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8.553925 - RINCK: Works for Organ
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Johann Christian Heinrich Rinck (1770-1846)
Œuvres pour orgue

Né vingt ans après la mort de Jean-Sébastien Bach et disparu un an avant Felix Mendelssohn, Johann Christian Heinrich Rinck est un organiste et compositeur assez oublié aujourd'hui qui bénéficia toutefois en son temps d'une brillante réputation.

C'est le 18 février 1770 à Elgersburg, en Thuringe, qu'il vit le jour dans une famille musicienne. De son père, organiste et professeur, Rinck reçut les premiers rudiments de son art, puis étudia avec Abich, Junghanss et Kirchner avant de travailler, de 1786 à 1789, auprès d'un ancien élève de Bach: Johann Christian Kittel. Disciple parmi les plus remarquables du Cantor, ce dernier estimait grandement le talent de Rinck – il en fit d'ailleurs très rapidement son assistant à la tribune de la Predigerkirche d'Erfurt.

En 1789, Rinck devint organiste de la principale église de Giessen et fut peu de temps après nommé directeur du département musical de l'Université de cette cité. Au bout de six ans, le musicien présenta sa candidature au poste de cantor et d'organiste de la principale église de Darmstadt. Avec succès! L'estime dans laquelle on le tenait lui valut par ailleurs d'être fait organiste puis musicien de la chambre du grand-duc Louis ler au cours des années 1810. A partir de 1805, la majeure partie de son existence se déroula donc à Darmstadt où il devait décéder le 7 août 1846.

Les dons musicaux de Rinck s'exercèrent dans bien des domaines: orgue, enseignement, expertise d'instruments et composition. Il n'effectua sans doute qu'un petit nombre de tournées, mais elles suffirent pour asseoir sa réputation de virtuose, tandis que ses compositions – où l'on trouve non seulement des pièces d'orgue mais aussi de la musique vocale et de chambre -, largement diffusées en Europe (France et Angleterre surtout), étaient connues et appréciées.

Pédagogue très influent, Rinck marqua toute une génération d'organistes en Allemagne, en particulier Adolf Friedrich Hesse (1808-1863), son principal élève, qui mena ensuite une carrière internationale et propagea l'esthétique de son maître au-delà des frontières allemandes.

Les années que Rinck passa aux côtés de Kittel contribuèrent, on s'en doute, à attirer son attention sur la musique de J.S. Bach et l'on décèle de nombreuses influences de celle-ci dans ses compositions. Toutefois, loin de ne songer qu'au passé, Rinck s'intéressa aussi à la musique de son temps – il avait vu le jour la même année que Beethoven – et son écriture reflète cette grande variété d'apports. Les ouvrages de Rinck connurent immédiatement un succès immédiat auprès des organistes et il était courant de trouver sa signature dans les recueils liturgiques de l'époque.

Parfois connu sous le titre de Concertstück, l'Introduction et Fugue en mi bémol majeur constitue un riche diptyque où un premier volet, d'une grande densité thématique, précède une double fugue d'une vigueur toute haendelienne – qui explique sans doute le succès de l'ouvrage en Angleterre – dont le le premier sujet, relativement sévère, contraste avec le second, plus fleuri.

On entendra d'autre part ici trois exemples des nombreux cycles de variations que composa le musicien allemand. C'est à Corelli que Rinck a emprunté le thème de son Opus 56. Très simplement énoncé, le motif générateur de l'ouvrage est suivi de six variations aux atmosphères variées qui font appel à toutes les ressources techniques de l'instrument.

Rinck, on l'a précédemment noté, afficha souvent un goût prononcé pour une écriture très contrapuntique. Cependant, le Trio en si mineur l'atteste, cette rigueur de langage n'excluait pas un langage extrêmement lyrique et expressif.

La remarque vaut autant pour les très belles Variations sur le choral "Freu dich sehr, o meine Seele" où Rinck tire parti avec un art consommé de la palette de couleurs de l'instrument.

Il mérite plus d'éloges encore en ce domaine dans les deux ouvrages qui suivent: le Concerto pour flûte et les Variations sur le choral "Heil dir im Siegerkranz". Ces deux réalisations font partie de la Pracktische Orgel-Schule, op. 55 que Rinck fit éditer en six parties séparées entre 1819 et 1821 et qui connut un immense succès en Europe mais également aux Etats-Unis tout comme en Amérique latine.

A première vue, le Concerto a tout d'une réduction pour orgue ou piano d'une composition orchestrale. A l'aide de moyens techniques très originaux – ex: trémolos d'octaves –, le compositeur y suggère parfaitement l'opposition entre le soliste et la masse orchestrale.

Enfin, les Variations sur "Heil dir im Siegerkranz", par la science de la registration à laquelle elles font appel, fournissent une conclusion pleine de nuances et de relief à ce CD.

Traduction © 1997 Frédéric Castello


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