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8.554273 - DANZI: Bassoon Concertos
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Franz Danzi (1763-1826)
Concertos pour basson

 

A l'époque de Danzi, la culture musicale européenne, patronnée par la noblesse, était florissante. D'importants compositeurs étaient engagés pour diriger de la musique de cour et l'orchestre de Mannheim, par exemple, était particulièrement reconnu. C'est là que Franz Danzi vit le jour, le 15 mai 1763. Son père, Innocenz Danzi, était violoncelliste de l'orchestre de la cour de l'Electeur Karl Theodor depuis 1754. Il réalisa vite les dons musicaux de son fils et les encouragea en lui apprenant le piano, le violoncelle et le chant. A quinze ans, Franz put se joindre à l'orchestre. Sa sœur Franziska y était employée comme cantatrice depuis 1770. Danzi étudia également la composition avec l'Abbé Vogler et son premier opéra, Azakia, fut représenté en 1780. Il travailla aussi pour la publication culturelle de Munich Aurora et pour l'Allgemeine Musikalische Zeitung de Leipzig. L'éditeur de ce journal, Friedrich Rochlitz, parlait de Danzi en termes fort élogieux, le considérant extrêmement doué en matière de musique vocale.

En 1777, l'Electeur dut partir s'installer à Muuich. Trente-deux des musiciens de Mannheim, au nombre desquels Innocenz Danzi, le suivirent un an après, s'intégrant aux musiciens de la cour de Muuich. Franz Danzi s'établit à Mannheim avec le reste de l'orchestre en tant que violoncelliste et répétiteur jusqu'à ce qu'il succède à son père, qui prit sa retraite en 1783. Il avait entre-temps composé trois opéras, qui furent tous représentés ultérieurement à Munich. En 1790 Danzi épousa la cantatrice Margarethe Marchand, élève de Leopold Mozart. En 1791 il quitta Munich et entama une série de tournées avec sa femme; celle-ci prit fin à Prague, où il fut nommé Kapellmeister de la compagnie lyrique Guardasoni. Il fut ensuite engagé à Venise et Florence, y rencontrant un succès considérable.

Après cinq ans de tournées, la santé de sa femme s'en étant ressentie, il chercha un poste stable à Munich et en 1798 il devint Vice-Kapellmeister de la cour de Bavière, responsable des opéras et de la musique sacrée. La mort de sa femme en 1800 et le manque de possibilités d'améliorer sa situation le poussèrent en 1807 à accepter la position de Kapellmeister à la cour du roi Friedrich Wilhelm Karl de Württemberg. C'est à cette époque qu'il rencontra Ludwig Spohr qui, dans ses mémoires, décrit Danzi comme un homme affable partageant son admiration pour Mozart. C'est pendant son séjour à Stuttgart que Danzi devint l'ami de Carl Maria von Weber. Il dirigea son opéra Abu Hassan et lui apporta son soutien. La correspondance de Weber montre à quel point il respectait son aîné et ami. En 1812, peu après avoir trouvé un poste à Waisenhaus, Danzi déménagea encore une fois, cette fois pour la cour de Karlsruhe. Grâce à son expérience, il put améliorer le niveau de l'orchestre et donna les grands opéras de Mozart, Beethoven, Cherubini et surtout Weber. Il mourut en 1826. Les compositions de Danzi incluent entre autres des opéras, des oratorios, des messes, des chœurs, des symphonies, des concertos, des quatuors à cordes, des quintettes pour vents, des mélodies, des sonates etc., souvent jouées et publiées de son vivant.

Lorsque le clarinettiste Romeo Orsi vint à Vienne en 1866, le critique Hanslick écrivit: "Retournez à votre orchestre! C'est là que nous pouvons apprécier les clarinettistes, les hautboïstes et les bassonistes; nous en avons soupé de ces hordes d'artistes itinérants." L'âge d'or des virtuoses des instruments à vents était alors révolu depuis près de quarante ans. Danzi les avait dirigés ou avait écrit des morceaux pour eux, leur meilleure année ayant été, du moins à Leipzig, 1798. Toutefois l'avènement de virtuoses comme Franz Liszt et Nicolò Paganini fit grand tort aux instruments à vent et à partir de 1830 environ, ils disparurent presque entièrement des programmes de concert. Aujourd'hui, les instruments à vent ont regagné les faveurs du public, notamment soutenus par les médias. Lors de mes études, jusqu'à 1958, on ne connaissait Danzi que comme compositeur de quintettes pour vents. A présent, la plupart de ses œuvres instrumentales ont été interprétées ou publiées à nouveau. Ce compositeur, longtemps considéré comme un petit maître, représente un lien important entre le classicisme et le romantisme, et le présent disque témoigne d'une musique qui, sans être profonde, est charmante et bien écrite.

Trois des quatre concertos pour basson présentés ici ont été édités; le Concerto en sol mineur a été préparé par Albrecht Holder pour être publié chez Accolade-Verlag. Selon Joachim Veit, il existerait un cinquième Concerto, en fa majeur. On semble avoir perdu les manuscrits d'un Concertante pour deux bassons et d'un Concertino pour basson. Le Concerto en sol mineur comporte trois mouvements, dont le dernier est une Polonaise. Il date probablement du séjour de Danzi à Stuttgart et fut sans doute composé pour le bassoniste Anton Romberg de Donaueschingen. Le troisième et dernier mouvement du Concerto nº1 enta majeur est une série de variations sur une chanson populaire autrichienne aussi utilisée par Weber. J'ai ajouté deux cadences à ces variations hautement virtuoses. Publié en 1984 dans une édition de Joachim Veit, il fut sans doute créé le 20 janvier 1805 à Munich avec le soliste Franz Lang. Le Concerto en ut majeur comporte également trois mouvements, avec un rondo final donnant un bel exemple de technique d'ornementation. Publié en 1982, il fut sans doute composé pour Munich. J'ai écrit la cadence de son premier mouvement Le Concerto nº2 en fa majeur est le plus connu et fut publié en 1963 dans une édition du Dr Robert Münster. Son introduction orchestrale symphonique, ses alternances de thèmes lyriques et passages virtuoses, ses modulations majeures et mineures et sa vaste palette harmonique font du premier mouvement un particulièrement bel exemple de l'écriture de Danzi. Les second et troisième mouvements nous présentent une sorte de drame en musique et la Polonaise donne au soliste l'occasion de déployer sa technique.

Version française: David Ylla-Somers


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