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8.557242 - DELIUS: Violin Concerto (Tintner Edition 10)
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EDITION COMMÉMORATIVE TINTNER • VOLUME 10

EDITION COMMÉMORATIVE TINTNER • VOLUME 10

 

Bien que Delius soit né (comme Fritz Theodore Albert, le 29 janvier 1862) à Bradford, en Angleterre, de parents allemands, c’était un véritable citoyen du monde. Il vécut principalement en France, en Scandinavie et aux USA, et on en décèle les échos dans sa musique. Elevé de manière assez rigoureuse, Delius fut forcé de mettre de côté son envie de musique pour travailler dans le négoce familial de laine. Dès ses vingt-deux ans, il était clair qu’il n’était absolument pas fait pour ce métier, aussi son père l’envoya-t-il cultiver des oranges en Floride. Ce fut à nouveau peine perdue, mais cette expérience permit à Delius de découvrir les chansons et spirituals des Noirs du sud des USA, influence manifeste dans sa première œuvre publiée, la Florida Suite.

 

Sous l’influence d’Edvard Grieg, que Delius avait rencontré en Norvège, Julius finit par accepter de financer les études de son fils à Leipzig, où il commença à composer. L’une des premières œuvres de Delius, Sleigh Ride, devait être créée lors d’une réception donnée par Grieg. Cette création n’eut pas lieu à cause d’un trop-plein de schnaps. Selon Maestro Tintner, « Si on ne sait pas que ce morceau de Delius, impossible de le deviner, à part aux toutes dernières mesures. Mais il est très agréable, et permet d’entendre les modestes débuts d’un grand homme. »

 

Delius se fixa à Paris, y menant une vie dissolue. C’est là qu’il écrivit sa première grande œuvre, l’opéra Irmelin, qui ne fut créé qu’en 1953, dix-neuf ans après sa mort. Le Prélude d’Irmelin, seul passage de l’opéra joué de nos jours, est en réalité un morceau de concert inspiré de l’opéra et copié en 1931 par le secrétaire et ami de Delius Eric Fenby.

 

En 1897, Delius acheva son troisième opéra, Koanga, traitant de la société créole de Louisiane et constituant ainsi le premier opéra afro-américain. La danse La Calinda, dont une première version figurait dans la Florida Suite, est l’un des morceaux les plus charmants et populaires de Delius. Entre 1899 et 1901, il composa l’opéra A Village Romeo and Juliet, sur le même schéma que Pelléas et Mélisande de Debussy ; Beecham déclara en 1953 qu’il s’agissait de « l’œuvre scénique de ce genre la plus musicale des soixante dernières années. » Elle comprend de nombreux tableaux reliés par des interludes, dont The Walk to the Paradise Garden. Ce passage mis à part, l’opéra est rarement monté.

 

En 1901, le père de Delius mourut, ne lui léguant que le bail de la plantation d’orangers. A court d’argent, Delius rentra à Grez-sur-Loing, chez la peintre Jelka Rosen, rencontrée en 1896 ; il l’épousa en 1903. Il vécut là jusqu’à sa mort.

 

Tout aussi oublié de nos jours, l’opéra Fennimore and Gerda, est tiré du livre de l’écrivain danois Jens Peter Jakobsen Niels Lhyne et fut écrit en 1908-1910 ; seul l’Intermezzo, composé de deux de ses interludes, est régulièrement joué. Les deux œuvres les plus connues de Delius, Summer Night on the River et On Hearing the First Cuckoo in Spring, furent respectivement écrites en 1911 et 1912 et nous montrent un miniaturiste de grand talent : à l’heure de dépeindre la nature, personne n’a surpassé ses syrphes survolant les eaux à la fin d’une nuit d’été, tandis que le chant du coucou retentit au loin dans les bois.

 

Le Concerto pour violon suivit en 1916, œuvre rhapsodique en un seul mouvement inspirée à Delius par le Double Concerto de Brahms et dédiée à Albert Sammons, qui le créa en 1919 avec le Royal Philharmonic dirigé par Adrian Boult. Bien qu’il s’agisse d’un magnifique soliloque pour violon (Delius en jouait très bien), il ne s’est jamais imposé au répertoire du concerto, ne mettant pas assez en valeur le soliste. Pire – du point de vue du virtuose – il s’achève pianissimo. Pourtant, il ne laisse pratiquement aucun répit au soliste.  Selon Maestro Tintner, « [Contrairement à un concerto ‘normal’] il n’oppose pas le soliste à l’orchestre mais ressemble plutôt à une merveilleuse improvisation, quelque chose de spontané. Bien sûr, il est entièrement réfléchi, mais cela ne doit pas transparaître. »

 

A cette époque, les effets des excès parisiens commençaient à se faire sentir : en 1912, ce furent les premiers symptômes de la syphilis ; en 1921 Delius avait les deux mains paralysées et en 1925 il était devenu aveugle. Mais il continua à composer, avec l’aide d’Eric Fenby, même si ses dernières œuvres sont moins marquantes. Après avoir beaucoup souffert, Delius mourut le 10 juin 1934.

 

Bien que Delius soit aujourd’hui considéré comme un compositeur anglais, de son vivant sa musique était bien plus estimée en Allemagne, ainsi que par des compositeurs comme Kodály et, fait assez surprenant, par Bartók, dont les œuvres sont pourtant si différentes. Les pages de Delius se sont démodées, car notre époque favorise une musique plus racoleuse et stridente. Cependant, pour ceux qui savent apprécier la tendresse et la subtilité, Delius demeure un maître.

 

 

Georg Tintner

 

Georg Tintner naquit à Vienne en 1917. Il commença à étudier le piano à six ans, se mettant vite à composer. De neuf à treize ans, il fit partie du Chœur de garçons de Vienne, qu’il dirigea également lors d’exécutions de ses propres compositions. A treize ans, il entra à l’Académie d’état de Vienne comme jeune compositeur prodige, étudiant la composition avec Josef Marx et dirigeant avec Felix Weingartner. A dix-huit ans, il était devenu le chef d’un chœur de formation du Chœur de garçons de Vienne, et il fit répéter le chœur pour une exécution de la Symphonie n° 8 de Mahler avec Bruno Walter en 1936. Ses compositions étaient interprétées en concert et diffusées par la radio autrichienne, et à dix-neuf ans, il devint chef d’orchestre adjoint du Volksoper de Vienne.

 

En 1938, il échappa aux Nazis, passant un an en Angleterre avant d’émigrer en Nouvelle-Zélande. Pendant plusieurs années, il administra un élevage de volaille – ce qui fit de lui un végétarien convaincu – avant de devenir directeur musical des Instrumentistes à corde d’Auckland et de la Société chorale d’Auckland en 1947. Il se déclarait également socialiste et pacifiste, et en tant que tel, il circulait à vélo, le moyen de transport qui pour lui symbolisait « le summum de tout ce qui est inoffensif. »

 

En 1954, il se rendit en Australie comme chef d’orchestre en résidence de l’Opéra national, puis de l’Opéra élisabéthain. Au cours des années suivantes, il effectua de vastes tournées en Australie et fut un pionnier de l’opéra télévisé auprès de l’Australian Broadcasting Commission. En 1964, il fut directeur musical de l’Opéra de Nouvelle-Zélande, et en 1966-67, directeur musical de l’Orchestre municipal du Cap. Bien qu’on lui ait offert un contrat longue durée, Tintner quitta l’Afrique du Sud pour des raisons politiques. Il s’en fut à Londres et à Sadler’s Wells (l’English National Opera) pendant trois ans, avec des apparitions comme chef invité avec les London Mozart Players, l’Orchestre symphonique de Bournemouth, la Northern Sinfonia et l’Orchestre symphonique de Londres pour la BBC.

 

Il rentra en Australie en 1970 comme directeur musical de la Troupe d’opéra ouest-australienne. En 1971, il fut invité comme directeur musical de l’Orchestre national des jeunes musiciens du Canada, visite couronnée d’un tel succès qu’elle se répéta sept fois. Tintner entretenait un rapport privilégié avec les jeunes musiciens, dirigeant de nombreux concerts avec les orchestres de jeunes musiciens de plusieurs pays. Une série de conférences qu’il donna en 1974 ont été diffusées plusieurs fois dans les pays anglophones, et il était extrêmement renommé pour ses présentations de concerts, dont on peut entendre quelques exemples dans la présente édition.

 

A son répertoire, Tintner comptait cinquante-six opéras, dont il dirigeait environ les deux tiers par cœur. En 1974, il devint pendant deux ans chef d’orchestre senior en résidence de l’Opéra australien. Il y dirigea des représentations de Fidelio devenues légendaires, exprimant l’engagement de toute sa vie pour l’humanisme et la compassion. A partir de 1976, Tintner fut directeur musical de l’Orchestre philharmonique du Queensland jusqu’à ce qu’il s’établisse au Canada fin 1987 comme directeur musical de Symphony Nova Scotia. Il se produisit avec tous les orchestres et toutes les troupes d’opéra d’Australie et de Nouvelle-Zélande, puis avec tous les grands orchestres canadiens, dont les Orchestres symphoniques de Montréal et de Toronto. Aux USA, il se produisit en tournée avec les Cuivres canadiens et travailla avec le Théâtre lyrique du Michigan.

 

Il réalisa de nombreux enregistrements commerciaux, dont certains pour la CBC qui sont réédités dans la présente Edition commémorative. Sa série pour Naxos des onze symphonies de Bruckner, menée à bien au cours de ses deux dernières années de vie, lui a valu des louanges internationales.

 

Georg Tintner a été honoré dans quatre pays. Il s’est vu décerner plusieurs doctorats honoraires, et parmi ses décorations figurent la Croix d’officier de l’Ordre du mérite autrichien. Il était membre de l’Ordre du Canada

 

Il mourut à Halifax en octobre 1999.

 

 

L’orchestre Symphony Nova Scotia

 

Le Symphony Nova Scotia (SNS) est le seul orchestre symphonique pleinement professionnel du Canada à l’est de Québec. Fondée en 1983, ses trente-sept musiciens ont pour mission « d’améliorer la qualité de vie des citoyens de Nouvelle-Écosse ». Le Symphony Nova Scotia consacre ses talents à partager la musique classique en direct avec les auditeurs de toute la Nouvelle-Écosse grâce à ses concerts, et avec tous les Canadiens grâce à ses nombreuses émissions diffusées par la CBC. L’orchestre travaille également avec des partenaires dans d’autres domaines musicaux, ainsi qu’au théâtre et au ballet, et a récemment fondé le Chœur de Symphony Nova Scotia.

 

Dans les enregistrements de la présente série, les seconds violons sont placés à la droite du chef d’orchestre afin d’obtenir l’effet de contre-chant recherché par ces compositeurs.


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