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Christine Labroche
ConcertoNet.com, June 2014

A la suite de son intégrale des œuvres orchestrales de Debussy terminée en 2013 (voir ici), Jun Märkl dirige pour Naxos le premier volume de l’intégrale de celles de Toshio Hosokawa (né en 1955). L’orchestre n’est plus le National de Lyon qu’il avait dirigé dès 2007, avant l’intégrale, dans un programme qui associait les deux compositeurs (Naxos 8.570775), mais le National royal d’Ecosse. Le chef allemand, d’origine à moitié japonaise par sa mère, souligne ainsi malgré lui l’étrange affinité qui existe entre certains compositeurs japonais et un orchestre debussyste capable de générer une infinité de timbres évolutifs et de couleurs sonores subtilement fluctuantes.

Ce premier programme se compose de trois concertos récents pour lesquels Märkl fait appel à trois solistes de grand talent, particulièrement en phase avec l’esthétique musicale de Hosokawa: le corniste Stefan Dohr et la pianiste Momo Kodama, dédicataires et créateurs respectivement de Moment of Blossoming (2010) et Lotus under the Moonlight (2006), et, pour Chant (2009), le violoncelliste Anssi Karttunen bien connu en France pour ses fines interprétations des œuvres de Kaija Saariaho et de Magnus Lindberg. Difficilement codifiables aux normes de l’analyse occidentale, les techniques d’écriture de Hosokawa s’éloignent d’un style plus formel, encore sous l’influence d’Isang Yun, Huber ou Ferneyhough, ses maîtres, pour se concentrer sur la substance, sur la composition et l’évolution sonore d’évènements complexes dont le processus temporel, malgré son intensité, n’est plus purement directionnel mais tournoyant et comparable à l’éternelle renaissance des saisons. Aussi, bien que Lotus under the Moonlight, par exemple, soit un hommage à Mozart cité in fine, les attentes de l’auditeur classique doivent souplement se modifier sous peine de passer à côté de l’essentiel.

Quand Hosokawa présente sa musique, il se réfère non aux substantiels moyens techniques qu’il met en œuvre mais, par analogie poétique et spirituelle, à la nature qui l’entoure et qui lui inspire la conduite précise de l’épanouissement de chaque son et l’ordonnance et la haute technicité de chaque séquence de la partition. Les concertos pour cor et pour piano ont en commun le lotus, son habitat, sa germination, sa floraison, sa mort et sa symbolique spirituelle. Chant se fonde sur l’individu (le violoncelle) aux prises avec les forces de la nature (l’orchestre), et sur le style du shômyô, chant liturgique bouddhiste aux traits nuancés en contour et en intensité comme les traces d’un pinceau de calligraphie, ce qui mène à une variété d’archet extraordinaire. Les trois œuvres, bien défendues, ont en commun une dynamisation tout autant verticale que par élans horizontaux, un tempo souvent lent en surface mais polyrythmique et souvent rapide dans l’épaisseur des textures, et la gradation subtile d’événements sonores à la recherche timbrale très poussée.

La prise de son met en avant les solistes mais sans trop rompre l’équilibre des compositions qui situent les instruments solistes dans un écrin bien que cet écrin puisse par moments les dominer toujours par analogie avec un milieu naturel. Stefan Dohr, premier cor soliste du Philharmonique de Berlin (l’un des trois orchestres commanditaires de l’œuvre), excelle grâce à sa musicalité et à une respiration extraordinairement bien contrôlée. Les sons longs de caractère lisse ou rauque émergent d’un orchestre rythmé par strates dont les timbres variés s’étirent en soutien ou s’affirment par de brefs traits contrastés en contradiction.

Le Concerto pour piano, fluide et ornementé, diffère en ce que par nature le son du piano se différencie plus nettement de l’orchestre qui le soutient, malgré le choix d’un réglage assez souple et la couleur moins franche du timbre obtenu notamment dans le grave. De formation partiellement française, interprète mozartienne accomplie en d’autres répertoires dont le celui du XXe siècle et le contemporain, Momo Kodama donne une interprétation intime de l’œuvre, qui en exalte le caractère nocturne. Le thème du deuxième mouvement du Concerto pour piano K. 488 sert de base au matériau et, glissé délicatement comme de source sous les doigts sensibles de la pianiste japonaise, se révèle intact avant la brève conclusion.

Chant est plus conflictuel et plus ouvertement virtuose. Le violoncelle musclé domine l’orchestre, qui prolonge les nuances de son chant en les amplifiant. Les sons enflent et fusent, le timbre complexe du violoncelle ressemblant par moments à un biwa grave. En permanence sous tension, toujours en mouvement dynamique, l’orchestre déploie ses audacieuses couleurs changeantes sur un large ambitus, les points lumineux de la harpe et du piano en contrepoint étrange. Anssi Karttunen y livre une prestation de haute tenue, ses phrasés impeccables, sa force vitale immense.

Pour l’ensemble du programme, Jun Märkl dirige avec une remarquable énergie intériorisée sans concession, la fibre active de l’orchestre et la précision des musiciens menant à un relief orchestral qui valorise le style particulier et le raffinement timbral de ces trois pièces hors du commun. © 2014 ConcertoNet.com






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1:56:43 PM, 24 May 2015
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