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8.223400 - CUI: Suites Nos. 2 and 4 / Le Flibustier
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César Cui Suite N¢X2 op

César Cui

Suite N¢X 2 op. 38

Suite N¢X 4 "A Argenteau" op. 40

Le Flibustier

 

César Cui (1835-1918) était un homme étrange. Comme Borodine, qui ne voulut jamais abandonner sa carrière de professeur de chimie, Cui partagea sa vie entre la composition et sa chaire à l'Académie du génie de Saint-Pétersbourg. Ingénieur militaire, il était spécialiste des fortifications et ses deux livres, Traité de la fortification des camps et Abrégé de l'histoire de la fortification ont été considérés pendant longtemps comme des ouvrages de référence.

 

En 1856, Cui fit la connaissance de Borodine et de Dargomijski, alors qu'il n'était encore qu'un compositeur amateur. Cette rencontre avec les deux grands compositeurs de l'opéra russe eut une influence décisive sur sa carrière de créateur. Assez rapidement, Cui s'intégra au petit cénacle qui allait devenir le célèbre Groupe des Cinq. Cui mit son talent littéraire et sa plume de critique au service du Groupe, défendant le concept d'une musique spécifiquement russe (fondée sur le folklore national). Mais dans ses oeuvres, il n'appliqua pas du tout les préceptes qu'il recommandait dans ses écrits. Ceux-ci furent publiés entre 1864 et 1868 dans la Revue et Gazette musicale, puis en 1880 à Paris, en français.

 

Bien qu'il fut le porte-parole le plus actif du Groupe des Cinq, César Cui fut toujours en retrait par rapport aux positions les plus nationalistes de l'Ecole russe. Ses origines mi-françaises - son père était un officier de l'armée napoléonienne-mi-lithuaniennes l'incitèrent très rapidement à concevoir la musique à l'échelle de l'Europe et à négliger le recours au folklore typiquement russe. Compositeur fécond d'opéras - il en écrivit une dizaine - Cui affectionnait les sujets étrangers, français la plupart du temps - citons notamment Angelo, Saratsin, Mam'sell Fifiet Matteo Falcone, inspirés respectivement par Hugo, Dumas, Maupassant et Mérimée. Le Flibustier, dont le livret est tiré d'une pièce de Jean Richepin, fut représenté pour la première fois à l'Opéra-Comique en 1894.

 

"Je n'ai pas le sensde la musique russe dans les veines." Cui ne faisait aucun mystère de son attirance pour la culture de l'Europe de l'Ouest et c'est d'ailleurs en Belgique qu'il remporta ses premiers succès comme compositeur d'opéras. En 1883, par le truchement de ses écrits qui y avaient été diffusés, il fit la connaissance de la Comtesse de Mercy-Argenteau qui allait devenir par la suite sa première biographe et sa première mécène. La comtesse s'intéressa à sa musique; en 1886, à Liège, elle fit représenter son opéra le Prisonnier du Caucase, d'après Pouchkine.

 

Pour remercier la comtesse, Cui composa une oeuvre pour piano A Argenteau. En 1887, il en orchestra les numéros l, 5, 4, 8 et 9 (dans cet ordre précis) afin de constituer sa Suite opus 40 qui, elle aussi, est dédiée à la bienveillante mécène. La Suite Nº 2 opus 38 date également de 1887. Compositeur honnête - ni génial, ni superficiel-, César Cui mérite mieux que l'indifférence dans laquelle on tient son oeuvre aujourd'hui. "Cui n'avait ni inclination ni habileté pour l'orchestration." Ce célèbre jugement de Rimski-Korsakov à son égard paraît désormais bien sévère et bien injuste.

 

© 1993 Dominique Druhen


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