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Album Reviews



 

LANCINO, T.: Requiem (Grant-Murphy, Gubisch, Skelton, Courjal, Radio France Choir, Radio France Philharmonic Orchestra, Inbal)


Naxos 8.572771

   Choral Journal, November 2012
   Ritmo, April 2012
   PS Tracks, March 2012
   American Record Guide, March 2012
   Classica, March 2012
   Pizzicato, February 2012
   International Record Review, February 2012
   Audiophile Audition, January 2012
   Culture Catch, January 2012
   Infodad.com, December 2011
   Gapplegate Classical-Modern Music Review, December 2011
   Forum Opera (France), December 2011
   L’éducation musicale, December 2011
   Listen: Life with Classical Music, December 2011
   eMusic, November 2011
   Composition:Today, November 2011
   ON Magazine (France), November 2011
   David's Review Corner, November 2011

English        French        Japanese        Spanish
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C. Michael Porter
Choral Journal, November 2012

Cet enregistrement transmet avec justesse l’angoisse de Lancino ainsi que sa vision conflictuelle de la mort, grâce à une exécution éblouissante d’une part et de l’autre une transparence rendue par la technique d’enregistrement. Quoique l’écoute d’une œuvre de ce type puisse paraître ardue à un auditeur actuel, la direction de Inbal fournit l’énergie nécessaire, et, cela en découle, libère l’émotion qui est contenue dans l’œuvre de Lancino. À aucun moment celui qui écrit ces lignes n’a perçu de ralentissement dans le flot musical. Le résultat est un enregistrement qui entraîne l’auditeur vers un livret riche en moments dramatiques en offrant des passages musicaux justes et émouvants. J’ajoute que des éloges spéciales vont à Inbal et au chef de chœur Brauer pour leur capacité à faire ressortir avec clarté la transparence harmonique et mélodique de cette partition difficile et dense ; il eût été aisé de produire une exécution pâteuse, n’eût-elle pas été placée entre les mains d’interprètes aussi experts. © 2012 Choral Journal




Fernando Remiro
Ritmo, April 2012

Ecrire un Requiem est un défi « à la » Rex Tremendae Maiestatis. C’est une combat aveugle qui tente de tordre des mots de marbre (la liturgie) avec son propre tremblement, en tenant la musique comme unique chandelle. Thierry Lancino relève ce défi, en centrant son Requiem sur la Sibylle d’Ovide (teste David cum Sybilla), qui, après avoir obtenu l’immortalité, cherche la mort, dans un des plus grands actes de désespoir imaginable. Et, dans cette explosion, tel l’écho d’un cri, la musique en donne une dimension humaine. C’est une partition riche en résonance (de Messiaen à Saariaho, percussions orientales et cordes aux parfums méditerranéens) qui révèle un Dieu mathématique et cabalistique dans le « Mors Stupebit », violent et sinistre dans le « Dies Irae », majestueux et aveuglant dans un « Sanctus » qui donne le frisson. L’intimité dans laquelle nous place le « Ingemisco », cependant, amène à penser que toute prière maintient l’homme dans une solitude muette. Au-delà du texte traditionnel, Pascal Quignard (« Tous les matins du monde ») fournit un livret Français intéressant, quoique parfois emphatique et baroque, que Lancino traite avec délicatesse et intelligence dans son écriture vocale. L’enregistrement, réalisé directement lors de l’exécution en 2010 à la salle Pleyel, affiche avec fierté quatre solistes d’une grande efficacité (particulièrement l’excellente Grant Murphy) ainsi qu’un chœur et un orchestre brillants , sous la direction enthousiaste de Inbal.



Lawrence Schenbeck
PS Tracks, March 2012

Viscéralement excitante, et extrêmement bien faite. Le « Sanctus » prouve la maîtrise de Lancino dans l’utilisation des textures et des sonorités à la Penderecki.

L’exécution semble pratiquement idéale : le chef d’orchestre Eliahu Inbal et les solistes, particulièrement Nora Gubisch (la Sibylle), chantent fort bien et avec passion ; l’orchestre et le chœur ne sont pas moins bons. Et le mixage multi canal est très bien fait et facilite vraiment la perception du détail des larges sons de cette large œuvre. © 2012 PS Tracks Read complete review (English)



Philip Greenfield
American Record Guide, March 2012

Le langage de Thierry Lancino est sombre, austère et implacablement intense. Les moments de repos sont peu nombreux—et, lorsqu’ils arrivent, sont teintés de tristesse. Lancino démontre un savoir-faire habile dans l’orchestration lorsqu’il veut donner un rôle particulier à ses instruments.

C’est en maître que Lancino organise ses effets en terrasses. Écoutez simplement l’entrée du pupitre des sopranos dans le “Kyrie eleison” : c’est à vous faire proprement dresser les cheveux sur la tête ! Ces voix naissent des cris de la Sibylle qui implore la mort, et s’accumulent tels des hurlements de harpies assoiffées de sang. L’effet est galvanisant. Les crescendos successifs du “Dies Irae” donnent naissance à des suites d’explosions cataclysmiques, évoquant Verdi et Berlioz, avec des syncopes irrégulières qui ajoutent encore davantage de terreur aux atroces prédictions de la liturgie.

Les voix et l’orchestre, ainsi que la qualité technique de l’enregistrement, sont de tout point de vue extraordinaires… Je ne serais pas surpris si l’adjonction d’éléments visuels ne rendait pas cette œuvre encore plus dévastatrice qu’elle ne l’est déjà. © 2012 American Record Guide



Michaël Sebaoun
Classica, March 2012

Le Requiem du compositeur français Thierry Lancino est une commande de Radio France, de la Fondation Koussevitzky pour la Musique et du ministère français de la Culture. Il fut créé à la salle Pleyel le 8 janvier 2010. Le compositeur découvre une présence païenne au sein du texte liturgique de la messe des morts : “Jour de colère … comme l’ont prédit David et la Sibylle”. Lancino souhaite alors instaurer un dialogue entre la Sibylle païenne et le David biblique, et demande à l’écrivain Pascal Quignard d’écrire un livret (Éditions Galilée) en français, qui sera mêlé avec des oracles grecs et les versets liturgiques. L’œuvre de Lancino repose sur ce paradoxe : “Alors que David implore la vie éternelle, la Sibylle réclame le néant” (Ben Finane). Et Quignard ajoute : “Face au souhait de vie éternelle, le désir de mourir […]. Laisser face à face ces deux désirs. Ces deux douleurs […] Ce Requiem ne choisit pas : continuer immortellement, finir à jamais, latin, grec, David, Sibylle”. Et c’est ce qui singularise si profondément ce Requiem à l’égard de tous les autres, confie encore l’écrivain. Le Requiem de Thierry Lancino, cela a été très remarqué dès sa création, balaie un “vaste champ esthétique, sans être pour autant une œuvre poly stylistique.

Dissonances extrêmes, métalliques, ligetiennes, qui basculent vers une grande souplesse mélodique (Prologue), cris d’angoisse et cordes stridentes (Kyrie), échos de Verdi (Dies Irae), dépouillement extrême, ambitus étouffé (soprano d’Ingemisco), émotion poignante (LacrimosaI). Une tension obsessionnelle, sombre,assure l’unité de l’œuvre, effective dans l’orchestre monumental ou dans le registre de l’intime. Ce très beau Requiem, l’Orchestre philharmonique de Radio France, dirigé par Eliahu Inbal, en fait, selon les vœux du compositeur, “une fresque épique”.

À posséder.

[Très bonne prise de son de concert] © 2012 Classica




Remy Franck
Pizzicato, February 2012

Le Requiem de Thierry Lancino (né en 1954), dont le compositeur dit qu’il s’agit à la fois d’une "fresque épique" et d’une "cérémonie sacrée", a également été décrit comme "contemplation éloquente de l’humanité, entre paganisme et christianisme, explorant les thèmes de la mort et du temps".

Naxos publie l’enregistrement de la création à Pleyel en janvier 2010. Le superbe enregistrement de Radio France profite bien du son surround et de la haute définition sonore.

Dans un langage moderne, souvent dissonant, souvent strident, souvent spectaculaire aussi, Lancino renoue plutôt avec le caractère des Requiems de Berlioz et de Verdi qu’avec celui, plus réconfortant, des oeuvres de Fauré ou Duruflé.. Et si on en est aux comparaisons, je dirai que Lancino me rappelle en premier lieu Benjamin Britten et son ‘War Requiem’, sans pour autant atteindre tout à fait la profondeur et la qualité musicale de cette composition, mais on est vraiment pas très loin…

Ce qui impressionne, c’est la gestion des forces présentes par le compositeur, quatuor vocal, choeurs et très grand orchestre, sur une durée de plus de 70 minutes, sans aucune chute de tension, que ce soit dans les passages de masse, dans les moments les plus retenus ou dans l’entre-lesdeux avec des combinaisons multiples qui comprennent même le ‘a capella’ pour le choeur.

Les solistes, les choeurs et l’orchestre sont excellents et livrent une interprétation poignante sous la direction inspirée de Maestro Inbal.

A mon avis, ce Requiem, qui m’a profondément ému, a une réelle chance de survie: c’est une grande oeuvre musicale s’inscrivant avec force et caractère dans la lignée des grands Requiems. © 2012 Pizzicato



Mark Pulliger
International Record Review, February 2012

S’écarter de la liturgie de la Messe de Requiem n’est pas chose nouvelle. Brahms regroupa sa propre collection de textes bibliques et les mit en musique en Allemand plutôt qu’en Latin dans son Requiem Allemand. Près d’un siècle plus tard, commandé pour la re-consécration de la Cathédrale de Coventry, le War Requiem de Britten fait se juxtaposer les textes traditionnels latins et la poésie inspirée de la guerre, de Wilfred Owen. À son tour le compositeur franco-américain, Thierry Lancino, propose sa version du Requiem en mêlant le texte traditionnel avec ce qui est - de fait - un dialogue entre le David biblique et la Sibyl de Cumes. Il prend son inspiration dans le début du Dies Irae : "Jour de colère, ce jour-là qui transformera le monde en cendres, ainsi que l’ont annoncé David et la Sibylle ! "  Pascal Quignard a écrit le livret dans lequel  deux discours opposés s’affrontent : celui de David qui attend le jugement dernier et la vie éternelle, et celui de la Sibylle, vieille de 700 ans, qui réclame le néant.

Le livret comprend des passages narratifs confiés à David et à la Sibylle en Français et en Grec ancien, tandis que les chœurs chantent en Latin traditionnel, ainsi qu’en Grec lorsqu’ils commentent les évènements (et c’est assez bien venu). Deux chanteurs représentent David ; un ténor, celui qui attend la vie éternelle, et une basse, David le guerrier. En addition, une soprano solo représente "tout un chacun".

Dès le martellement de 13 coups initiaux, les glissés des contrebasses et les accords des vents qui convoquent la Sibylle, la musique de Lancino est d’une qualité saisissante. Son écriture pour chœur, par sa mise en musique du texte Latin traditionnel, réussit à atteindre une nature contemplative, tout particulièrement lorsqu’elle est sans accompagnement. Mais il est à son meilleur de lui-même – le plus provocateur et le plus intéressant -  dans les passage solo de la Sibylle, une incarnation dramatique, souvent hystérique, réalisée de manière vivide par la mezzo-soprano Française Nora Gubisch, quoique parfois la tessiture soit si grave que le rôle aurait pu être tenu par une contralto. Dans sa déclamation introductive, puis plus loin dans "Le Chant de la Sibylle", les dissonances m’ont fait penser à des passages du Minotaure, l’opéra de Birtwistle, par ses qualités théâtrales et sa dimension mythique. Ayant refusé les avances d'Apollon après que le dieu lui ait donné une vie d’autant d’années que de grains de sable contenus dans ses mains, la Sibylle, lui refusant finalement sa virginité, fut punie sur une question technique : Apollon laissa son corps vieillir et disparaître progressivement ; elle n’avait en effet pas demandé la jeunesse éternelle. Pour qu’il ne reste finalement plus que sa voix, celle qu’on trouve dans la partition de Lancino.

Stuart Skelton est le ténor héroïque qui incarne David ; celui qui incarne si bien Peter Grimes, de nos jours, n’a aucune difficulté dans la tessiture imposée par Lancino, mais il est parfois masqué par une orchestration dense. Nicolas Courjal est la basse, légèrement tremblante. Il y a peu de moments de repos, et la musique propulse l’auditeur sans cesse en avant avec une grande énergie. Les exceptions se produisent sous la forme de "tout-un-chacun", plaidant à son tour pour être sauvé, dans l’Ingemisco. Heidi Grant Murphy, dont la voix est  étrangement proche de celle de Dawn Upshaw, avec un léger souffle, soutient magnifiquement les longues phrases musicales que Lancino a écrites pour elle. Quel dommage qu’on entende parfois le chef Eliahu Inbal, ce qui perturbe l’écoute ! Un autre point important de repos est "l’Agnus Dei", dans lequel Lancino, commençant avec les sopranos a cappella, se développent et étoffent la texture harmonique avec les entrées successives des autres pupitres, avant que l’orchestre et les solistes ne réapparaissent pour le mouvement final, au cours duquel la Sibylle invoque l’Agneau de Dieu pour qu’il lui accorde la mort.

Le Requiem de Lancino est une réussite, impressionnante et inventive. Les grandes proportions de l’œuvre et les forces qu’elle demande pour son exécution pourraient limiter le nombre des exécutions. Ce serait très dommage, car on peut imaginer quel impact crée l’exécution d’une telle œuvre dans une salle de concert. L’interprétation de l’Orchestre Philharmonique est impressionnante  et n’a d’égal que la ferveur des membres du Chœur de Radio France. La percussion, ce n’est pas une surprise, joue un très grand rôle dans l’œuvre et est très bien captée par les ingénieurs qui ont réalisé l’enregistrement durant les répétitions et la création, Salle Pleyel à Paris.

Naxos sort cet enregistrement en deux formats : CD et Blu-Ray Audio. Les avantages de ce dernier format incluent une meilleure définition audio, et également l’option d’écouter en stéréo ou en Surround, grâce à un master DTS haute définition. On peut également visualiser les sous-titres, soit en Anglais, soit dans les langues originales (qui incluent du Grec ancien, pour ceux qui le parlent couramment !). C’est un bonus très bien venu, si l’on considère que sans lui, l’auditeur aura besoin de se brancher sur Internet pour suivre le livret, ou imprimer le document de 16 pages offert sous forme PDF. © 2012 International Record Review




Steven Ritter
Audiophile Audition, January 2012

Une œuvre puissante de grande substance — qui n’est pas votre requiem traditionnel.

L’œuvre comporte des passages de grande puissance et de grande beauté : des moments aériens et délicats, et des moments allant jusqu’à  une surpuissance du chœur dans son entier, développant une force irrépressible. Lancino, qui a passé beaucoup de sa vie à travailler dans le domaine de la musique électronique, déploie un talent véritable pour ce qui est de la communication dramatique, ainsi que de très beaux, et même intenses, passages mélodiques.

Je pense que même ceux qui sont allergiques à la musique moderne y trouveront beaucoup de plaisir, car le style du compositeur n’est pas irrévocablement marié à la dissonance pour la dissonance, mais plutôt met celle-ci au seul service de la progression dramatique, tout en y mêlant bien d’autres éléments aux caractéristiques tonales plus familières.  L’œuvre mérite incontestablement d’être écoutée. © 2012 Audiophile Audition Read the complete review of the Blu-Ray Audio release.



SteveHoltje
Culture Catch, January 2012

Best of 2011”: classé 4ème

Thierry Lancino (1954–) nous offre là le Requiem le plus délirant que nous ayons eu depuis des dizaines d’années: cette affaire multiculturelle, ne convient sans doute pas à une utilisation d’église, mais elle nous donne une expérience musicale des plus toniques. © 2012 Culture Catch See complete list



Infodad.com, December 2011

Le Requiem de Lancino est une œuvre puissante. Elle est aussi difficile, et cela à plusieurs niveaux : elle n’est pas particulièrement facile à écouter, et c’est une œuvre à laquelle il n’est pas facile de penser. Elle pose un défi à son auditoire plutôt qu’elle ne le rassure. Et en faisant cela, elle montre la puissance de la composition moderne pour chœur, tout en se coulant dans une forme plus ou moins traditionnelle. © 2011 Infodad.com Read complete review in English



Grego Applegate Edwards
Gapplegate Classical-Modern Music Review, December 2011

N’ayant pas été familiarisé avec les œuvres de Thierry Lancino auparavant, j’ai été récemment agréablement récompensé en écoutant—nombre de fois—son spectaculaire Requiem (Naxos) tel qu’il est interprété par les forces massives du Chœur de Radio France, par l’Orchestre Philharmonique de Radio France, les solistes et le chef d’orchestre Eliahu Inbal.

C’est un voyage de plus de 70 minutes à travers une conception expressive et moderne de la forme requiem. Les solistes s’expriment avec musicalité et passion, le chœur et l’orchestre sont servis avec un art consommé par une partition qui, parfois, bouillonne comme un chaudron de matière en fusion, parfois, se plait à des murmures pianissimos qui conviennent tout à fait à l’affliction contenue par le texte et exprimée par les chanteurs solistes. L’orchestre renforce et souligne le chœur et les solistes, comme il sied tout à fait à un tel ouvrage. Une sorte de ténébreuse mélancolie semble être à l’œuvre, sans relâche dans certains passages, et c’est peut-être précisément ce que Thierry Lancino souhaitait, c’est en effet le caractère qui convient à un Requiem. Les chanteurs et le chœur ressortent d’un orchestre souvent épais, ce qui créée une ambiance puissamment unifiée, caractérise l’œuvre et lui donne une place à part. Et je ne dis pas cela d’une manière négative. Tout cela en fait une œuvre différente des œuvres qu’on rencontre ces jours-ci. Cela lui donne une qualité unique.

Comme un tout, la pièce possède le large champ d’un romantisme tardif, allié à une modernité de haute volée—sonorité et dynamique qui font penser à Berg, et à l’occasion, une insistance dans le chant qui rappelle Orff.

L’exécution est emportée et excellente. La musique de Lancino a sans aucun doute une valeur considérable. J’aimerais absolument en écouter davantage. Que je ne réponde pas davantage par une attention encore plus passionnée est dû à mon humeur actuelle. J’apprécie l’œuvre au niveau cérébral sans qu’elle chavire mes émotions. Certaines œuvres nécessitent beaucoup d’écoutes pour en arriver là et je protège mon émotion pour le moment. Il n’y a pas de doute que c’est une œuvre qui mérite l’attention des amoureux de la musique moderne. À un prix Naxos, c’est un encouragement supplémentaire à vous laisser envelopper par son spectaculaire univers sonore. © 2011 Gapplegate Classical-Modern Music Review Read complete review in English



Laurent Bury
Forum Opera (France), December 2011

Ab auditione mala non timebit par Laurent Bury

Non, pas plus que le Juste du Graduel, Thierry Lancino n’a à craindre une mauvaise réputation : avec ce Requiem il semble bien établi au firmament des meilleurs compositeurs français d’aujourd’hui. Le disque que vient de publier Naxos comble les vœux de ceux qui, ayant assisté à la création de l’œuvre, souhaitaient la voir immortaliser par un enregistrement.

Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favílla,Teste David cum Sibýlla ! Des trois premiers vers du « Dies irae » est né chez Lancino le désir de faire dialoguer le texte de la liturgie catholique avec des sources empruntées à l’Ancien Testament (David), et même au paganisme (la Sibylle de Cumes). Il s’est donc tourné vers le plus médiatique des spécialistes français de l’antiquité classique, Pascal Quignard, pour concevoir un ambitieux montage de textes qui intègre le poème latin bien connu, souvent réduit aux premiers vers de chaque partie. Naît ainsi un nouveau rituel complexe, admirablement servi par la partition. A travers les cliquetis et tintements de percussions variées, au milieu des âpres morsures des cuivres, en faisant alterner paroxysmes et moments d’apaisement, Thierry Lancino crée ici une œuvre magistrale, où le chœur et les solistes se voient confier des morceaux d’une grande force dramatique, qui laissent imaginer quel compositeur d’opéra il pourrait être (son site personnel annonce parmi ses projets une courte œuvre lyrique d’après la nouvelle « L’immortel » de Borgès).

Remarquée dans plusieurs créations contemporaines à l’Opéra Bastille (Salammbô de Philippe Fénelon, Perelà de Dusapin), Nora Gubisch a le privilège d’interpréter les deux superbes monologues de la Sibylle : tout au long de l’œuvre, avec une véhémence impressionnante mais d’une voix constamment maîtrisée, elle appelle le trépas de ses vœux, tantôt en français, tantôt en grec. Au désir de mort de la Sibylle répond l’aspiration de David à la vie éternelle. Le roi d’Israëlest partagé entre deux interprètes : le simple mortel angoissé est chanté par un ténor, le guerrier plein d’assurance par une basse. Nicolas Courjal, jadis un des membres de la troupe formée à l’Opéra-Comique par Pierre Médecin, est aujourd’hui l’une des jeunes basses françaises qui montent ; ses brèves interventions en solo sont ici toujours frappantes. La diction française de Stuart Skelton laisse parfois à désirer, mais la vaillance de la voix n’est jamais prise au dépourvu dans ce rôle qui requiert un fort ténor (il a à son répertoire les rôles wagnériens et straussiens les plus lourds). Contrairement aux autres solistes, la soprano n’est identifiée à aucun personnage spécifique, elle est simplement « la figure humaine ». Réfugiée dans la musique contemporaine, Heidi Grant Murphy parvient, mieux que dans un répertoire plus traditionnel, à y masquer l’outrage des ans : même si le vibrato très prononcé tourne au hululement dans l’aigu forte, elle livre un « Ingemisco » d’un dépouillement poignant, d’abord a capella, puis soutenue par les violoncelles. Plusieurs passages sont confiés au chœur seul : le Kyrie, l’Offertoire, l’Agnus Dei : c’est l’occasion, pour le Chœur de Radio France de manifester la solidité de ses différents pupitres, dans la douceur comme dans la violence.

Sans renier son passage par l’Ircam, Thierry Lancino réalise depuis quelques années un authentique travail sur la voix et la déclamation, sans demander aux chanteurs d’être constamment dans les extrêmes de leur tessiture et avec un souci d’intelligibilité. Voilà une musique « spirituelle » moderne qui ne cède pas à la facilité d’un certain minimalisme extatique, mais qui part à la recherche de sonorités nouvelles, en rapprochant les timbres et les textures pour un résultat inspiré et inspirant. © 2011 Forum Opera



Sylviane Falcinelli
L’éducation musicale, December 2011

Un Requiem de plus ? Non, plutôt une transfiguration métaphysico-symboliste qui trouverait sa juste place dans la catégorie des oratorios. En effet, le déroulement, conçu par Thierry Lancino et mis en forme littéraire par Pascal Quignard, interpole dans le plan liturgique du texte latin les incantations de la Sibylle de Cumes (en grec et en français) ainsi que les tirades d’un David divisé en deux chanteurs reflétant les versants contrastés de sa psychologie : idée originale tirant sa source d’un verset du Dies Irae que l’on survolait jusqu’à présent sans y prêter attention. Ces survivances païennes, ainsi que des émanations de l’humaine condition, prennent ici une vie propre, en marge du canon catholique qui les celait en ses replis. Plutôt que de marge, on devrait parler de contrepoint et de mouvement contraire, sous l’angle allégorique, l’aspiration à la vie éternelle chrétienne se voyant opposer les appels (« Je veux mourir ») de la Sibylle punie d’un vieillissement perpétuel par Apollon.

Le compositeur, après avoir consacré de nombreuses années de sa vie à l’électroacoustique et à l’Ircam, a trouvé son équilibre dans une écriture assumant les beautés mélodiques et l’expressivité dramatique au sein d’un langage qui ne renie rien de la modernité, mais l’ouvre à des résonances humaines et spirituelles vectrices de profondes émotions. Il s’est agi pour lui de recréer une intemporalité autour du thème de l’éternel par des moyens musicaux contemporains ; sa manière d’évoquer l’antique par une stylisation et des sonorités d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler la démarche d’un Stravinsky dans Oedipus Rex (avec un tout autre idiome individuel, comprenons-nous bien). L’emploi des percussions et d’instruments exotiques concourt à cette transposition spirituelle. L’émotion emprunte des chemins multiples : la mise à nu d’une pure cantilène (le solo de soprano amenant l’Ingemisco), ou de poignantes grappes harmoniques dans le tréfonds du chœur (Lacrimosa), ailleurs la malléabilité des nappes et sculptures de timbres orchestraux sur lesquelles se détachent les voix (Sanctus), enfin la résolution de tous les conflits antérieurs par la subtile infiltration d’un contrepoint de facture « classique » dans le Dona eis requiem.

La création de cette œuvre, Salle Pleyel, s’étant déroulée devant les micros de Radio France les 7 et 8 janvier 2010, l’édition discographique reprend le matériel des concerts. Félicitons à ce titre l’ensemble des interprètes pour avoir si magistralement dominé « sur le vif » un ouvrage vaste (72 minutes de musique) et complexe. La distribution vocale est mieux partagée côté féminin que masculin : le rôle de la Sibylle échoit à Nora Gubisch dont le flamboyant tempérament d’actrice et la chaude voix excellent dans ces personnages hors normes (elle campa une inoubliable Pythonisse dans Le Roi David d’Honegger au Palais Garnier le 25 mars dernier) ; une vibrante innocence rayonne de la voix d’Heidi Grant Murphy transfigurant la souffrance d’une simple mortelle. Les choristes de Radio France (préparés par Matthias Brauer et Sébastien Boin) imposent leur engagement dramatique comme un personnage à part entière. L’Orchestre philharmonique se meut à l’aise dans la musique contemporaine, et le Maestro Inbal affectionne les fresques ambitieuses. Prophétisons – que la Sibylle nous pardonne ! – à une œuvre si riche, et si sincèrement pensée, l’accès à la vie éternelle de l’entrée au répertoire, car elle agira toujours sur la corde sympathique des questionnements inapaisables de l’âme humaine grâce à des traits d’inspiration qui ont su dépasser les clivages d’un esthétisme « daté » pour figurer l’élan créatif d’un présent teinté d’universel. © 2011 L’éducation musicale



BF
Listen: Life with Classical Music, December 2011

L’œuvre audacieuse de Thierry Lancino reste dans la tradition du Requiem, mais n’est en aucun cas traditionnelle. Elle reconçoit sa forme comme un oratorio sacré, ou dans les mots même du compositeur “d’une fresque épique”. Inspiré du texte liturgique “Dies irae…teste David cum Sibylla” (“Jour de colère…comme l’annoncent David et la Sibylle”) le Requiem de Lancino se déploie tel un dialogue entre la Sibylle païenne—du grec Sibylla signifiant “prophétesse”—et le David de la Bible. Avec le chœur fonctionnant tel une sorte de chœur grec, les quatre solistes sont les acteurs principaux de cet oratorio. David est chanté par un ténor et la Sibyl par une mezzo-soprano. La soprano (Heidi Grant Murphy) est la mortelle, l’humain souffrant, et la basse représente le côté guerrier de David. Ardu mais accessible, le paysage musical est large et d’une grande portée, alors que le langage de l’œuvre évite toute approche dogmatique ou académique. Ecrit en collaboration avec Pascal Quignard (Tous les matins du monde), le Requiem de Lancino constitue une méditation profonde sur la Mort et le Temps.



Steve Holtje
eMusic, November 2011

Si vous voulez un mélange provocateur de dissonances, de beauté austère et de techniques non-standard, cette œuvre—commandée par la Fondation Koussevitzky et créée en 2010—est parfaite pour vous. Quignard, dans son livret, met en œuvre, l’un à côté de l’autre, “désir de néant et désir d’éternité” ; l’affrontement des sons et des styles reflète l’affrontement des philosophies de l’auteur des Psaumes, David (dont le rôle est tenu par un ténor et par une basse) et par la païenne Sibylle (mezzo-soprano), avec l’ajout de la soprano, le “tout-un chacun”, alors que le chœur est quelque sorte de chœur antique grec. Cette œuvre vise et atteint bien au-delà des paramètres d’un Requiem standard, et devient un oratorio épique et pluriculturel. © 2011 eMusic Read complete review in English



Christian Morris
Composition:Today, November 2011

[…] Quand Radio France, la Fondation Koussevitzky et le Ministère Français de la Culture ont passé commande à Thierry Lancino pour qu’il compose une nouvelle œuvre dans ce genre, ils souhaitaient qu’il "renouvèle la tradition des Requiem". C’est brillamment que Lancino achève cette tâche en prenant comme point de départ les versets qui commencent le long texte du Dies irae : ‘Dies irae…teste David cum Sybila’ (‘Jour de colère, … comme en témoignent David et la Sibylle’). […]

Le langage musical de cette nouvelle œuvre splendide la situe davantage dans la tradition de sang et de tonnerre d’un Verdi et d’un Berlioz, que dans la tradition de visions plus positives des compatriotes de Lancino, Durufflé et Fauré. Le langage est dissonant et stimulant et, du tocsin du début à la quinte vide de la fin, il nous est offert peu de consolation musicale. Un des passages les plus frappants musicalement est le Sanctus. Traditionnellement c’est un moment de luminescence. Ici les cieux et la terre ne semblent pas remplis de gloire, mais plutôt du frémissement éthéré d’âmes sans repos. L’effet est à la fois merveilleux et déconcertant. Le flux et l’interaction entre les différents plans – l’écriture la plus impersonnelle pour chœur de toute l’œuvre (qui reste dans l’ensemble proche du texte du Requiem) qui va à l’encontre du drame chanté par les solistes – sont contrôlés de main d’expert tout du long par le compositeur. Plus que tout, cependant, le sujet de l’œuvre est la relation de la Sibylle à la mort, de manière la plus émouvante dans le Lacrymosa, où son pitoyable désir d’oubli apparaît au cours de ces lignes : ‘Dona eis requiem’, (‘Donne-leur le repos’).

Le Chœur de Radio France, l’Orchestre Philharmonique de Radio France and les solistes Heidi Grant Murphy, Nora Gubisch, Stuart Skelton and Nicolas Courjal nous offrent une interprétation incandescente et émotionnellement chargée dans cet enregistrement proposé par Naxos. Je voudrais particulièrement souligner la performance de la mezzo-soprano Nora Gubisch ; le portrait qu’elle dépeint de l’épreuve désespérée de la Sibylle est incroyablement émouvant. […]




Michel Jakubowicz
ON Magazine (France), November 2011

Peu de compositeurs d’aujourd’hui osent affronter cette forme suprême de la musique sacrée que représente le Requiem. Pourtant c’est sans complexe que Thierry Lancino aborde un genre où Gilles, Mozart, Berlioz, Brahms, Verdi et bien d’autres compositeurs illustres l’ont précédé.

Ambitieux dans son propos, le Requiem de Thierry Lancino, basé sur un livret dû à Pascal Quignard, ne propose rien moins que d’arpenter les immenses territoires méconnus de la mort et du temps. Débutant par ce qui s’apparente très nettement à un tocsin funèbre (Prologue), l’œuvre qui inclut dans sa trame deux personnages assez extraordinaires : d’une part la Sybille, d’autre part David le guerrier, va nous mener au terrible Dies irae et se refermer sur le Dona eis requiem.

Ce Requiem de Thierry Lancino donné en janvier 2011, salle Pleyel sous la direction à la fois précise et exigeante d’Eliahu Inbal, dirigeant le chœur et l’Orchestre Philharmonique de Radio France, révèle un compositeur capable de régénérer une forme sacrée que l’on croyait définitivement obsolète, vouée à la disparition pure et simple. Une œuvre aussi complexe, aussi forte ne pouvait exister réellement qu’avec la participation de solistes vocaux d’exception. Ce défi colossal était relevé avec brio par la distribution qui officiait ce soir-là salle Pleyel… Elle comprenait du côté féminin Nora Gubisch, mezzo-soprano, Heidi Grant Murphy, soprano, alors que les voix masculines comprenaient Stuart Skelton, ténor et Nicolas Courjal, Basse.

Un autre élément décisif intervenait dans le Requiem de Thierry Lancino. Il s’agissait du Chœur de Radio France, parfaitement intégré dans le déroulement dramatique de l’œuvre. © 2011 ON Magazine (France) Lire dans le site de ON Magazine (France)



David Denton
David's Review Corner, November 2011

Composée il y a deux ans, le Requiem de Thierry Lancino relève un défi et questionne nos pensées sur les conventions qui entourent notre mortalité. Le compositeur décrit cette grande  partition de haut voltage émotionnel, comme étant « à la fois une fresque épique et une cérémonie sacrée » - notre expérience de cette exécution nous indique que c’est la première partie de cette formule qui est primordiale. Ayant entamé une carrière dans le monde de la musique électronique, le compositeur, né Français, eut un changement de direction au milieu de sa vie, et se tourne maintenant vers des partitions plus conventionnelles. Pour ce qui est du Requiem, nous sommes dans le monde de Penderecki, quoique les racines soient plutôt de l’époque d’Honneger. En tissant deux personnages dans la trame normale de la messe catholique – David, le personnage biblique, et la Sibylle de la mythologie Grecque – Lancino a créé une œuvre qui tient de l’oratorio. Il utilise trois langages, le Latin, le Grec ancien et le Français, le livret ayant été écrit par Pascal Quignard, et composée pour la formation conventionnelle : soprano, mezzo-soprano, ténor, basse, grand chœur et orchestre avec une section de percussion élargie et qui inclut quelques « jouets » modernes qu’affectionnent les compositeurs d’aujourd’hui. Cette œuvre, substantielle dans sa durée, bien supérieure à soixante-dix minutes, m’a envahi à la suite d’écoutes répétées, quoique son impact soit frappant, même à la première écoute. J’imagine que son exécution est un véritable défi, particulièrement pour le chœur pour les prises de notes, de même que pour les voix solistes qui souvent chantent contre plutôt qu’avec l’orchestre. En définitive, c’est une œuvre frappante et impressionnante. L’enregistrement par Radio France de cette première exécution dirigée par Eliahu Inbal démontre un niveau de préparation exceptionnel.






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1:23:18 AM, 27 July 2014
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