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8.570737 - NIELSEN, C.: Symphonies, Vol. 1 - Nos. 1 and 6, "Sinfonia semplice" (Danish National Radio Symphony, Schonwandt)
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Carl Nielsen
Symphonie No. 1, Op. 7 • Symphonie No. 6 Sinfonia semplice, Op. 116

 

Carl Nielsen, la grande figure de la musique danoise de la période post-romantique, naquit le 9 juin 1865 à Sortelung. Violoniste amateur, son père l’initia très tôt à la pratique de cet instrument et ses progrès furent si rapides que Carl put vite se joindre à lui dans diverses manifestations villageoises. Pour sympathiques qu’elles fussent, le jeune musicien ne s’en contenta bientôt plus et devint membre d’un orchestre amateur où il se familiarisa avec les partitions de Haydn et Mozart - le musicien préféré de Nielsen. Pour subvenir à ses besoins, il joua, de 1879 à 1883, du clairon dans un orchestre militaire d’Odensee, complétant par ailleurs sa formation musicale et générale en autodidacte. Des mélomanes fortunés découvrirent son talent et, de 1884 à 1886, subvinrent à ses besoins pendant ses études - violon, piano, harmonie, histoire - au Conservatoire de Copenhague où, parmi ses professeurs, figurait Niels Gade (1817-1890).

Talentueux violoniste, Nielsen participait aux concerts de plusieurs formations de chambre et orchestres de la capitale danoise. Il découvrait alors la musique de Richard Wagner ; son immense enthousiasme pour les drames musicaux du maître de Bayreuth devait s’estomper par la suite...

Carl Nielsen avait vingt-six ans quand, en 1892, il acheva sa Symphonie no 1 en sol mineur, op. 7. C’est le compositeur Johann Svendsen qui en dirigea la première audition deux ans plus tard et l’ouvrage recueillit un beau succès - pour l’anecdote on rappellera que l’auteur fut directement impliqué dans cette création puisqu’il était à l’époque second violon dans l’Orchestre royal de Copenhague. Certes, l’artiste danois apparaît ici encore très influencé par un Brahms ou un Dvořák, mais il affiche cependant une invention thématique et instrumentale extrêmement attachante qui laisse entrevoir certaines réalisations futures.

En quatre mouvements, la Symphonie no 1 débute par un Allegro orgoglioso, qualificatif qui résume le ton à la fois fier et volontaire de cet épisode. On remarquera par ailleurs la place importante que les vents y occupent, témoignage précoce de l’attirance que Nielsen éprouva toujours pour cette catégorie d’instruments. On reste également admiratif à l’écoute de L’Andante qui suit, caractérisé par un sens mélodique très sûr et une atmosphère limpide. Baptisé Allegro comodo, le troisième mouvement retient l’attention par son geste ample et les effets réussis qu’il tire du dialogue entre cordes et vents. Enfin le finale Allegro con fuoco impose un discours puissant qui n’exclut cependant pas des instants paisibles où l’amour des vents et le sens de la demiteinte du maître danois font merveille.

C’est entre 1924 et 1925 que Carl Nielsen apporta la dernière pierre à son édifice symphonique en composant la Symphonie no 6 ‘Sinfonia semplice’. En entreprenant cet ouvrage, le compositeur avait pour intention d’écrire ‘une musique aussi vivante et gaie que possible’. Le résultat se révèle en fait éloigné de ce projet initial car de nombreux accents inquiets, sarcastiques parfois même, parsèment l’ouvrage et engendrent une atmosphère très ambiguë où se reflètent les angoisses d’un créateur affecté durant ses dernières années par de graves problèmes cardiaques.

Le mouvement initial, Tempo giusto, en offre d’entrée de jeu l’illustration. Le climat serein des mesures initiales y est en effet rapidement menacé, par les interventions des vents en particulier. Suit L’Humoreske, au discours mobile et déroutant où l’on remarquera, entre autres, les glissandi moqueurs du trombone. Intitulé Proposta seria (proposition sérieuse), l’Adagio contraste avec ce qui précède par son aspect sombre et douloureux. Le Finale consiste en un thème suivi de neuf variations et s’achève par une brillante coda.

Frédéric Castello


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