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8.570738 - NIELSEN, C.: Symphonies, Vol. 2 - Nos. 2, "The 4 Temperaments" and 3, "Sinfonia espansiva" (Danish National Radio Symphony, Schonwandt)
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Carl Nielsen (1865-1931)
Symphonie No. 2 ‘Les Quatre Tempéraments’, Op. 16 • Symphonie No. 3 ‘Sinfonia espansiva, Op. 27

 

Carl Nielsen, la grande figure de la musique danoise de la période postromantique, naquit le 9 juin 1865 à Sortelung. Violoniste amateur, son père l’initia très tôt à la pratique de cet instrument et ses progrès furent si rapides que Carl put vite se joindre à lui dans diverses manifestations villageoises. Pour sympathiques quelles fussent, le jeune musicien ne s’en contenta bientôt plus et devint membre d’un orchestre amateur où il se familiarisa avec les partitions de Haydn et Mozart - le musicien préféré de Nielsen. Pour subvenir à ses besoins, il joua, de 1879 à 1883, du clairon dans un orchestre militaire d’Odensee, complétant par ailleurs sa formation musicale et générale en autodidacte. Des mélomanes fortunés découvrirent son talent et, de 1884 à 1886, subvinrent à ses besoins pendant ses études - violon, piano, harmonie, histoire - au Conservatoire de Copenhague où, parmi ses professeurs, figurait Niels Gade (1817-1890).

Talentueux violoniste, Nielsen participait aux concerts de plusieurs formations de chambre et orchestres de la capitale danoise. Il découvrait alors la musique de Richard Wagner; son immense enthousiasme pour les drames musicaux du maître de Bayreuth devait s’estomper par la suite... Brahms ne laissait pas non plus le musicien indifférent et l’on peut déceler son influence dans la lère Symphonie (Naxos 8.570737) créée avec succès en 1894. Cependant si Nielsen dut attendre d’avoir composé ses Symphonies Nos. 4 et 5, datées repectivement de 1916 et 1922, pour trouver sa place au devant de la scène musicale danoise, il apparut dès la Symphonie No. 2 en possession d’un style personnel, marqué en particulier par une conception de la tonalité que l’on a justement qualifiée d’‘évolutive’.

Baptisée ‘Les Quatre Tempéraments’, la Symphonie No. 2, op. 16 fut écrite en l’espace d’une année, entre 1901 et 1902 et dédiée à Ferruccio Busoni. Son surnom s’explique par le fait que chacun de ses quatre mouvements se réfère à un caractère précis.

Intitulé Allegro collerico, le premier, comme son titre le laisse supposer, affiche un ton généralement emporté et d’abondants contrastes. L’atmosphère s’apaise parfois, certes mais la violence domine jusqu’à la puissante coda conclusive. ‘Une eau lisse comme un miroir’, disait Nielsen du deuxième mouvement Allegro comodo e flemmatico, de son Opus 16. L’image convient on ne peut mieux à une musique d’où la volonté est absente. C’est le caractère mélancolique qui a inspiré Nielsen pour l’Andante malinconico. Dans la tonalité de mi bémol mineur le musicien fait montre ici d’une écriture aux teintes souvent sombres. Que d’éclat en revanche dans le finale Allegro sanguineo, où le tempérament sanguin est suggéré par un style éclatant et fortement contrasté.

Après l’Opus 16, Carl Nielsen attendit près d’une dizaine d’années pour revenir à la symphonie. La No. 3 ‘Sinfonia espansiva’, op. 27 fut en effet composée entre 1910 et 1911 et créée, comme la précédente, sous la baguette de son auteur. Il s’agit sans nul doute là d’une des partitions les plus attachantes du musicien danois du fait de l’atmosphère originale, teintée de panthéisme, que l’on y découvre.

D’entrée de jeu, le geste ample de l’Allegro espansivo initial retient l’attention de l’auditeur. Suit l’Andante pastorale où une écriture d’une grande délicatesse de couleur installe un climat paisible et bucolique. Le troisième épisode, Allegretto un poco, crée un contraste par sa ligne ferme et nerveuse et tire une bonne part de sa force expressive des diverses tonalités auxquelles il fait appel. La remarque vaut également pour le vigoureux Finale: Allegro un poco qui chemine avec éclat jusqu’à sa flamboyante conclusion.

Frédéric Castello


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