| About this Recording 8.557039 - Guitar Recital: Johan Fostier |
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Récital de guitare - Johan Fostier Mario Castelnuovo-Tedesco était stimulé par les images, visibles ou imaginaires, ainsi que par les histoires, comme par exemple celle du livre Platero y yo, écrit par le poète espagnol Juan Ramón Jiménez (1881-1958). Il retrace le merveilleux récit de sa vie et de ses voyages avec son fidèle âne Platero, dont il finira par pleurer la mort. Bien quà lorigine la musique ait été composée pour être interprétée en même temps que la lecture du texte, dont Castelnuovo-Tedesco considérait quil était important pour la compréhension de son uvre, on la présente rarement de cette manière. Une exécution complète dure environ cinquante minutes. En conséquence, avec le consentement un peu contraint du compositeur, la coutume est de faire une sélection parmi les vingt-huit mouvements instrumentaux, comme cest le cas ici. Leurs titres évoquent leurs propres images : Melancolia (Mélancolie), El canario vuela (Le canari vole), Primavera (Printemps), Platero en el cielo de Moguer (Platero dans le ciel de la petite ville de Moguer où était né Jiménez, cest-à-dire au paradis), Arrulladora (Berceuse). En décembre 1929, Segovia écrivit à Manuel Ponce, le priant décrire une série de variations sur le thème des Folias, dont la première forme, disait-il, était espagnole et écrite pour le luth. En réalité, les Folias proviennent du Portugal : au XVIème siècle, cétait une danse des rues endiablée, qui en gagnant lEspagne devint plus tempérée, sa structure rythmique et harmonique se voyant modifiée. De là, elle parvint en Italie et, adoptée par des guitaristes comme Francisco Corbetta, en France. Son histoire sous cette forme plus récente est assez complexe et reflète sa grande popularité. Avec la lettre mentionnée ci-dessus, Segovia envoya la partition des célèbres variations de Corelli et proposa dattribuer louvrage à Giuliani au cas où Ponce ne veuille pas le signer. Ponce arriva brièvement à ´ se faire passer pour ª Weiss mais quen fut-il de Giuliani ? Heureusement, il ne sy essaya jamais. Dans lenregistrement de Segovia de 1932, le thème est donné sous une forme dépouillée, mais dans lédition publiée, il était paré datours chromatiques, comme on lentend ici et dans tous les enregistrements ultérieurs à celui de Segovia. Celui-ci avait réclamé entre douze et quatorze variations, mais son enregistrement nen comporte que neuf. Lédition publiée en contenant vingt, il semble que lenregistrement ait été effectué alors que louvrage était encore en gestation. De plus, si les premières variations (enregistrées) suivent clairement les bases harmoniques du thème, les suivantes divergent, indiquant que limagination de Ponce avait alors évolué vers de nouveaux horizons. Le Postlude, enregistré en 1931, sappuie ouvertement sur la base harmonique, ce qui indique quil y eut peut-être dautres variations que Segovia mit de côté mais ré-intitula. Le sujet de la longue fugue, avec indications de pédale et stretto, sappuie sur la première note de chacune des mesures douverture du thème. Segovia demanda à ce que les variations explorent une vaste gamme de textures musicales et guitaristiques ; cest le cas et dans sa totalité, cet ouvrage a été pertinemment surnommé ´ LAncien Testament de la guitare ª. Vincente Asencio vécut à lépoque des compositeurs espagnols de la nouvelle vague romantique et des avant-gardistes, mais il ne sintégra pas vraiment à lune de ces deux catégories. Il rejeta latonalité, la trouvant ´ inintéressante ª, et bien que se qualifiant de compositeur ´ tonal ª, il ne présentait pas la tonalité sans mélange dun Granados ou dun Albéniz. Sa musique exprimait fréquemment une joie simple et fougueuse, pourtant elle reflétait plus souvent sa personnalité paisible, réfléchie et dévote ; il se définissait comme ´ un intimiste ª et le souligna avec ses Collectici intím. Les trois Homages sont contenus mais ne contiennent aucun élément de mysticisme. Le Tango de la casada infiel (Tango de lépouse infidèle), dédié à García Lorca, est joyeusement espagnol plutôt quargentin, lElégie présente le caractère pensif de lHomenaje, pour le tombeau de Claude Debussy de Falla, à qui elle est dédiée, avec des échos passagers de El amor brujo. On trouve toutefois peu de rapports entre la Sonatina et Domenico Scarlatti, sauf peut-être quelques-unes des caractéristiques de ce dernier, des répétitions facétieuses et quelques passages rappelant Moreno Torroba. Cependant, un hommage nest pas censé singer le style de son destinataire ; il peut sagir simplement dun tribut, dune marque de respect. Dans lensemble, le maître mot de ces morceaux est lintimité. Les amateurs de guitare visitant le sud de lEspagne seront sans doute intéressés de savoir que les cendres dAsencio sont conservées tout près des tombes de Francisco Tárrega et de Daniel Fortea à Vilareal. Les hommages de Castelnuovo-Tedesco ne furent guère nombreux ; dans le domaine de la guitare, il en rendit seulement à Boccherini (dans sa Sonate), à Segovia (la Tonadilla qui porte son nom), les sept hommages divers de son op. 170 et, dans son Capriccio diabolico (1935) à Paganini, confrère compositeur italien ayant contribué au répertoire pour guitare. Lélément ´ diabolique ª fait référence à des témoignages contemporains selon lesquels, et notamment lorsquil jouait des passages difficiles, Paganini semblait être possédé par le démon, mais de tels passages constituent seulement une partie du Capriccio. On y rencontre dautres émotions plus paisibles, avec plus de grâce et de lyrisme que Paganini nen manifesta jamais. Lun de ceux-ci annonce déjà le climat émotionnel du mouvement lent de son Concerto pour guitare n° 1 (1939). Alors où Paganini intervient-il ? Vers la fin, Castelnuovo-Tedesco cite directement sa Campanella. Loin de paraître inopportune, elle semble apporter une conclusion adéquate, mais on nen attend pas moins de Castelnuovo-Tedesco. John W.Duarte Traduction : David Ylla-Somers |
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