About this Recording
8.572106 - LAMPEL, D.: Chamber Music - String Quartet / String Sextet / Piano Sonata / Violin Sonata / Prelude and Chaconne, "Homage to Bach"
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David Lampel (b. 1959)
Quatuor à cordes • Sonate pour piano • Sextuor à cordes • Sonate pour violon et piano
Prélude et Chaconne pour violoncelle, ‘hommage à Bach’

 

David Lampel est né en 1959 à Stockholm -Suède-. Après des études en Suède, en Suisse et en France, il poursuit actuellement une activité musicale essentiellement partagée entre la France et la Suède. Il a fondé, en 2002, Les sons d’une nuit d’été, festival de musique franco—suédois, qui a lieu tous les ans en Suède. II enseigne l’écriture musicale, expérience à laquelle, il a consacré un ouvrage, paru aux éditions Lemoine en 2001 (nouvelle édition refondue en 2006).

Le quatuor à cordes a été écrit en 2002. Il est composé de cinq sections différentes qui s’enchaînent sans interruption. L’introduction présente un motif dont la transformation constante sert d’unique matériau musical à toute l’oeuvre. Suit une section rapide qui tient lieu de “ scherzo ”, puis une section lente qui constitue le centre de la pièce. La section suivante, rapide, contient deux thèmes contrastants. Il s’agit là d’une sorte de “ forme sonate ” traditionnellement placée dans le premier mouvement des oeuvres classiques. Dans la dernière section, lente, on peut entendre des motifs déjà présents dans les sections précédentes : c’est une sorte de “ récapitulation ” de toute l’oeuvre, qui finit comme elle commence, au milieu d’un geste musical. Est ainsi symbolisée l’idée que la musique existe avant d’être jouée, et continue à exister après avoir été jouée. Idée que je cherche depuis à appliquer à toute mes compositions. Ce quatuor a suscité ma rencontre avec le quatuor Parisii, auquel je l’ai aussitôt dédié.

Après l’écriture du quatuor, j’ai voulu renouer le contact avec “ mon ” instrument, le piano, fidèle compagnon dont je me sers beaucoup pour mon travail de composition. La sonate pour piano est un cadeau d’anniversaire pour Sébastien Risler, qui fut pendant dix ans mon professeur au conservatoire de Genève, et qui m’a tout appris sur le piano et beaucoup sur la musique. Cette sonate est constituée d’un " refrain " assez court que l’on entend au début puis sous des formes différentes, et qui termine finalement la pièce. Ces refrains alternent avec des “ couplets ” plus développés qui ont aussi entre eux des points communs. Cette description s’accorde assez bien avec ce que l’on appelle en langage classique un “ Rondo ”, mais la présence, juste après le premier refrain d’un thème que l’on retrouve dans la dernière section de la pièce apparente aussi celle-ci à une “ Forme sonate ”. Il s’agit donc une nouvelle fois d’une sorte de jeu de cache-cache avec une structure classique, jeu auquel je me livre dans toutes les oeuvres présentées sur ce disque. Le sextuor à cordes est lui aussi un “ cadeau ”, offert en remerciement aux solistes d’Uppsala pour leur participation bénévole au premier festival franco-suédois Les sons d’une nuit d’été que j’ai crée en 2002, en Suède, et qui est maintenant devenu l’une de mes activités annexes principales.

Cet ensemble a pour particularité de remplacer l’habituel second violoncelle du sextuor à cordes par une contrebasse, ce qui lui donne une couleur particulièrement sombre et profonde. La pièce est un hommage à La nuit transfigurée de Schoenberg, pièce que je considère comme l’une des plus grandes réussite pour cette formation. Il s’agit, là encore d’une forme " classique " détournée, puisque la première section constitue un “ thème ”, suivi d’une série de variations sur les mêmes motifs et la même structure. Toutefois, le fait que toutes ces sections soient fondues en un seul bloc donne une unité à la pièce, unité que l’on retrouve rarement dans les variations classiques. La sonate pour violon et piano date de 2005. Elle est constituée de 5 mouvements enchaînés en forme d’arche, structure qu’affectionnait, entre autres, Béla Bartok. Le matériau musical du premier (introduction lente) se retrouve dans le cinquième, (conclusion lente) mais inversé (motif montant qui devient descendant et viceversa), celui du deuxième (scherzo rapide) est pareillement inversé dans le quatrième (rondo rapide) ; quant au le troisième (lent) a son matériau propre. L’écriture est atonale mais fait appel à des gestes instrumentaux hérités du romantisme. La sonate est un double cadeau d’anniversaire au violoniste Régis Pasquier et au pianiste Emmanuel Strosser.

Quant au Prélude et Chaconne (“ Hommage à Bach ”), son histoire est assez singulière. J’avais depuis longtemps l’envie d’écrire pour violoncelle seul, et lorsque je m’y suis mis, en août 2005, j’ai notamment pris modèle sur les Suites de Bach, référence incontournable en la matière. Or, ayant quasiment fini la pièce j’ai été stupéfié de découvrir le motif B.A.C.H (en français Si bémol, La, Do, Si) transposé à travers toute la musique que j’avais écrite.“ Hommage inconscient ou intrusion ” de l’au-delà? En tout cas le sous-titre de la pièce doit son origine à cette curieuse coïncidence.

La Chaconne mérite quelques explications : Il s’agit d’une basse obstinée (forme héritée du baroque, qui se répète un certain nombre de fois “ surmontée ” à chaque apparition d’une nouvelle variation). Dans le cas présent la longueur de la basse ne correspond pas, le plus souvent, pas à celle des variations, ce qui provoque une superposition plus souple entre les deux. Par ailleurs, la basse monte d’un demi-ton à chaque nouvelle apparition et se trouve construite sur un élargissement et un rétrécissement d’intervalles ainsi que sur une diminution et une augmentation rythmiques. La pièce s’achève par le retour du prélude suivi d’une coda sur le motif B.A.C.H. ascendant. Elle est dédiée au violoncelliste Henri Demarquette.


David Lampel


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