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8.559017 - GROFE: Death Valley Suite / Hudson River Suite / Hollywood Suite
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Ferde Grofé (1892-1972)

Death Valley Suite • Hollywood Suite • Hudson River Suite

Ferde Grofé est né Ferdinand Rudolph von Grofé à New York le 27 mars 1892 d’un père baryton et comédien, d’une mère violoncelliste et professeur de musique. Grofé étudie le piano, le violon et l’harmonie auprès d’elle, tout en étudiant l’alto avec son grand-père. Ses premières compositions, des rags pour piano, datent des premières années du vingtième siècle.

Quittant le foyer familial en 1906 il trouve une succession de petits emplois, mais continue à étudier le violon et le piano à ses heures de loisir. En 1909 il reçoit une première commande et rejoint le Los Angeles Symphony Orchestra comme altiste (1909-1919).

En 1917 Grofé entre dans l’orchestre de Paul Whiteman comme pianiste, pour devenir également, à partir de 1920, chef assistant, orchestrateur et libraire. Il y reste pendant douze ans. Ses premiers arrangements de Whispering, Avalon, et Japanese Sandman se vendent à des millions de disques. En 1924 il fait son premier grand coup avec l’orchestration de la Rhapsody in Blue de George Gershwin, se tournant ensuite vers la composition originale avec des œuvres telles que Broadway at Night, Metropolis, Blue Fantasy in E Flat, Mississippi Suite et Three Shades of Blue, des œuvres qui révèlent une maîtrise étonnante du langage du jazz symphonique.

En 1931 il compose son grand succès, la Grand Canyon Suite, et, en 1932, il rejoint la NBC comme chef permanent. En 1933 il écrit Tabloid Suite, le portrait en musique du métier de la presse, et un poème symphonique, Rip Van Winkle, qui fera partie 22 ans plus tard de sa Hudson River Suite. Au cours des années suivantes il compose Hollywood Suite, Killarney - Irish Fantasy, Rudy Valley Suite, Kentucky Derby Suite, et le ballet Café Society. En 1939 il devient professeur à la Juilliard School avec des classes d’orchestration et de composition. Il dirige et compose constamment, y compris des partitions cinématographiques, des arrangements pour jazz band, ainsi que d’autres "suites d’après la nature". Dans les années 1960 il déclare que son inspiration fondamentale a été puisée dans l’Amérique: "Je crois que bon nombre de mes compositions sont nées des choses vues, entendues, et ressenties par tout le monde. Il me semble que j’ai parlé de l’Amérique dans cette musique simplement parce que l’Amérique, elle, a parlé à moi, tout comme elle à parlé à vous et à chacun d’entre nous". Il meurt le 3 avril 1972 à Santa Monica, Californie.

Les notices suivantes son basées sur les présentations que Grofé lui-même a fournies pour chacune de ses œuvres orchestrales..

Hollywood Suite (1938), en six mouvements, fut tirée par Grofé de son ballet, Hollywood, créé au Hollywood Bowl le 15 août 1935. Le ballet est une synthèse du monde étincelant mais artificiel du cinéma. La "Scène n° 4" est vide, à part un balayeur. Une jeune femme arrive; c’est une figurante, une doublure pour la grande star. Les techniciens arrivent pour préparer la scène; on voit des menuisiers, des électriciens, l’accessoiriste. La Doublure leur est essentielle pour peaufiner les réglages. Le cameraman arrive, le metteur en scène, et enfin la Star, avec son troupeau d’assistants. On répète avec la Doublure mais quand tout est prêt, on la balaie de la scène et tourne avec la Star. La Doublure revient, car la Star ne sait pas danser, mais les gros plans sont tournés bien sûr avec la Star. Quand le travail de la journée est terminée, tout le monde repart, laissant seule sur la scène une figure pathétique et oubliée, la Doublure, elle-même finalement balayée par le balayeur. C’est ça, la "Scène n° 4, Hollywood."

Death Valley Suite fut commandée à l’occasion des célébrations du centenaire en 1949 de l’accession de la Californie aux États-Unis. Death Valley (la Vallée de la Mort) est un lieu désertique de températures torrides mais de richesses éblouissantes qui a toujours attiré des indiens, des émigrés, des chercheurs d’or et des mineurs. Une étonnante reconstitution historique eut lieu le 3 décembre 1949 à Desolation Canyon, avec une procession de chariots bâchés et avec le Hollywood Bowl Orchestra dirigé par Ferde Grofé dans une suite en quatre mouvements: I. "Montagnes funéraires": le portrait de cet endroit désertique et grandiose, depuis l’aube jusqu’à la nuit. II. "Le Train des Émigrés de ’49." Perdus dans le désert, les émigrés font face au soleil écrasant. Les chariots grincent, les roues raclent, les fouets claquent. Des indiens cherchent à attaquer; on entend le bruissement des flèches. Malgré tout, l’esprit des pionniers leur donne de la force et du courage. III. "Point d’eau dans le désert." Les émigrés, tout comme leurs animaux, sont épuisés et desséchés. Tout d’un coup, l’eau! Tout le monde s’y précipite. Libérés de la mort, les émigrés remercient Dieu et se mettent à danser. IV. "Tempête de sable." Au loin, une spirale de sable menace. Elle s’approche en tournoyant pour atteindre un sommet de violence. Après son passage, les émigrés sont renforcés dans leur détermination de construire une civilisation dans le désert.

Inspiré par une idée du chef Andre Kostelanetz, Grofé conçut un poème symphonique en 1932 intitulé "Rip Van Winkle". L’œuvre devint la base d’une suite en cinq mouvements, Hudson River Suite, qui fut terminée le 21 mai et créée le 25 juin 1955 par le National Symphony Orchestra dirigé par Kostelanetz.

I. "Le Fleuve" est le portait du grandiose Hudson, depuis ses sources jusqu’à l’Atlantique. C’est le portrait aussi des falaises et des forêts le long du fleuve.

II. "Henry Hudson" représente l’explorateur lui-même. Le ton est courageux et héroïque. III. "Rip Van Winkle" raconte l’histoire de Washington Irving. Rip, se promenant dans les montagnes avec son chien, rencontre des nains et se joint à eux pour faire la fête. Il se trouve ensuite dans un sommeil qui dure vingt ans. À son réveil, il ne trouve plus son chien, il est en haillons, et son fusil est complètement rouillé. Retrouvant enfin sa fille il cherche consolation auprès d’elle et de ses petits enfants, leur racontant des histoires de Henry Hudson. IV. "Bateau de nuit à Albany." C’est une nuit au clair de lune. Sur le bateau, un petit orchestre de jazz joue. On s’amuse, on rigole, on danse, et l’amour n’est jamais loin. V. "New York": avec la ligne des toits, les myriades de lumières, l’activité effrénée de la Grande Ville.

Victor and Marina A. Ledin

Version française de Jeremy Drake


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