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8.553919 - DUPRE: Works for Organ, Vol. 4
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Marcel Dupré (1886-1971)
L'Œuvre pour orgue, volume 4

Compositeur précoce, organiste virtuose, improvisateur exceptionnel, Marcel Dupré (1886-1971) est actuellement célébré et commémoré pour ses talents extraodinaires à son instrument. Enseignant passionné qui influença toute une génération d'artistes, il nous livra cependant des œuvres personnelles de styles variés, non seulement pour orgue seul mais aussi dans des combinaisons orchestrales et vocales multiples. Ce disque, le quatrième à paraître dans cette collection consacrée à l'intégrale de la musique pour orgue de Dupré, offre un raccourci saisissant avec sa première œuvre pour orgue de 1912, Trois préludes et fugues op. 7 et sa dernière Vitroil op. 65.

Marcel Dupré naquit le 3 mai 1886 à Rouen dans une famille de musicians: ses deux grands-pères étaient organistes et maîtres de chapelle; son père, Albert, chef de chœur d'une société chorale et organiste à l'église Saint-Ouen de Rouen. L'orgue y avait été inauguré en 1890 par Charles-Marie Widor (1845-1937) qui l'avait qualifié de "Michel-Ange de l'orgue". Sa mère était violoncelliste et excellente pianiste. Très tôt, le jeune Marcel apprit la musique avec son père; à dix ans il donnait son premier récital d'œuvres de Bach, à douze ans il fut nommé organiste de l'église Saint-Vivien à Rouen et à quinze ans sa première œuvre chorale fut interprétée en famille.

En 1898, Marcel devint élève de Félix Guilmant, puis fut admis au Conservatoire de Paris (1902-14) où il étudia le piano avec Louis Diémer, l'orgue àvec Guilmant et Louis Vierne, l'orgue et la fugue avec Widor dont il devint l'assistant à Saint-Sulpice dès 1906. Cette église avec son magnifique instrument Cavaillé-Coll devait demeurer son port d'attache sa vie durant. Trois Préludes et Fugues pour orgue op. 7 fut écrit en 1912, alors qu'il était en pleine préparation pour le Prix de Rome dont il obtint le Premier Grand Prix en 1914. Première composition pour son instrument d'élection, elle dut son succès à l'interprétation magnifique qu'il donna à Londres en 1920. Ces trois pièces, dont la forme de Prélude et Fugue n'est pas sans évoquer son maître lointain, J.S. Bach, furent immédiatement imprimée par Leduc et la troisième mise au concours d'orgue du Royal College of Music. Le Prélude en si bémol majeur est caractéristique des toccatas pour orgue françaises, où de rapides motifs manualiter se voient accompagnés par une ligne grandiose au pédalier. Les jeux de quartes et de quintes eu forme de carillon sont repris dans la Fugue. De nature intimiste, le Prélude et Fugue en fa mineur s'articule autour d'un motif chantant commun en staccato de doubles croches. Le Prélude en sol mineur, fluide, retrouve le calme du précédent dans une mélodie énoncée d'abord simplement au pédalier puis dans des accords de sept notes. Avec la Fugue, l'allégresse énergique réapparaît dans une atmosphère chargée. Le principal thème du Prélude est réitéré et s'impose progressivement jusqu'à une conclusion flamboyante.

Entre 1916 et 1920, en remplacement de Vierne souffrant, il devint organiste à Notre-Dame où ses dons pour l'improvisation liturgique furent rapidement reconnus. En 1920 il put faire entendre le résultat de ses années d'étude du répertoire pour orgue de Bach, dans une série de dix récitals devenus célèbres. Sa réputation était alors assurée en France. En décembre de la même année, il se produisit pour la première fois à l'étranger, dans la salle comble du Royal Albert Hall, à Londres et en 1921 à New York à l'invitation de John Wanamaker, le fondateur d'une célèbre chaîne de magasins aux Etats-Unis dans lesquels trônaient de superbes orgues. Ce fut le début d'une tournée de récitals qui devaient marquer l'envol de sa catrière internationale. Durant cette période, il fit la rencontre de Rollin Smith qui devait ultérieurement noter ses improvisations enregistrées telles les Variations on Adeste Fideles, une Improvisation ponr orgue.

Vitrail op. 65 naquit également d'une improvisation de 1961, tirant son inspiration d'un vitrail de l'Eglise Saint Patrice de Rouen. Quelques années plus tard, en 1969, le compositeur la reprit pour réaliser une œuvre en six sections semblant s'inspirer du vitrail-est où figurait la Résurrection. La première section agitée, représentant la Chute (à la base du vitrail) est exécutée aux grandes orgues avec un motif particulier au pédalier; la deuxième, plus lente, exploite une mélodie dans le registre aigu, tandis que la troisième également aux grandes orgues déploie un hymne ancien qui avec le retour de la musique initiale représente la Crucifixion. Le passage suivant est d'une douce fluidité aux flûtes dans le registre aigu, tandis que la cinquième section reprend une allure apaisée où l'hymne précédent est réitéré. Le finale Allegro, la Résurrection, s'inscrit dans une apothéose magnifique vers un accord de sol majeur triumphant.

A partir de 1921 s'était ouverte une période de maturité établissant les compositions les plus significatives pour l'orgue, avec entre autre son Cortège et Litanie op. 19 de 1922, sa Symphonie en sol mineur pour orgue et orchestre op. 25 de 1928 (Naxos 8.553922). Les 79 Chorals op. 28 datent de cette période, alors que Dupré vouait une grande partie de son temps à l'enseignement Ils furent conçus durant l'été 1931 près des plages ensoleillées de Biarritz, comme une étape préparatoire aux chorals de Bach, souvent difficile à aborder pour les étudiants.

En 1966, à quatre-vingts ans, Dupré se livrait moins souvent à la composition et à l'exécution qu'auparavant. Henry et Enid Woodward lui demandèrent de concevoir une œuvre pour leur Bibliothèque de la musique d'orgue, que Dupré livra avec Méditation, qui ne comporte aucun numéro d'opus.

La Paraphrase sur Te Deum op. 43 fut composée au sortir de la guerre en 1946 et révèle le chemin parcouru depuis les Préludes et Fugues op. 7 par lesquels débute ce disque. Le style est clairement personnel, l'harmonie riche, la grandeur profonde et expressive. Des caractéristiques que Dupré sut sa vie durant allier à une talent inouï pour l'improvisation, une sûreté technique de virtuose, une recherche compositionnelle qui influencèrent des générations d'organistes.

Version française: Isabelle Battioni


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