About this Recording
8.554489 - VILLA-LOBOS, H.: Piano Music, Vol. 1 (Rubinsky) - A Prole do Bebe, No. 1 / Cirandas
English  French  German 

Heitor Villa-Lobos (1887-1959)
Musique pour piano volume 1

"Mon œuvre est la conséquence de la prédestination, et si elle est si vaste c'est qu'elle est le fruit d'un pays immense, ardent et généreux."

Heitor Villa-Lobos

Heitor Villa-Lobos n'était pas un pianiste virtuose (le violoncelle était son premier instrument), ce qui ne l'empêcha pas de consacrer une large part de sa production au piano, ni de faire preuve d'une compréhension remarquable des possibilités techniques et expressives de l'instrument. Cette familiarité avec le piano se développa après son mariage en 1913 avec Lucília Guimarães, une pianiste virtuose qui admirait particulièrement la musique de Schumann et de Chopin. Ce qui explique aussi l'influence qu'eurent ces deux compositeurs sur l'écriture pianistique de Villa-Lobos.

Un élément important de la musique pour piano de Villa-Lobos est l'abondance de thèmes dérivés ou inspirés du monde de l'enfance. On notera ici que Villa-Lobos, qui n'avait pas d'enfants, avait l'habitude d'appeler ses œuvres ses "enfants". De plus, Villa-Lobos présente dans ses œuvres pour piano seul un microcosme de la vie et des traditions nationales brésiliennes, semblable à celui réalisé par Bartók en Hongrie. Les mélodies et les rythmes populaires sont utilisés par Villa-Lobos de deux façons légèrement différentes. D'abord il y a les pièces où le matériau populaire est cité presque textuellement dans le cadre d'une élaboration harmonique simple et directe, comme dans le recueil de pièces didactiques Guia Prâtico (1932-1939); puis, et de façon peut-être plus significative, il y a les pièces plus élaborées où le matériau populaire est utilisé comme base de structures complexes, et où les transformations dont il est l'objet sont menées d'une façon tellement originale qu'on peut parler d'une véritable recréation. À ce groupe appartient le recueil des Cirandas (1926).

Villa-Lobos composa trois recueils de pièces courtes sous le titre général de Proie do Bebê (famille du Bébé), chacun s'attachant à un aspect différent de l'imaginaire des enfants. Le premier de 1918 est consacré aux poupées, le second de 1921 aux animaux et le troisième de 1916 aux jeux des enfants. Ce troisième recueil n'a jamais été publié et le manuscrit en a été perdu.

L'aspect le plus remarquable du premier recueil est la compréhension psychologique intime de la personnalité de chaque poupée et la mise en valeur de sa fonction symbolique (chaque pièce a deux titres, l'un qui indique le matériau dont la poupée est faite, l'autre qui se réfère à son origine et/ou à son symbolisme). Le langage musical montre quelque influence de l'Impressionnisme français. Ailleurs l'écriture pianistique est presque descriptive. A Proie do Bebê n˚ 1 fut le grand succès de Villa-Lobos, et la seule œuvre qu'il dédia à sa femme Lucìlia qui, dit-on, suscita l'intérêt du compositeur pour le monde de l'enfance en interprétant des œuvres telles que les Scènes d'enfants et l'Album pour la jeunesse de Schumann. Quoiqu'il en soit, les recueils de Villa-Lobos appartiennent à la tradition qui comprend les œuvres similaires de Schumann, Debussy et Tchaïkovsky.

La ciranda est une ronde ou danse circulaire originaire du Portugal, où elle était dansée par des adultes. Se développant au Brésil, la ciranda fut de plus en plus dansée par des enfants, même si dans certaines régions du pays les adultes continuaient d'y participer. La structure en couplets de la ciranda appelle un enfant à entrer à l'intérieur du cercle et à chanter seul, tandis que les autres gardent le cercle. Lorsque Villa-Lobos commença à travailler aux Cirandas, il avait en tête une vaste anthologie de musique populaire brésilienne, qui aboutirait au Guia Prâtico. En 1925 il composa un recueil de dix-neuf pièces courtes et simples utilisant des mélodies enfantines, qu'il intitula Cirandinhas (diminutif de ciranda). L'année suivante il acheva le recueil plus ambitieux et au succès beaucoup plus grand    des seize Cirandas. Le cycle est dans toute la production de Villa-Lobos l'un des meilleurs exemples d'une musique inspirée des enfants. Chacune des Cirandas suit un schéma formel unique, Villa-Lobos évitant toute contrainte formelle préconçue et préférant laisser le matériau suggérer son traitement propre, en accord avec la structure de chaque mélodie. Ceci est fondamental s'agissant des Cirandas, car dans ces pièces le matériau populaire original est profondément lié à la réalisation musicale, si bien que le caractère de toute la pièce est totalement conditionné par celui de la mélodie originale. Pourtant, en dépit de la variété interne des Cirandas, la majorité d'entre elles suivent un schéma ABA, où "A" constitue un nouveau matériau utilisé à la fois comme introduction et comme épilogue, et où "B" utilise la mélodie populaire dans une grande diversité d'élaborations. L'introduction crée l'environnement et l'atmosphère émotionnelle, comme si elle établissait le cadre de la mélodie originale, qui est souvent présentée en nette opposition aux sections qui l'entourent.

L'Hommage à Chopin fut composé en 1949 en réponse à une commande de l'UNESCO pour commémorer l'anniversaire de la mort de Chopin.

Version française: Philippe Daniel


Close the window