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8.553960 - CANNABICH: Symphonies Nos. 59, 63, 64, 67 and 68
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Christian Cannabich (1731-1798)
Symphonies nos. 59, 63, 64, 67, 68

Christian Cannabich naquit à Mannheim le 28 décembre 1731. Il étudia le violon auprès de Johann Stamitz, passa quelque temps en Italie afin de se perfectionner et revint à Mannheim à la fin de 1756 ou au début de 1757, entrant comme troisième premier violon dans l'orchestre dont il devint konzertmeister deux ans plus tard. L'orchestre de Mannheim, dont Charles Burney dirait en 1772 qu'il était une armée de généraux aussi aptes à planifier une bataille qu'à la livrer, était fameux pour un certain nombre d'innovations apportées dans le domaine de la musique symphonique, et avait en particulier contribué à faire du konzertmeister le directeur de l'orchestre, fonction jusque-là exercée par le claveciniste en charge de la basse continue. En 1764 Cannabich se rendit à Paris où l'on commençait à apprécier les symphonies de Mannheim, y revenant plusieurs fois et faisant en 1766 la connaissance des Mozart, s'attirant quelques années plus tard un commentaire de Wolfgang Amadeus – dans une lettre à son père – faisant de lui le meilleur chef d'orchestre qu'il lui avait été donné de rencontrer. En 1774 Cannabich fut nommé directeur de la musique instrumentale à la cour de Mannheim, et à la fin de 1777 il suivit l'Électeur palatin à l'occasion du transfert de la cour à Munich. L'orchestre de Munich à son sommet employait trente-quatre violonistes, sept altistes, huit violoncellistes, six contrebassistes, sept flûtistes, cinq hautboïstes, quatre clarinettistes, cinq bassonistes et huit cornistes, mais le personnel musical de la cour fut plus tard réduit de quatre-vingt-quinze à soixante-dix personnes et sa rémunération réduite. Christian Cannabich mournt le 20 janvier 1798, laissant plus de soixante-dix symphonies, dont la plupart avaient été composées à Mannheim.

Illustration du style qui fit la renommée de la ville et de son orchestre, on retrouve dans la présente sélection toutes les caractéristiques de ces symphonies: mélodiques, telles le vigoureux unisson de l'introduction lente de la Symphonie nº 63, la forme séquentielle du premier thème de la Symphonie nº 64 ou les sauts de violons dans le final de la Symphonie nº 59; dynamiques, avec une utilisation d'un raffinement sans précédent des nuances et en particulier du crescendo qui s'il n'était pas nouveau, était pour la première fois expressément spécifié dans les partitions; instrumentales enfin, complétant le tableau d'une musique passant du noir et blanc à la couleur, avec le déploiement d'un orchestre plus diversifié et l'importance nouvelle accordée à la clarinette, présente dans trois des cinq symphonies réunies ici.

L'Allegro initial de la Symphonie nº 59 en ré majeur (pour un orchestre traditionnel comprenant 2 hautbois, 2 cors et les cordes) débute par une puissante affirmation de la tonique et de la dominante de la tonalité principale, avec un motif initial que se partagent les premiers et les seconds violons et que les hautbois, s'émancipant des violons qu'ils n'ont d'abord fait que doubler, complètent. Le second mouvement, Andante en sol majeur, s'enchaîne directement à un Presto dont le thème principal récurrent s'oppose à un épisode secondaire en triolets.

La Symphonie nº 63 en ré majeur (pour un orchestre où l'effectif de la symphonie précédente s'enrichit de deux clarinettes, deux bassons, deux trompettes et de timbales) débute par une introduction lente menant à un Allegro classique. Le mouvement lent, Andante moderato en la majeur, permet à Cannabich de jouer des couleurs de son orchestre, en particulier celles du hautbois et de la clarinette. Le Presto final est de forme tripartite classique.

La Symphonie nº 64 en fa majeur (hautbois, bassons et cors par deux, et cordes) se distingue par l'existence d'une seconde partie d'altos.

La Symphonie nº 67 en sol majeur utilise elle une flûte (outre les hautbois et cors par deux, et les cordes) qui ajoute sa couleur propre à une répétition du premier sujet et joue un rôle important dans le second. Le thème principal de l'Andante con moto en ut majeur est confié aux seules cordes, la véritable entrée des vents se faisant attendre jusqu'à la seconde moitié en la mineur du mouvement. Le thème principal revient alors, suivi d'une excursion en ut mineur et de sa reprise en conclusion. Le Presto final au premier sujet séquentiel explore des tonalités plus éloignées et utilise des techniques et textures variées, dont l'utilisation de cordes en pizzicato et de puissants contrastes dynamiques.

L'Allegro de la Symphonie nº 68 en si bémol majeur (pour hautbois, clarinettes, bassons et cors par deux, et les cordes) démarre par l'affirmation attendue de la tonalité principale, Cannabich faisant ici pleinement usage des possibilités de contrastes entre vents et cordes. L'Andante moderato assai en mi bémol majeur débute avec les cors, auxquels répondent les violons. Comme dans les autres mouvements lents, l'exposition est répétée. La symphonie s'achève par un Allegro vivace dont le second sujet contrastant, introduit par les bois est précédé d'un diminuendo.

Adapté par Philippe Danel


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