Classical Music Home

The World's Leading Classical Music Group

Email Password  
Not a subscriber yet?
Keyword Search
in
 
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...


Christine Labroche
ConcertoNet.com, April 2014

Leevi Madetoja (1887–1947) est sans doute un des plus grands symphonistes finlandais. Malgré le respect révérencieux dont jouissait son aîné mythique, Jean Sibelius, il a su développer en parallèle son propre style et sa propre voix, peut-être moins innovateurs mais d’une plénitude opulente et heureuse. John Storgårds chef principal de l’Orchestre symphonique d’Helsinki, et violoniste de renom, défend avec clarté et passion les trois Symphonies du compositeur, chaque album étant complété par des œuvres significatives de son catalogue.

En prélude à la Deuxième Symphonie, Storgårds propose le poème symphonique Kullervo (1913), l’unique pièce orchestrale de Madetoja qui s’inspire du Kalevala, l’immense épopée nationale qui rayonne encore sur la Finlande et qui à l’époque contribuait à la construction d’une identité nationale. Peut-être était-il freiné par l’ombre de Sibelius, que le Kalevala a si souvent inspiré. Toujours est-il que ce beau poème, malgré la source d’inspiration, relève davantage d’un postromantisme universel que de particularités sonores plus typiquement finlandaises. C’est une houle rhapsodique dont l’énergie, la tension, la détermination féroce et le profond tragique doux-amer évoquent infailliblement le héros maudit qu’était Kullervo. Totalement investis, Storgårds et ses musiciens expressifs soignent l’excellente qualité de l’orchestration aux fines couleurs timbrales, la présence de Kullervo étant soulignée par un motif récurrent de cor rebelle sur tremolo de cordes, tremolo repris par intermittence par différents instruments à vent.

Etant donné la teneur plus personnelle de la Deuxième Symphonie, l’Elégie (1909) de fin de programme est une conclusion tout à fait pertinente. Cette brève pièce pour cordes, première tentative orchestrale d’un Madetoja jeune, est devenu dès 1910 le premier volet de la Sinfoninen sarja mais elle se suffit à elle-même et sa popularité a dépassé celle de la suite. Posé sur un discret ostinato, son caractère élégiaque s’érige en toute simplicité. Les proportions harmoniques et les intervalles thématiques trahissent les origines ostrobothniennes du compositeur, ajoutant une douce fragrance à la mélancolie tendrement douloureuse d’une partition composée peut-être encore légèrement sous l’influence de Sibelius dont Madetoja fut brièvement l’élève.

Dès la fin de ses études auprès de Sibelius, Madetoja entreprit des études à Paris, à Berlin et à Vienne et c’est ainsi que l’on peut percevoir en sa musique une subtile alchimie entre les couleurs et lumières finnoises, l’expressivité russe, la structure germanique et l’élégance et la clarté françaises. Sa Deuxième Symphonie en est un bel exemple. En cours de composition en 1918, pendant et après la guerre civile en Finlande, la symphonie communique un sentiment de tragédie personnelle. Profondément affecté par la mort de son frère tombé à la guerre et par celle de son ami et confrère Tolvo Kuula tué lors d’une rixe, Madetoja semble exprimer son désarroi devant la violence de la guerre et le bouleversement d’une harmonie vitale – il est à noter que le matériau du Jardin de la mort, suite pour piano dédiée à son frère, vient de la Symphonie.

La Deuxième Symphonie est classiquement en quatre mouvements, son originalité venant de l’enchaînement des deux premiers mouvements diurne et nocturne et des deux derniers plus violemment contrastés. Les lignes gracieuses du premier mouvement en son début se transforment, malgré la luminosité d’un lyrisme latent, en un sentiment de désarroi, accentué par les motifs croisés et les rythmes contrariés des strates empilées. La douceur du rallentendo final s’ouvre sur un Andante construit en arche, dont le caractère nocturne et pastoral est intensifié par un hautbois et un cor in distanza. L’orchestre en demi-teintes finement colorées enfle petit à petit, mais le degré d’inquiétude augmente en conséquence, faisant du calme final une illusion fugitive. Le puissant fracas du troisième mouvement, cœur vif de l’œuvre, déferle en de violentes vagues sonores qui ne peuvent qu’évoquer la guerre et le tourment. L’orchestre déploie une palette de couleurs fortes dans un élan continu qui, sur l’agitation tendue des instruments graves, se précipite inexorablement en avant pour s’évanouir dans un lointain possible qui permet l’enchaînement du bref Andantino, au morne lyrisme décanté, épilogue poignant, dévasté, désolé, désespéré.

Les structures élaborées à la verticale, la riche palette de Madetoja et ses clairs-obscurs, les textures fluctuantes aux instruments ou groupes instrumentaux momentanément isolés exigent beaucoup de précision et de doigté avec un phrasé plastique et une expressivité juste mais sans limite. Storgårds et les musiciens d’Helsinki relèvent le défi avec urgence, intensité et conviction. Leur prestation dynamique est enthousiasmante, émouvante et belle. © 2014 ConcertoNet.com



Christophe Huss
Le Devoir, February 2013

Quelle belle surprise de voir Ondine remettre sur la carte et en perspective la superbe et généreuse musique de Leevi Madetoja (1887–1947) ! Le compositeur finlandais nous était surtout connu par des CD sur étiquette Finlandia parus à la fin des années 1980. Petri Sakari a également gravé une intégrale des trois symphonies pour Chandos. Depuis, c’est surtout la musique chorale et vocale qui avait eu les honneurs du disque. John Storgards choisit la 2e Symphonie (1918) et Kullervo (1913), ajoutant une courte Élégie de 1909, la première oeuvre orchestrale du compositeur. Il est toujours intéressant d’entendre la musique d’un épigone doué de Sibelius. Sur ce substrat, Madetoja greffe des influences russes et certaines harmonies évoquent Nielsen. Si vous êtes intéressés par Sibelius, Nielsen et Atterberg et aimez partir à la découverte, la musique épique et altière de Madetoja vous apportera de belles émotions. © 2013 Le Devoir




Christophe Huss
ClassicsTodayFrance.com

Les disques Finlandia qui nous avaient fait découvrir il y a 20 ans la musique de Madetoja (1887–1947), l’un des plus éminents et fidèles continuateurs de Sibelius, sont bien loin. Il est donc très heureux de recevoir ce noble et grand CD qui nous fait une nécessaire “piqûre de rappel” (après une intégrale symphonique de Sakari chez Chandos, moins importante que cette parution).

John Storgards choisit la 2e Symphonie (1918) et Kullervo (1913), ajoutant une courte Élégie de 1909, la première oeuvre orchestrale du compositeur. Madetoja est un épigone doué de Sibelius au même titre que Weinberg est un épigone doué de Chostakovitch.

Dans Kullervo, poème symphonique de 14 minutes, on retrouve les mêmes échos russes (Tchaïkovski) que dans la 1re Symphonie de Sibelius. C’est une oeuvre extrêmement bien ficelée qui tient en haleine. Parfois la musique de Madetoja évoque aussi celle de Carl Nielsen.

La 2e Symphonie (41 minutes) surfe dans un univers évoquant par moment la 2e Symphonie de Sibelius. Mais il n’y a jamais de vain plagiat, c’est très clairement l’essai par un compositeur de prolonger une veine pour trouver une langue musicale finlandaise et à ce titre c’est parfaitement réussi. John Storgards clarifie les plans et aborde la partition sans pathos ni lourdeur.

C’est le moment ou jamais de découvrir Madetoja et on se dit que maintenant ce serait Eduard Tubin qui aurait besoin de la même “piqûre de rappel”. Un dernier mot pour dire que la prise de son est un bonheur absolu de clarté, d’étagement et de beauté des timbres. © 2013 ClassicsTodayFrance.com






Famous Composers Quick Link:
Bach | Beethoven | Chopin | Dowland | Handel | Haydn | Mozart | Glazunov | Schumann | R Strauss | Vivaldi
3:02:45 AM, 26 December 2014
All Naxos Historical, Naxos Classical Archives, Naxos Jazz, Folk and Rock Legends and Naxos Nostalgia titles are not available in the United States and some titles may not be available in Australia and Singapore because these countries have copyright laws that provide or may provide for terms of protection for sound recordings that differ from the rest of the world.
Copyright © 2014 Naxos Digital Services Ltd. All rights reserved.     Terms of Use     Privacy Policy
-212-
Classical Music Home
NOTICE: This site was unavailable for several hours on Saturday, June 25th 2011 due to some unexpected but essential maintenance work. We apologize for any inconvenience.