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8.555346 - KUHLAU: Flute Sonatas Op. 83
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Friedrich Kuhlau (1786-1832)

Sonates pour flûte et piano, op. 83

Fils d’un musicien d’un régiment de l’armée, petit-fils d’un hautboïste et musicien municipal, et neveu d’un organiste et d’un musicien municipal d’Aalborg, Friedrich Kuhlau naquit en 1786 à Ülzen, près de Hanovre, et résida avec sa famille d’abord à Lüneburg puis à Brunswick. A Lüneburg, il prit des cours de piano et commença à composer, et à Brunswick, il acheva de poser les bases de sa formation au Katharineum. Au tournant du siècle, il se rendit avec ses parents à Hambourg, y étudiant avec l’organiste, compositeur et mathématicien Christian Friedrich Gottlieb Schwenke, qui avait succédé à C.P.E.Bach, son propre professeur, comme Stadtkantor de la ville de Hambourg en 1788 et occupait le poste d’organiste de la Katherinenkirche depuis 1783. Un an auparavant, C.P.E.Bach s’était arrangé pour que Schwenke étudie avec Marpurg et Kirnberger à Berlin. En 1804, Kuhlau débuta comme pianiste et demeura à Hambourg jusqu’à l’occupation de la ville par Napoléon en 1810 et sa conscription, à laquelle il semble que sa cécité d’un œil, causée par un accident survenu dans son enfance, ne lui permit pas d’échapper. Il se réfugia ensuite à Copenhague sous un nom d’emprunt, tentant de s’établir comme pianiste et compositeur et se produisant pour la première fois au piano à la cour en 1811. En 1813, il fut naturalisé et l’année suivante il fut nommé musicien de chambre de la cour, poste qui ne fut pas rémunéré jusqu’en 1818, année où un salaire symbolique fut autorisé. La même année, ses parents et sa sœur le rejoignirent au Danemark, l’obligeant à gagner plus d’argent pour subvenir à leurs besoins. Il redoubla ses activités de pianiste de concert et d’enseignant. En 1815, il rencontra le succès avec un singspiel, Røverborgen (Le château des voleurs), au Théâtre royal, où il trouva un emploi pendant une saison comme maître des chœurs et put faire monter son premier opéra. Dans le même temps, sa réputation de pianiste gagnait toute la Scandinavie. Il se rendit plusieurs fois à Berlin et Leipzig, ainsi qu’à Vienne, à deux reprises, la seconde fois en 1825 lorsqu’il passa une soirée avec Beethoven et ses amis, n’en conservant qu’un souvenir très flou. Toute la compagnie était allée se promener dans la campagne, puis on dîna dans une auberge où la consommation de champagne jeta le même brouillard dans la mémoire de Beethoven, bien qu’il eût écrit un canon en faisant un jeu de mots avec le nom de Kuhlau : il s’appuya sur les mots Kühl, nicht lau (Frais, pas tiède) et envoya le tout à Kuhlau. Celui-ci répondit avec un canon sur le nom de Bach. En 1828, Kuhlau écrivit de la musique pour la célébration de noces royales, Elverhøj (La colline aux elfes) et reçut le titre de professeur avec des émoluments plus importants. En 1831, un incendie se déclara dans son domicile de Lyngby, près de Copenhague, où il louait une maison depuis 1826, un an après la mort de ses parents ; un grand nombre de ses compositions et de ses écrits inédits furent détruits par le feu, et de plus sa santé en fut affectée et il finit par mourir l’année suivante.

Ayant rencontré le succès comme pianiste et professeur, Kuhlau écrivit de nombreuses œuvres pour le piano. Hélas, son deuxième concerto pour piano fut détruit par l’incendie de 1831. Ces compositions incluaient de la musique de salon et des morceaux à la difficulté technique variée qui lui étaient utiles pour enseigner. En plus de ses œuvres pour la scène, dont le succès fut inégal, on lui doit des mélodies et des pièces de chambre, avec une présence prédominante de la flûte, instrument dont il semble qu’il ne jouait pas lui-même, bénéficiant toutefois des conseils techniques d’un flûtiste de l’orchestre du théâtre. Ses premières tentatives d’écriture pour la flûte eurent lieu à Hambourg, mais c’est dans les années 1820 qu’il s’attela à une série d’œuvres, dont les trois Sonates pour flûte et piano opus 83, publiées à Bonn en 1827, qui lui valurent de se voir qualifier de ‘Beethoven de la flûte’.

La Sonate en sol majeur opus 83 n° 1 module presque aussitôt vers sol mineur et se poursuit sous une forme rappelant l’école classique dont en tant que contemporain de Weber il était l’héritier, les univers de Mozart et de Beethoven. Le mouvement lent en mineur présente des variations sur une chanson suédoise, Sorgens magt (Le pouvoir du chagrin), même si la mélancolie se dissipe au passage, avant la réapparition finale du thème. La sonate s’achève par un mouvement dans lequel la flûte et le piano semblent vouloir rivaliser d’éclat ; leur progression est interrompue par un passage marqué Andante sostenuto, conclu par une cadence de piano.

La deuxième de la série, la Sonate en ut majeur opus 83 n° 2 fait encore plus penser à Beethoven. Le premier mouvement comporte une introduction lente et dramatique en ut mineur, puis le piano se lance dans un Allegro en ut majeur, vite rejoint par la flûte, avec un matériau thématique annoncé par l’introduction. Le Larghetto en mi majeur démarre avec les sonorités chantantes du piano, la flûte venant bientôt le seconder. Le dernier mouvement débute avec un thème principal qui, comme souvent, fait une brève incursion en mineur ; c’est un rondo qui offre aux deux instruments l’occasion de briller dans un mouvement comportant des épisodes nettement contrastés.

La série s’achève avec la Sonate en sol mineur opus 83 n° 3, introduite par le piano qui est vite rejoint par la flûte, dans un mouvement dont la tonalité apporte un élément de drame. Apparenté à un hymne, le mouvement lent voit son lyrisme varié au fur et à mesure de son déroulement, avant le retour de la sérénité initiale. La sonate s’achève par un Rondo alla polacca, dans lequel l’écriture des deux instruments leur permet à nouveau de briller.

Keith Anderson

Traduction : David Ylla-Somers

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