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8.572765 - RYAN, J.: Symphony No. 1, "Fugitive Colours" / The Linearity of Light / Equilateral (Gryphon Trio, Vancouver Symphony, Tovey)
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Jeffrey Ryan (né 1962)
The Linearity of Light • Symphony No. 1: Fugitive Colours • Equilateral

 

La relation que l’Orchestre Symphonique de Vancouver entretient avec Jeffrey Ryan a commencé en 2002, quand le directeur musical Bramwell Tovey l’a engagé comme compositeur en résidence, poste qu’il a conservé pendant cinq ans. L’OSV a nommé Ryan Compositeur Lauréat de la saison 2008/2009, et il l’a choisi, avec son oeuvre The Linearity of Light, pour se présenter lors des tournées en Chine, en Corée, au Macao et au Canada central. Cette oeuvre, ainsi que le triple concerto Equilateral (écrit pour célébrer le 15e anniversaire du Trio Gryphon) et sa Symphonie n°1: Fugitive Colours représentent une partie importante de ce que cette brillante collaboration nous a laissé.

Ryan nous dit:

The Linearity of Light est d’inspiration visuelle, il s’agit des qualités et des propriétés de la lumière. La pièce commence avec l’évocation d’une lumière étincelante qui se transforme en phare aveuglant, atteignant un unisson fortissimo, reflétant des miroirs imaginaires dans l’espace qui nous laissent des images dans les rétines de nos oreilles. Un doux et dense accord de l’orchestre au complet joue le rôle d’un prisme qui fait éclater la sonorité dans un spectre de sommets accompagné d’abord par un long solo de cor anglais. Cette idée primaire se répète, avec plusieurs “filters chromatiques” appliqués au son, ce qui donne naissance à différentes combinaisons d’instruments et de sommets, créant non seulement une lumière chaude et saturée, mais aussi une série de dégradés de couleurs délicates, puis, une pâle et froide lumière avec un solo de trompette fantasmagorique.

Le titre du triple concerto Equilateral suggère un triangle équilatéral où les solistes sont des partenaires égaux dans le discours musical. Mais comme équilatéral veut dire aussi « à côtés égaux », l’orchestre ne tient pas un rôle de simple accompagnateur, mais celui d’un partenaire également important. Violonistes, violoncellistes et pianistes ne doivent pas arrêter de jouer pour respirer, et c’est là que le mouvement Breathless commence. Pendant les six minutes que dure cette course, les trois solistes sont traités comme une unité, parfois contre l’orchestre, parfois comme étant une partie de celui-ci. Points of Contact, par contre, explore la façon dont on cherche à établir des liens avec nous mêmes et avec les autres. Cette oeuvre contemplative a comme inspiration deux textes. Le premier est un poème d’Arthur Rimbaud où il invoque sa Muse créative, poème représenté ici par un chant anglican joué par les diverses sections de l’orchestre et sur lequel les solistes vont improviser à tour de rôle. Le deuxième est le texte hébreu du « Kaddish des endeuillés », qui est ici orchestré, créant un effet de congrégation. La prière finale “amen” commence avec l’orchestre et fini par une cadence du piano représentant les lamentations pour la mort et la perte d’un être cher. Cela nous mène directement à Serpentine dont les lignes sinueuses et les rythmes primitifs aboutissent à une vibrante célébration de la danse de la vie.

Le terme “couleurs fugitives” appartient au monde des peintres et des tisseurs. Ces couleurs fugitives se fanent quand elles sont exposées à la lumière. En tant que compositeur, j’essaie de peindre un monde sonore. Et tout comme ces couleurs fugitives, les sons disparaissent dès qu’ils sont entendus.

Le premier mouvement Intarsia de la Symphonie n°1: Fugitive Colours, doit son nom à une technique de tricotage où le dernier bout de fil d’une certaine couleur est mêlé au fil de la prochaine couleur. En traduisant cette technique en musique, les changements de couleur sonores se chevauchent, créant un écoulement continu de transformations sonores. Après une lente introduction, un “cordon” de sonorités émerge formant une première unité thématique qui évoluera vers une vitesse plus rapide. Commençant avec les clarinettes, hautbois et violoncelles, ce cordon sonore s’épaissit et se défait, nous amenant vers un joyeux duo entre la clarinette et le contrebasson. Un développement rapide s’ensuit, débouchant sur une large coda qui donnera lieu à une clôture emphatique du mouvement. Cette luminosité initiale contraste avec le mouvement lent Nocturne (Magenta) qui évoque une couleur pourpre rougeâtre. Des éclats de lumière apparaissent dans des solos de flûte et de basson, et dans des gestes brefs qui remontent depuis les profondeurs de l’orchestre. Cette turbulence mène à un passage calme, aux cordes soutenues et marimba, et enfin le piano qui projette la musique vers le ciel. Light: fast joue avec l’idée que les couleurs fugitives ne sont pas en réalité des couleurs légères. Ce scherzo est plein de luminosité. Les couleurs changeantes, représentées par un thème léger et dansant joué par les altos, contrastent avec des épisodes plus énergiques incluant un motif pris du twist joué par les clarinettes. Un long accord qui traverse toute l’orchestre explose dans un expressif solo de violon qui nous mène au mouvement final Viridian. La couleur verte plonge ce mouvement dans le calme et la contemplation. De brèves cascades mélodiques sont inspirées d’images de crayons fondants. Après un passage de l’orchestre au complet, le violon solo reprend et la musique s’estompe jusqu’à son extinction.


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