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Gilles d’Heyres
ConcertoNet.com, March 2014

BERLIOZ, H.: Troyens (Les) (Royal Opera House, 2012) (NTSC) OA1097D
BERLIOZ, H.: Troyens (Les) (Royal Opera House, 2012) (Blu-ray, HD) OABD7113D

Rares à la scène comme en vidéo eu égard aux moyens considérables qu’ils impliquent de mobiliser, Les Troyens de Berlioz réinvestissaient en 2012 la maison qui, depuis les productions de John Gielgud en 1957 (avec Kubelík à la baguette) et surtout de Minos Volanakis en 1969 (la première représentation intégrale, sous la direction de Colin Davis), symbolise leur seconde patrie après (voire avant) la France: l’Opéra royal de Covent Garden. Cette nouvelle production londonienne bénéficie d’une réalisation soignée (grâce à la caméra experte de François Roussillon) et est éditée en DVD comme en Blu-ray par Opus Arte, quelques interviews (notamment du chef) venant offrir au spectateur une présentation (assez basique) de la partition.

Si l’on salue le professionnalisme de l’entreprise, le résultat d’ensemble suscite une relative déception. Certes, la direction musicale d’Antonio Pappano s’avère confortable. Mais elle manque de tranchant pour le Berlioz décapant de la première partie (...n’est pas Davis ou Gardiner qui veut). Elle se fait plus vive, intelligente et chaleureuse dans la seconde. En témoigne une concentrée et opulente «Chasse royale et orage» et des ballets particulièrement inspirés au quatrième acte. L’excellence de l’Orchestre de Covent Garden n’est, en revanche, jamais prise en défaut—à l’image des ensembles choraux (très bien préparés par Renato Balsadonna), dont on salue l’effort de diction.

C’est précisément ce qui manque à Eva-Maria Westbroek, dont la Didon déçoit en raison d’un français plutôt approximatif. On regrette également une voix chevrotante et un timbre presque nasal—qui gâche notamment «Nuit d’ivresse et d’amour infini». La tragédienne rompue au répertoire germanique—bien qu’ici au bord de l’erreur de casting—trouve néanmoins la puissance adéquate pour enflammer le cinquième acte et réussir in extremis à camper une héroïne digne de Gluck autant que de Berlioz.

De même, Anna Caterina Antonacci—remarquable Cassandre—n’a rien perdu de sa puissance dramatique en scène, mais la voix ne captive pas tout à fait autant qu’au Théâtre du Châtelet neuf ans plus tôt. Sa prononciation est, du reste, admirable, rendant, par contraste, d’autant plus décalés les accents véristes du Chorèbe de Fabio Capitanucci—à la limite du hors sujet.

La meilleure surprise que réserve cette distribution réside en Bryan Hymel (remplaçant Jonas Kaufmann, initialement prévu): un très bel Enée, vaillant au premier acte, juste mais un peu lent à investir vocalement son personnage au début du deuxième, assez admirable aux troisième et quatrième actes (dans un mélange de virilité séductrice face à Didon et d’affection paternelle auprès d’Ascagne). Le ténor américain assume sans complexe, au dernier acte, d’apparaître en anti-héros—fragile, torturé, presque sublime. Si la voix touche parfois à ses limites (tel cet aigu arraché sur l’impossible «bienfaitrice des miens»), on apprécie la vaillance du timbre et la puissance de l’engagement.

Le reste de la distribution est inégal. Aussi vive sur les planches qu’exemplaire dans son chant, Barbara Senator fait un superbe Ascagne. Malgré une diction perfectible, Hanna Hipp offre également une voix solide à Anna et, plus encore, une certaine épaisseur dramatique—par sa présence efficace sinon touchante sur scène. Si Brindley Sherratt chante (dans un beau français) un Narbal imposant (voire impressionnant) et bien que le Panthée d’Ashley Holland tienne son rôle avec héroïsme et panache, les autres hommes déçoivent—à commencer par l’Hector de Jihoon Kim (chevrotant), le Iopas scolaire de Ji-Min Park et l’Hylas d’Ed Lyon (qui exhibe un beau physique mais une voix sans grand charme, affectée d’un timbre opaque).

Surtout, alors que l’on pouvait croire que le gigantisme berliozien stimulerait le talent (incontestable) du metteur en scène écossais, David McVicar cause une déception plus grande encore. En panne d’inspiration, il transpose l’action…un peu n’importe où et n’importe comment, à dire vrai. Ainsi, cette cour royale en exil—aux costumes très XIXe mais qui évoquent curieusement l’Espagne de Charles Quint au premier acte—vient vraiment comme un cheveu sur la soupe, de même que ces ballets sans queue ni tête (pourtant très respectueux des indications de la partition) ou ces maquettes représentant artificiellement Carthage et Rome. On se perd dans la multiplication des allusions (l’armée en déroute—rappelant une guerre napoléonienne plutôt que l’épopée troyenne—le menaçant cheval de fer articulé—évoquant Alien davantage que Virgile—,…) et l’impression d’une vision classique mais lisse prédomine in fine. Rien, en tout cas, qui justifie la recommandation—figurant en allemand sur chacun des deux disques—de ne pas montrer ce spectacle aux mineurs de douze ans!

Restent une réalisation impeccable (les composites mais opulents costumes de Moritz Junge, les impeccables éclairages de Wolfgang Göbbel, les spectaculaires décors d’Es Devlin surtout), ainsi que quelques images fortes—trop rares—comme l’apparition fantomatique d’Hector ensanglanté, rampant devant Enée au deuxième acte. Bref, celui qui recherche des Troyens en vidéo continuera de se tourner vers l’admirable spectacle monté au Châtelet en octobre 2003 (également chez Opus Arte). Et celui qui voudrait entendre une version londonienne trouvera davantage de bonheur dans les disques de Colin Davis (LSO Live). © 2014 ConcertoNet.com






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10:35:49 AM, 26 December 2014
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