étudia avec Liszt à Weimar en 1883, jusqu’à la disparition de ce dernier en 1886. De retour à Moscou l’année suivante, il devint professeur au conservatoire, et où son cousin Sergueï Rachmaninov compta parmi ses élèves. Plus tard, Siloti s’orienta vers Ia direction et quitta la Russie en 1917 pour se réfugier aux Etats-Unis, où il mourut en 1945 après avoir enseigné à Ia Juilliard School à New York pendant près de vingt ans. II écrivit de nombreuses transcriptions.

La célèbre Chaconne de Ia Partira en ré mineur pour violon seul fut l’objet de nombreux arrangements, dont une version pour piano de Ferruccio Busoni, et une transcription de Brahms pour la main gauche. Cette danse avec variation est construite sur une série de schémas harmoniques. La version pour piano de Siloti, évitant les extravagances occasionnelles de Busoni, privilégie Ia ligne mélodique qui se déplace de voix en voix, permettant une texture harmonique plus pleine.

Les musicologues attribuent generalement Ia Toccata et Fugue en ré mineur de Bach, BWV 565 à la période d’avant Weimar, alors que Ie compositeur était encore à Mühlhausen ou Arnstadt. Max Reger naquit à Brand en Bavière en 1873 et fut jusqu’à sa disparition en 1916 un compositeur, pianiste, organiste et chef d’orchestre de renom. Il contribua largement au répertoire de Ia musique pour orgue et fit beaucoup de transcriptions de la musique pour orgue de Bach, certaines pour piano solo, d’autres pour duos do pianos. L’imposante introduction de la Toccata et Fugue ne perd rien de son intensité grâce au doublement d’octaves.

La Passacaille en do mineur daterait elle aussi du séjour de Bach à Mühlhausen ou Arnstadt, avant Ia nomination du compositeur à Weisnar. Au XVIIème siècle, la passacaille est constituée d’une formule mélodique qui se développe sur des progressions harmoniques types. II semblerait que Bach ait écrit cette pièce en pensant qu’elle serait exécutée au clavecin. Après Ia première apparition du thème, destinée originellement au pédalier de I’orgue, suivent vingt variations et la fugue.

Le compositeur et pianiste allemand Eugen d’Albert naquit à Glasgow en 1864 et partit à l’âge de dix-sept ans étudier le piano à Vienne et à Weimar avec Liszt. Très vite, il acquit une réputation internationale, non seulement comme compositeur mais aussi comme interprète des musiques de Bach, Beethoven, Brahms et Liszt. Ses transcriptions des oeuvres de Bach ont leur intérêt, même si Albert s’éloigne occasionnellement du texte musical original.

La Toccata et Fugue en ré mineur de Bach, aussi connue sous l’appellation Dorien du mode dans lequel elle est écrite, oeuvre imposante s’il en est, fut composée à Weimar. Le compositeur russe Dimitri Kabalevski, né à Saint-Petérsbourg en 1904 fut un pianiste et un compositeur de grand talent qui figura parmi les plus grands musiciens de l’Union des compositeurs soviétiques. Dans sa transcription de la Toccata et Fugue en ré mineur, il utilise toutes les possibilités dynamiques du piano pour représenter au mieux les sonorités do l’orgue.

Keith Anderson
Traduction: Claire Rottembourg-Goldberg


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