About this Recording
76034-2 - UNITED STATES Little Grasscals (The): Bluegrass
English  French 

Le bluegrass est un art originaire des Etats-Unis, façonné en Amérique du Nord comme le furent le jazz, la bande dessinée et le baseball. Même si le bluegrass plonge ses racines dans les anciennes ballades et airs de violons des îles Britanniques, il constitue cependant un phénomène qui ne prit véritablement son essor qu’au vingtième siècle. Il s’agit d’un hybride musical qui combine non seulement les musiques des ensembles à cordes d’autrefois, qui se développèrent en Amérique à partir d’airs anglo-celtiques, mais également le blues et le gospel afro-américains. Bien que née en Amérique, cette musique est désormais connue et appréciée dans le monde entier.

A l’instar de la musique des orchestres à cordes dont il est issu, le bluegrass est généralement joué sur instruments à cordes acoustiques: le violon, le banjo, la mandoline, la guitare, la guitare à résonateur et la contrebasse. Mais contrairement aux pratiques des formations à cordes traditionnelles, le bluegrass intègre et, en réalité, requiert que l’on laisse libre cours à l’improvisation de chaque instrument, notamment du violon, du banjo et de la mandoline. On compare d’ailleurs souvent le bluegrass au jazz à cause de cet élément commun d’improvisation spontanée. De plus, le bluegrass se joue généralement dans des tempos rapides et s’accompagne de paroles chantées dans le registre le plus aigu de l’interprète. Ces exécutions extrêmes confèrent au bluegrass une puissante intensité qui captive le public.

Le terme ´ bluegrass ª tire son nom du groupe qui créa ce style : The Blue Grass Boys, le formation de Bill Monroe (1911-1996) que l’on considère à juste titre comme le ´ père du bluegrass ª. Monroe fonda son groupe en 1938 et le nomma ainsi en hommage à son Etat d’origine, le Kentucky (the Blue Grass State, l’Etat de l’herbe bleue). Esprit intensément créatif et indépendant, Monroe eut dès le début l’intention de forger un type particulier d’ensemble à cordes au sein duquel il pourrait intégrer les tempos ébouriffants de son jeu de mandoline et sa voix de ténor haut perchée.

Mais Monroe ne fut pas le seul inventeur du son ´ bluegrass ª. Il nous faut saluer au moins trois générations de musiciens. Certains d’entre eux se sont particulièrement distingués. Au milieu des années 1940, lorsqu’il rejoignit les Blue Grass Boys, le banjoïste Earl Scruggs (né en 1924) introduisit une nouvelle technique de notes répétées à trois doigts. Elaboré en partenariat avec un autre Blue Grass Boy, le chanteur et guitariste Lester Flatt (1914-1979), le style d’Earl Scruggs devint synonyme de bluegrass. Ralph Stanley (né en 1927) et son frère Carter (1925-1966) introduisirent les airs et les harmonies des chansons des Appalaches. Au cours des soixante dernières années, ces musiciens, ainsi que beaucoup d’autres, ont partagé influences et traditions en vue de poursuivre le travail des géants du bluegrass, tout en conservant leur foi dans la tradition et en s’efforçant de faire de nouvelles découvertes et de trouver des sonorités inédites.

Sur ce CD, vous pourrez entendre parmi les meilleurs interprètes du bluegrass de Nashville de la nouvelle génération: l’as de la mandoline Mike Compton ; les formidables violonistes Shad Cobb et Jason Carter ; le disciple de Scruggs, le banjoïste Dave Talbot ; les chanteurs de bluegrass traditionnel Terry Eldredge, Jamie Johnson, Mike Armistead et son père Lester Armistead ; le virtuose de la guitare à résonateur Rob Ickes ; les contrebassistes au jeu ferme et assuré Mike Bub et Terry Smith ; et Booie Beach aux sensationnels et énergiques traits de guitare. Ils déterrent certains des meilleurs morceaux de bluegrass et, dans la grande tradition de cette musique, découvrent ainsi de nouvelles pépites.

Plusieurs de ces morceaux furent enregistrés dans le respect de la tradition de bluegrass, c’est-à-dire en concert avec trois micros, les musiciens assurant le ´ mixage ª en direct en se présentant devant le micro pour leur solo. Il s’agit d’un style d’enregistrement qui a pratiquement disparu dans la country et le pop, mais qui demeure au cœur des traditions vitales du bluegrass. Celle-ci reflète la probité et la spontanéité inaltérable qui continue d’attirer chaque année de nouveaux fans et interprètes vers le bluegrass. Ce qui ne fut qu’une étincelle dans l’œil de Bill Monroe est maintenant devenu un trésor musical américain apprécié dans le monde entier. Laissez-vous conquérir votre tour.

Paul Kingsbury / translated by Pierre-Martin (add last name)

Der Bluegrass ist eine uramerikanische Kunstform, ein nordamerikanisches Original wie der Jazz, die Comicbücher oder Baseball. Seine Wurzeln lassen sich wohl bis zu den alten Balladen und Fiddle-Melodien der Britischen Inseln zurückverfolgen, dennoch ist der Bluegrass ein Phänomen des 20. Jahrhunderts - eine Kreuzung aus der Musik der traditionellen String Bands (Saitenmusik), die sich in Amerika aus anglo-keltischen Einflüssen herausgebildet hat, und des Blues und Gospel der Afroamerikaner. Obwohl alles in Amerika begonnen hat, ist der Bluegrass heute in der ganzen Welt bekannt und beliebt.

Wie die Musik der alten String Bands, aus der er hervorgegangen ist, wird auch der Bluegrass üblicherweise auf akustischen Saiteninstrumenten gespielt: Fiddle, Banjo, Mandoline, Gitarre, Dobro-Gitarre mit Resonator-Verstärkung und Kontrabass. Aber anders als die traditionelle String-Band-Musik bezieht der Bluegrass freie Solo-Improvisationen ein; ja, er verlangt regelrecht danach. Meist stehen Fiddle, Banjo und Mandoline im Vordergrund. Wegen dieser spontanen Improvisationen wird der Bluegrass oft mit dem Jazz verglichen. Außerdem wird der Bluegrass häufig in rasanten Tempi gespielt, und die Gesangspartien liegen gewöhnlich in den höchsten Registern. Diese Extreme verleihen dem Bluegrass die Energie und den Überschwang, der die Hörer so fasziniert.

Der Bluegrass hat seinen Namen von der Band, die diesen Stil kreiert hat - von den Blue Grass Boys, der Band von Bill Monroe (1911-1996), der mit Recht als der Vater des Bluegrass gilt. Er stammte aus Kentucky; seine Band, die er 1938 gegründete, benannte er nach einem der Markenzeichen dieses Bundesstaates, dem blauen Gras. Monroe, ein überaus kreativer und unabhängiger Kopf, hatte von Anfang an im Sinn gehabt, etwas Unverwechselbares zu schaffen, eine String-Band-Musik, die von den halsbrecherischen Tempi seines Mandolinspiels und von der Intensität seiner hohen Tenorstimme lebt.

Monroe war aber nicht der alleinige „Erfinder" des Bluegrass-Sounds - diesen haben wir mindestens drei Generationen von Musikern zu verdanken. Einige sind besonders hervorzuheben: Earl Scruggs (geb. 1924) brachte das blitzschnelle Einzelton-Picking auf dem Banjo, gespielt mit drei Fingern, in den Bluegrass ein, als er Mitte der 1940er Jahre zu den Blue Grass Boys kam. Gemeinsam mit einem anderen ehemaligen Blue Grass Boy, dem Sänger und Gitarristen Lester Flatt (1914-1979), hat Earl Scruggs seinen Banjo-Stil zum Synonym für den Bluegrass gemacht. Ralph Stanley (geb. 1927) und sein Bruder Carter (1925-1966) legten besonderes Gewicht auf die traditionellen Melodien und Harmonien „aus den Bergen". Diese und unzählige andere Musiker haben in den letzten rund sechzig Jahren auf den Größen des Bluegrass aufgebaut und ihre individuellen Einflüsse und Traditionen eingebracht. Sie sind der Tradition treu, aber nicht stehen geblieben, sie sind ihren Weg gegangen, hin zu neuen Formen und neuen Sounds.

Auf der vorliegenden CD werden Sie einige der besten Bluegrass-Pickers der jüngeren Generation aus Nashville hören: Mike Compton an der Mandoline, die Fiddler Shad Cobb und Jason Carter, am Banjo den Scruggs-Schüler Dave Talbot, die Sänger Terry Eldredge, Jamie Johnson, Mike Armistad und Vater Lester Armistad (allesamt Spezialisten des traditionellen Bluegrass), Rob Ickes an der Dobro-Gitarre, die Kontrabassisten Mike Bub und Terry Smith, und schließlich Booie Beach mit seinen aggressiven und aufregenden Läufen auf der Gitarre. Für diese CD sind sie in die Tiefen des Bluegrass hinabgestiegen und haben neue Schätze zu Tage gefördert.

Die Titel sind zum großen Teil so aufgenommen worden, wie Bluegrass traditionell gespielt wird - das heißt live mit drei Mikrophonen. Die Musiker mischen die Musik selbst ab, indem sie bei ihren Soli ans Mikro gehen. Es ist eine Aufnahmetechnik, die im Country und im Pop nahezu verschwunden ist, die sich aber in den lebendigen Traditionen des Bluegrass erhalten hat. Das ist die ungeschminkte Ehrlichkeit und Spontaneität des Bluegrass, die Jahr für Jahr immer neue Fans und Spieler anzieht. Was als ein wildes Funkeln in den Augen von Bill Monroe begonnen hat, ist zu einer musikalischen Kostbarkeit geworden, den Amerikanern und aller Welt zur Freude. Probieren Sie!

Paul Kingsbury / translated by Tilo Kittel


Close the window