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8.660224 - REBEL, F. / FRANCOEUR, F.: Zelindor, Roi des Sylphes [Opera] / Le Trophee Suite (Fouchecourt, H.G. Murphy, Opera Lafayette, R. Brown)
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François Rebel (1701–1775) and François Francœur (1698–1787)
Zélindor, roi des Sylphes • Suite from ‘Le Trophée’

 

Le divertissement Zélindor, roi des Sylphes était une commande et faisait partie du divertissement que le roi Louis XV fit donner à sa cour à Versailles pendant la saison d’hiver. Si le monarque n’était guère féru de musique—il préférait la comédie légère -, il trouvait qu’il était de son devoir de perpétuer la tradition établie par son arrière-grand-père, Louis XIV, le roi-soleil, qui offrait de fastueux divertissements musicaux.

Le poème fut écrit par François-Augustin Paradis de Moncrif (1687–1770) et la musique par François Rebel et François Francœur. L’ouvrage fut créé devant le roi et sa cour le mercredi 17 mars 1745 et repris une semaine plus tard, le 24 mars 1745. Ce ballet rencontra un tel succès qu’il fut utilisé pour les célébrations de la victoire de Fontenoy à l’Opéra de Paris le 10 août 1745, précédé d’un Prologue intitulé Le Trophée destiné à glorifier Louis XV, le monarque victorieux. Zélindor fut ensuite représenté trente fois à l’Opéra de Paris entre 1746 et 1753, et à nouveau pour une série ininterrompue de trente-deux exécutions entre le 17 juin et le 31 août 1766.

1745 fut non seulement l’année des grandes victoires de la France durant la Guerre de Succession d’Autriche, mais ce fut aussi l’année où le roi Louis XV rencontra Madame d’Etiolles, qui devint sa nouvelle maîtresse (le 11 février 1745). Elle fut invitée au grand bal donné à Versailles le 24 février pour les noces du dauphin Louis et de l’infante Marie-Thérèse d’Espagne et, le 9 juillet 1745, Madame d’Etiolles fut faite marquise de Pompadour. Madame de Pompadour fut officiellement présentée à la cour le 14 septembre 1745, et de cette date jusqu’à sa mort, survenue le 15 avril 1764, elle exerça une influence incontournable, et notamment dans le domaine des arts.

Madame de Pompadour se fit d’abord construire un petit théâtre à Versailles, puis un autre à son château de Bellevue. Avec quelques membres de sa suite, elle y interprétait des comédies légères et des ballets pour divertir le roi et quelques amis triés sur le volet. A Bellevue, les 4 et 6 mars 1753, elle se produisit dans le rôle de Zélindor. Ceci n’est pas le seul exemple d’exécutions privées de Zélindor, roi des Sylphes. En décembre 1747, l’ouvrage fut joué pour la duchesse du Maine dans son château de Sceaux. A cette occasion, le rôle de Zirphé était chanté par Madame du Châtelet, qui avec son amant Voltaire, figurait au nombre des invités de la duchesse. Voltaire admirait beaucoup le poème de Moncrif et s’adressait souvent à lui en disant “mon très aimable Zélindor” ou “mon cher sylphe”. De fait, durant l’été 1748, Voltaire et Madame du Châtelet organisèrent une exécution du ballet à Commercy pour divertir la cour de Stanislas, le beau-père de Louis XV. Autre illustration du succès de Zélindor, l’ouvrage fut traduit en italien et donné à la cour de Parme le 18 décembre 1752.

Si Zélindor était considéré par d’Alembert comme l’un des ballets donnés sur la scène de l’Opéra de Paris ayant rencontré le plus de succès, il ne semble par avoir été repris depuis la fin du XVIIIè siècle. La présente interprétation constitue une création moderne de cet ouvrage.

Le poète François-Augustin Paradis de Moncrif naquit à Paris en 1687 dans une famille modeste d’origine écossaise. Il perdit son père lorsqu’il était très jeune. Grâce à sa mère, son frère cadet et lui bénéficièrent d’une excellente éducation, car elle voulait leur assurer une bonne situation. Moncrif devint un bretteur émérite, ce qui lui fit fréquenter des fils de famille de la noblesse. Son esprit, ses talents d’écrivain et son charisme le faisaient grandement apprécier de ses amis haut placés.

En 1722, Moncrif devint secrétaire du marquis d’Argenson, que Louis XV nomma conseiller d’état en 1724 et secrétaire d’état aux affaires étrangères en 1744. Grâce au marquis d’Argenson, Moncrif rencontra Voltaire et devint son ami. En 1731, il fut engagé dans la maison du comte de Clermont, fils de Louise-Françoise de Bourbon, elle-même fille du roi Louis XIV. Grâce à ses puissants protecteurs, il fut élu à l’Académie française le 5 décembre 1733. Peu après, Moncrif produisit un ballet héroïque pour l’Opéra de Paris, L’Empire de l’amour, sur une musique du chevalier de Brassac. L’ouvrage fut monté sans grand succès le 14 avril 1733.

A l’occasion de l’ouverture de la deuxième saison du petit théâtre de Madame de Pompadour à Versailles, le 20 décembre 1747, Moncrif fut chargé d’écrire le poème dédicatoire au roi qui était traditionnellement déclamé avant la première représentation (un peu comme aujourd’hui l’on joue l’hymne national lors des soirées de première en Angleterre). Au lieu de composer un poème, Moncrif écrivit une petite scène parlée dans laquelle un acteur entre soudain, fait taire les musiciens de l’orchestre en train d’accorder leurs instruments, convoque sur-le-champ le directeur de la troupe, M. de la Vallière, et lui rappelle alors qu’il lui incombe de prononcer un ravissant discours pour le roi, sur quoi M. de la Vallière se retourne et, s’adressant au monarque, lui dit:

Le désir de briller n’a rien qui nous inspire;
Ici, nous pouvons tous le dire,
Le zèle et les talents sont l’ouvrage du cœur.

Ce charmant compliment fait au roi, remplaçant les poèmes dédicatoires plus conventionnels et pompeux, fut très apprécié et constitue une parfaite illustration des attachantes manières de Moncrif, qui savait trouver les mots justes pour chacun de ses interlocuteurs.

Certains considèrent les vers et l’écriture de chansons comme les plus grands talents de Moncrif: on lui doit Les Ames rivales, Alidor et Thersandre, Les Voyageuses, Le Rajeunissement inutile. Il s’éteignit le 19 novembre 1770 à l’âge de 83 ans et voici le quatrain de La Place que l’on pouvait lire sur son épitaphe:

Avec des mœurs dignes de l’Age d’Or
Il fut un ami sûr, un auteur agréable;
Il mourut vieux comme Nestor,
Mais il fut moins bavard, et beaucoup plus aimable.

Le compositeur François Rebel, fils aîné de Jean-Féry Rebel, naquit à Paris le 19 juin 1701. Violoniste de talent, il intégra l’orchestre de l’Opéra en 1714. En 1723, il se rendit à Vienne et à Prague dans le cortège du général Bonneval avec son ami François Francœur pour assister au couronnement de l’empereur Charles VI, roi de Bohême. Ils purent ainsi voir l’opéra de Johann Joseph Fux Costanza e Fortezza (Constance et Force morale), représentation aussi somptueuse que spectaculaire donnée au château de Prague pour l’occasion.

François Francœur, fils de Joseph Francœur, contrebassiste et membre des 24 Violons du Roi (l’orchestre de cordes d’élite de Versailles), naquit à Paris le 21 septembre 1698. A vingt ans, il intégra l’orchestre de l’Opéra de Paris ; c’est là qu’il rencontra François Rebel, son cadet de trois ans, lorsque celui-ci se joignit à l’orchestre en 1714. En 1721, il publia son premier livre de sonates pour violon. Le voyage à Vienne et Prague scella l’amitié des deux compositeurs dont les vies professionnelles furent indissolublement liées pendant les quarante-neuf années qui suivirent.

En 1726, Rebel et Francœur composèrent ensemble leur première tragédie en musique, Pyrame et Thisbé. Ils étaient alors si jeunes que cet ouvrage devint célèbre sous le surnom de “L’Opéra des enfants”. En 1727, Francœur devint compositeur de la chambre du roi. L’année suivante, Rebel et Francœur produisirent leur deuxième tragédie en musique à l’Opéra de Paris, Tarsis et Zélie. En 1729, Francœur fut admis dans les ordres militaires royaux de Notre-Dame du Mont Carmel et Saint-Lazare de Jérusalem, honneur rarement accordé à un musicien. En 1730, il devint membre des 24 Violons du Roi aux côtés de son père et de son frère. C’est à cette époque qu’il publia son deuxième livre de sonates pour violon.

Les années 1730 furent une période difficile pour Rebel et Francœur. En décembre 1730, la réputation de Francœur fut entachée par une affaire de bijoux “volés” qui avaient été offerts par un riche admirateur à Mlle Pélissier, l’une des grandes divas de l’Opéra de Paris. C’est aussi à cette époque qu’il épousa l’une des filles de la célèbre actrice Adrienne Lecouvreur, union qui s’acheva par une féroce dispute légale en 1746. En 1733, Rebel épousa la fille de la fameuse danseuse Françoise Prévost, mais son épouse mourut prématurément. En 1735, la troisième tragédie en musique de Rebel et Francœur, Scanderberg, eut peu de succès, et leur Ballet de la Paix de 1738 fut lui aussi accueilli tièdement. En décembre 1734, toutefois, Rebel fut nommé à la tête du Concert Spirituel et en 1739, Francœur devint le Maître de Musique de l’Opéra de Paris.

Rebel et Francœur furent inspecteurs musicaux de l’Opéra de Paris de 1743 à 1753. Le 27 février 1744, Francœur devint surintendant de la musique de chambre royale, succédant à Collin de Blamont. Le 14 novembre 1744, Rebel et Francœur célébrèrent le retour à Paris de Louis XV, qui était tombé gravement malade en août à Metz, par deux divertissements, Le Retour du Roi et Les Augustales. L’année suivante, Rebel et Francœur composèrent Zélindor, Roi des Sylphes, et Le Trophée, suivis de plusieurs nouvelles oeuvres pour Versailles, La Félicité, Ismène, et Le Prince de Noisy.

En 1753 Francœur prit sa retraite de l’Opéra avec une pension, et en 1756 il se libéra des responsabilités de son poste de surintendant pour partager avec Rebel la direction de l’Opéra sur une période de trente ans débutant le 1er avril 1757. Ils eurent à faire face à bien des difficultés: un grave déficit, le manque de discipline, la controverse entre les partisans de l’opéra italien et les tenants de l’opéra français, baptisée Querelle des Bouffons, et pour couronner le tout, la destruction de l’Opéra dans un incendie le 6 avril 1763. Ils furent forcés de démissionner le 1er avril 1767. Toutefois, Louis XV anoblit Rebel en 1760 et Francœur en mai 1764. En 1772, le roi pria Rebel de revenir à l’Opéra en qualité d’administrateur général, poste qu’il quitta quelques mois avant sa mort, le 7 novembre 1775.

La disparition de Rebel porta un coup à Francœur. Il prit sa retraite en 1776, vendant toutes ses charges, y compris celle de surintendant de la musique de chambre royale, et s’éteignit à l’âge de 89 ans le 5 août 1787.

Le 11 mai 1745, l’armée anglaise, menée par le duc de Cumberland, troisième fils du roi George II, livra un violent combat à l’armée française menée par le maréchal de Saxe en présence du roi Louis XV et du dauphin son fils. Après une lutte acharnée, l’armée anglaise fut mise en déroute. La bataille de Fontenoy fut la première grande victoire des Français durant la Guerre de Succession d’Autriche et elle fut fêtée dans tout le pays. Le 10 août 1745, l’Opéra de Paris présenta un double programme d’oeuvres de Rebel et Francœur, Le Trophée et Zélindor, roi des Sylphes. Le Trophée fut écrit exprès pour servir de prologue à Zélindor et célébrer la victoire de Fontenoy.

On ignore quelles parties de leur composition sont de la main de Francœur et lesquelles sont de Rebel. Quand on les interrogeait à ce sujet, ils répondaient toujours: “L’ouvrage est de nous deux”. Le musicologue et compositeur français du XVIIIè siècle Jean-Benjamin de Laborde (1734–1794) soutient que Rebel écrivait les passages plus dramatiques tandis que Francœur composait les pages plus lyriques. Quoi qu’il en soit, le texte de Zélindor éperonna leurs deux imaginations: la partition regorge de tableaux sonores évocateurs, de touchantes mélodies et de gracieux airs de danse, et il n’est pas étonnant que Zélindor, roi des Sylphes ait été si bien reçu, tant par l’aristocratie de Versailles que par le grand public de l’Opéra de Paris et d’ailleurs.

Nizam P. Kettaneh

 

Notes du chef d’orchestre

Zélindor, roi des Sylphes est remarquable pour la perfection de sa forme et pour la diversité de sa musique, étonnante pour un opéra-ballet en un seul acte. On retiendra notamment le premier air de Zélindor, qui compare l’inconstance des mortels à la brise caressant une fleur. La vive description du vent reflète le matériau de l’ouverture, qui illustrait l’entrée du roi des Sylphes sur un nuage. L’air de la mortelle Zirphé renferme trois implorations de plus en plus poignantes pour que Zélindor apparaisse et réponde à ses espérances, puis survient une modulation éthérée vers le majeur lorsque la jeune femme se rappelle un rêve où elle a vu Zélindor. La magnifique séquence de danses et de choeurs dans laquelle des nymphes entrent et ressortent contient un air ravissant dansé puis chanté dont le raffinement est rehaussé dans les premières mesures par une altération chromatique inattendue à la basse. Le récitatif qui suit, presque entièrement accompagné, acquiert une éloquente austérité lorsque les voeux de Zirphé sont exaucés et que celui qu’elle aime apparaît ; on retrouve le même effet quand Zélindor est enfin convaincu de l’amour de Zirphé. Un duo est suivi d’un prélude instrumental rappelant Le Cahos de Rebel père, dans lequel les quatre éléments, la terre, l’air, l’eau et le feu, prennent forme en musique. Puis, dans deux danses subséquentes, des couples de personnages de ces royaumes dansent alternativement les uns avec les autres. Un tour de force virtuose pour haute-contre et choeur couronne la scène, et un ballet général apporte le dénouement, avec entre autres une gavotte rustique dont les phrases sont remarquablement longues.

Notre suite assemblée pour Le Trophée, ouvrage qui contraste avec les émotions plus subtiles de Zélindor, présente entre autres une ouverture à l’italienne avec une ligne de basse descendant de toute une octave, une ariette pour soprano délicieusement spontanée, une gavotte chantée avec une ligne de basse ondulante d’une stupéfiante originalité, et un prélude retentissant avec trompette et tambours, suivi de deux airs magnifiquement contrastés et d’une fanfare. Opera Lafayette se réjouit d’avoir pu présenter la création moderne de ces oeuvres merveilleuses, produits de la collaboration singulière et féconde de Rebel et Francœur, à Washington début octobre 2007. Coïncidence, mais aussi signe de la simultanéité des découvertes musicales, une version de chambre de Zélindor a été exécutée à Versailles au cours du même mois.

La source des éditions d’Opera Lafayette pour Zélindor et Le Trophée est la partition de 1745 publiée conjointement lors des créations de Versailles et de Paris. Nous avons également consulté les parties d’orchestre de la Bibliothèque de l’Opéra, qui existent pour Zélindor, mais apparemment pas pour Le Trophée. Dans notre interprétation du Trophée, nous avons parfois trouvé souhaitable d’ajouter une partie intermédiaire pour compléter l’harmonie. En ce qui concerne Zélindor, les parties d’orchestre historiques ont révélé, outre la présente version, des parties transposées sans doute réalisées pour les exécutions privées de Madame de Pompadour, lors desquelles elle chantait elle-même le rôle de Zélindor, ainsi qu’une partition complète soigneusement transcrite qui contient des réorchestrations importantes et la substitution de plusieurs airs écrits d’une autre main, moins méticuleuse. Il est tentant de penser que Madame de Pompadour, maîtresse royale exceptionnelle pour bien des raisons, et notamment parce qu’elle ne provenait pas de l’aristocratie, éprouvait une tendresse particulière pour cette oeuvre qui parle du souverain d’un certain royaume s’éprenant d’une mortelle venue d’ailleurs.

Ryan Brown

 

Argument

Zélindor, roi des Sylphes (1745): Divertissement en un acte

L’histoire commence alors que Zulim reproche au roi des Sylphes d’aimer une mortelle. Zélindor lui avoue alors qu’il craint ne pas être aimé en retour. Zulim essaie de convaincre Zélindor de l’amour de Zirphé. Celle-ci entre et les deux hommes deviennent invisibles. Zirphé chante son amour pour Zélindor et son désir de le voir: en rêve, elle l’a vu voler dans les airs et métamorphoser les pierres et les arbres en nymphes qui chantaient et dansaient. Elle voudrait bien que ce rêve devienne réalité. Entendant cela, Zélindor, toujours invisible, réalise le rêve de Zirphé. Les pierres et les arbres du parc deviennent des nymphes qui chantent et dansent pour divertir la jeune femme, mais celle-ci a surtout envie de voir Zélindor. Celui-ci lui explique qu’il doit demeurer invisible de peur qu’elle ne s’intéresse plus à lui. Elle l’assure qu’elle ne cessera jamais de l’aimer, mais Zélindor lui apprend le décret du destin: une fois que Zirphé verra Zélindor, elle devra soit l’épouser, soit le rejeter, et elle perdra tous ses attraits, désormais incapable de séduire un autre homme. Zirphé n’en démord pas et Zélindor lui apparaît. En le voyant, Zirphé redouble de tendresse et lui demande de ne plus jamais disparaître. Zélindor se réjouit d’être tant aimé d’elle et reconnaît que son avertissement n’était qu’une ruse pour mettre son amour à l’épreuve. Ils chantent leur bonheur d’être ensemble, et Zélindor invoque tous les éléments pour célébrer son union avec Zirphé dans un dernier ballet.

Suite Le Trophée (1745)
Ouverture • Sarabande • Gavottes 1 et 2 • Ariette (La Muse) • Gavotte pour les Muses et les Plaisirs (Le Génie) • Viste • Prélude • Airs 1 et 2 • Fanfare

Dans Le Trophée, la Muse de l’Histoire invoque ses soeurs les autres Muses pour ériger un trophée orné d’armoiries et de bannières en l’honneur d’un roi jeune, intrépide, heureux et glorieux qui a mis sur son étendard le Destin, les Plaisirs, les Arts et la Victoire. Le Génie de la France se joint à la Muse de l’Histoire pour souhaiter que le roi soit toujours triomphant, car ses victoires amènent la paix.


Traductions françaises de David Ylla-Somers


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