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Christine Labroche
ConcertoNet.com, April 2012

Comme son père et son grand-père paternel avant lui, Sir Eugene Goossens (1893–1962), troisième du nom, fut d’abord violoniste professionnel et pianiste avant de mener une carrière internationale en tant que chef d’orchestre, principalement dans les pays anglophones. Il avait cependant une quatrième corde à son arc qu’il cultiva dès son jeune âge en étudiant la composition auprès de Sir Charles Villiers Stanford pendant les cinq ans (1907–1912) passées au Royal College of Music de Londres. Malgré un catalogue atteignant une soixantaine d’œuvres, sa brillante carrière de chef d’orchestre éclipsa pendant un temps son travail de compositeur et, par la suite, la prédominance de l’avant-garde en Europe alliée à son retour à Londres après l’abandon précipité en 1956 de sa carrière australienne, le laissa dans un relatif oubli. Petit à petit, on le redécouvre et l’initiative de Robert Gibbs et de Gusztáv Fenyö, qui a été de réunir en un seul programme toutes ses compositions pour violon et piano, est d’autant plus heureuse.

Le style d’Eugene Goossens s’établit dans la lignée du romantisme impressionniste du XXe siècle d’avant la Seconde Guerre mondiale. Les audaces – et il y en a – restent dans ce contexte, certes chromatique, car le compositeur se tint à l’écart des courants plus aventureux. Sa Première Sonate (1918) révèle l’influence de Debussy et de Ravel, qu’il admirait, et un élan d’une sensualité chaleureuse qui peut faire penser à certains aspects du style d’un Szymanowski. Dès l’Allegro con anima, s’imposent à l’oreille la richesse de la partie de piano et la belle respiration des thèmes mélodiques confiés au violon, deux constantes de l’œuvre. Le deuxième mouvement, plus nostalgique, est un inventif développement d’un air traditionnel à peine dévoilé, le troisième plus vivement rythmé, fougueux et emporté, le violon souvent l’ornementation captivante d’un piano fluide et volontaire Vers 1925, Paul Kochánski lui fit commande de la Seconde Sonate qui ne fut achevée qu’en 1930. Plus développée, plus aventureuse, l’œuvre, d’une ambiguïté tonale bien assumée, maintient néanmoins certaines caractéristiques de la précédente, l’élan du lumineux premier mouvement s’épanouissant à l’aise, celui du deuxième marqué par le rythme soutenu à la sicilienne et par une lumière plus voilée. Sans doute le plus original, le plus ardu des trois, certainement le plus brillant, le Finale, aux climats sans cesse changeants, passe d’une sombre retenue à un essor vital aux rythmes effrénés qui exige beaucoup des musiciens. La complicité qui existe entre le violoniste anglais et le pianiste hongrois le sert bien, leur maîtrise et leur complémentarité essentielles en général à la renaissance et à la mise en valeur de ces deux partitions d’une force d’âme tout à fait respectable.

En complément du programme viennent trois pièces, composées en 1912, 1919–1920 et 1937, soit avant, entre et après les deux Sonates. Elles illustrent la constance esthétique de Goossens, celle-ci néanmoins croissant en intensité. Sa première œuvre pour violon (ou violoncelle) et piano, la charmante miniature, Old Chinese Folk-song, n’annonce pas encore le drame qui sous-tend le Poème lyrique, mais celui-ci en garde la finesse de structure, la respiration ample et la clarté limpide. Ecrit à l’origine pour violon et orchestre (1919), ce fut le dédicataire, le violoniste André Mangeot, qui en créa les deux versions, la deuxième (1920) avec Eugene Goossens lui-même au piano. Jascha Heifetz mit les deux versions à son répertoire et fit commande d’un concerto et d’une troisième sonate qui malheureusement ne devaient jamais se matérialiser. Il reçut cependant la dédicace d’une pièce aux dimensions plus modestes, la «Romance» librement transcrite de quelques mesures de l’opéra Don Juan de Manara de 1937, qui se définit très agréablement par son titre.

Un ensemble qui a suscité l’intérêt de violonistes aussi célèbres se doit de ne pas laisser indifférent. Les deux instrumentistes, très actifs outre-Manche, interprètent cette intégrale avec conviction, lyrisme et efficacité, le violon de Robert Gibbs plein de caractère, les doigts de Gusztáv Fenyö d’une fougue agile. L’enregistrement bénéficie d’une prise de son claire et équilibrée, à l’acoustique longue. Le résultat est tout à fait plaisant. © 2012 ConcetoNet.com




Jean-Charles Hoffelé
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6:21:22 PM, 11 July 2014
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