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ChaRo
Pizzicato, January 2011

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Christophe Huss
Le Devoir, October 2010

MOZART, W.A.: Don Giovanni (Salzburg Festival, 2008) (NTSC) 2072548
MOZART, W.A.: Don Giovanni (Salzburg Festival, 2008) (Blu-ray, Full-HD) 2072544
MOZART, W.A.: Così fan tutte (Salzburg Festival, 2009) (NTSC) 2072538
MOZART, W.A.: Cosi fan tutte (Salzburg Festival, 2009) (Blu-ray, Full-HD) 2072534

En publiant en DVD Don Giovanni et Cosi fan tutte, les deux derniers opéras de la trilogie Mozart-Da Ponte mise en scène par Claus Guth à Salzbourg, EuroArts permet au public nord-américain de se frotter aux relectures scéniques qui font florès sur les scènes européennes.

L’opéra en Amérique du Nord et l’opéra en Europe ont-ils encore quelque chose en commun? Une chose est sûre: le fossé se creuse de plus en plus. D’un côté, un ancrage dans une vision traditionnelle des ouvrages; de l’autre, une fuite en avant proposant des relectures scéniques de plus en plus hardies. Dans le meilleur des cas—comme avec certains spectacles de Claus Guth—une soirée d’opéra devient une véritable recréation contemporaine d’une oeuvre dont on croyait avoir épuisé tous les arcanes.

Modèles économiques

Il y a des raisons pratiques et économiques à cet état des choses. Le mode de financement des institutions musicales est très largement public en Europe, alors que l’existence même des scènes américaines dépend de donations privées, qu’elles proviennent d’individus ou de fondations. Ces riches donateurs sont plutôt âgés et plutôt conservateurs. Prenons exemple sur le Don Giovanni de Claus Guth à Salzbourg, qui illustre l’agonie d’un séducteur camé. Si la structure de financement du festival autrichien était la même que celle du Met ou de l’Opéra de Chicago, il se trouverait bien vite plusieurs généreuses fondations clamant que la représentation sur scène d’un drogué contrevient à leurs valeurs et retirant leurs billes en conséquence.

En interrogeant Robert Lepage avant la première de L’Or du Rhin à New York, nous lui avions demandé s’il mettait en scène «son Wagner» ou «un Wagner pour le Metropolitan Opera». En somme, un Ring des Niebelungen de Lepage à Berlin ou à Barcelone aurait-il été différent? «Je ne sais pas», avait-il répondu, résumant ainsi les «contraintes du Met»: «On me demande un spectacle qui suscitera autant d’intérêt chez quelqu’un de traditionnel que chez un spectateur qui cherche autre chose. Cela m’oblige à présenter ma vision d’une façon à la fois traditionnelle et avant-gardiste.» Mettre en scène un opéra pour l’ivresse de la création ou pour satisfaire un public? Avouez que ce sont deux choses très différentes.

Si on a l’impression que la créativité est d’un côté et la routine de l’autre, il ne faut pas imaginer que tout est blanc d’un côté et noir de l’autre. Ce qu’on appelle le Regietheater (traduction libre: «relecture théâtrale») a engendré son propre conformisme, beaucoup plus pernicieux que le conservatisme: la volonté gratuite de choquer. Cela a déplacé nombre d’ouvrages dans des asiles psychiatriques ou suscité des scènes de viol sous la douche dans L’Enlèvement au sérail de Mozart. À Paris, on a vu des Noces de Figaro dans un bureau des mariages d’une bureaucratie est-européenne des années 50. Les récitatifs étant accompagnés au synthétiseur ou à l’accordéon! Honte.

Le junkie et les bourgeoises

Ces Noces de l’Opéra de Paris sont un spectacle de Christoph Marthaler, metteur en scène suisse dont on a pu aussi voir les méfaits à Bayreuth dans un Tristan et Isolde transformé en sorte de Desperate Housewife chez les ploucs. Le profil de l’Allemand Claus Guth est différent. Il ne semble s’intéresser qu’au théâtre musical et son travail, notamment dans Les Noces de Figaro et Don Giovanni à Salzbourg, est une excellente introduction au Regietheater.

Guth a donc mis en scène à Salzbourg les trois opéras composés par Mozart sur des livrets de Da Ponte: Les Noces de Figaro en 2006, Don Giovanni en 2008 et Cosi fan tutte en 2009. Nous vous avions parlé à sa sortie en 2007 du DVD des Noces de Figaro, une production se tenant dans un large escalier, lieu de permanent déséquilibre pour les personnages. Tournant le dos à la critique sociale, Guth scrutait les êtres et leurs pulsions. C’est de toute évidence l’une de ses obsessions.

L’escalier, vedette des Noces, fait place à la forêt dans Don Giovanni. La nature, c’est évidemment l’animalité. Là où, dans les Noces, le désir et la transgression devenaient sources de déséquilibre dans un escalier, Don Giovanni est ouvertement un théâtre des pulsions exacerbées. La double symbolique se rejoint, en 2009, dans Cosi fan tutte, qui se déroule dans une moderne villa californienne (avec escalier évidemment). Effet visuel saisissant: lorsque, petit à petit, Fiordiligi et Dorabella se laissent gagner par la tentation de tromper leurs amoureux, une forêt se met peu à peu à envahir l’espace. Esthétiquement, c’est somptueux; psychologiquement, c’est lumineux.

Le travail théâtral de Guth vise à inscrire l’opéra dans nos vies, notre univers, nos repères. Outre les éléments visuels symboliques et cohérents, au départ, chaque opéra requiert une idée originale, un élément inattendu. À mon avis, ces déclics fonctionnent bien dans les Noces—un cupidon danseur qui vient chambouler les âmes—et dans Don Giovanni—la forêt et l’épuisement progressif d’un don Giovanni blessé —, mais assez médiocrement dans Cosi fan tutte, où don Alfonso, l’instigateur de cette comédie de la duperie, est un hypnotiseur. On a du mal à comprendre quand les gens sont hypnotisés et quand ils ne le sont pas, et le ressort ne tient pas sur la longueur. Il y a aussi quelques gratuités, comme la vulgarité de la boniche Despina, avec sa gomme à mâcher et son iPod.

Contrairement aux spectacles provocateurs de Peter Sellars il y a vingt ans, la musique n’est jamais sacrifiée au concept scénique et les chanteurs sont à la hauteur. Dans la fosse, le Don Giovanni vif et mouvant de Bertrand de Billy colle le mieux au rythme intrinsèque du spectacle de Guth.

Cosi, dans lequel il faut se laisser gagner par le dispositif et faire le tri des bonnes et moins bonnes idées, est donc un complément pour qui a accroché aux Noces, spectacle esthétique, ou au très sombre, très risqué mais dérangeant et cohérent Don Giovanni, qui, évidemment, finit sur la mort du héros et non sur la fable morale récitée par ses comparses.






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12:00:26 AM, 11 July 2014
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