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8.554321 - BARTÓK, B.: Violin Concertos Nos. 1 and 2 (G. Pauk, Polish National Radio Symphony, Wit)
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Béla Bartók (1881-1945)
Concertos pour violon et orchestre

Vénéré dans l'histoire de la Hongrie comme étant son plus grand compositeur, Béla Bartók continue à voir monter sa côte de popularité alors que le siècle et le millénaire touchent à leur fin. On ne peut guère douter qu'à l'avenir son nom figurera parmi les plus grands compositeurs de la première moitié du vingtième siècle, et que sa musique va perdurer au-delà des inévitables changements de goût dans la future musique 'classique'. Son emploi novateur de la musique populaire de l'Europe de l'est comme source d'inspiration très importante pour ses compositions, nous a légué une œuvre d'une grande individualité et fraîcheur, même plus de cinquante ans après sa mort. Il demeure hors pair dans son style, qui transcende les barrières d'art et du folklore, d'est et d'ouest, et certains prétendeut que son influence peut être ressentie dans la musique 'fusion'. Au fur et à mesure que les détails de sa vie et de son caractère émergent, nous nous rendous compte que ce génie était à la fois uon seulement compositeur, interprète, professeur et ethnomusicologue, mais aussi un homme passionné par les lois de la nature, avec une personnalité possédant quelques aspects originaux.

Le Premier concerto pour violon et orchestre, son premier essai dans le genre concertant, fut composé en 1907-08, l'œuvre d'un compositeur relativement jenne, et démontre un changement considérable de style depuis sa première œuvre majeure, le poème symphonique Kossuth (1903). Sa collaboration en matière de musique populaire avec Zoltán Kodály commence en 1905, et lorsque Bartók aborde son Premier Concerto pour violon et orchestre il a déjà publié ses premiers arrangements de chansons populaires hongroises, a déjà commencé à recueillir la musique populaire à l'aide d'un phonographe d'Edison, et a entamé son exploration de la musique populaire roumaine. On a également remarqué l'influence de la musique de Debussy et de Reger dans les œuvres de cette période.

Il est à peine possible de parler de cette œuvre sans mentionner Stefi Geyer, jeune violoniste dont Bartók s'était complètement entiché. Pendant la composition de l'œuvre il était de toute évidence profondément amoureux d'elle, et il est certain que cette œuvre, qui lui est dédiée, est l'expression musicale de ses sentiments. Plus tard, Geyer elle-même décrivit le premier mouvement comme étant 'la jeune fille qu'il avait aimée' et le deuxième mouvement comme étant 'le violoniste qu'il avait admiré'. Pour Bartók, le premier mouvement était sa musique la plus 'directe', 'écrite exclusivement du cœur'. Le motif du début (ré-fa dièse-la-do dièse) est le germe de l'œuvre, et on en trouve bien des allusions dans des œuvres postérieures, y compris dans sa composition ultime, le Concerto pour alto et orchestre de 1945. Dans une lettre à Geyer écrite en septembre 1907, Bartók appelle 'ton leitmotiv' sa forme mineure (do dièse-mi-sol dièse-si dièse). Ce motif est également employé, peut-être par pur hasard, par Vernon Duke dans I Can't Get Started (1935). Geyer ne joua jamais l'œuvre et, en fait, la version originale avec deux mouvements ne fut créée qu'après sa mort, le 30 mai 1958 à Bâle, avec Hans-Heinz Schneeberg au violon sous la direction de Paul Sacher. Auparavant, le premier mouvement, avec de petites modifications, devint le premier des Deux Portraits, le deuxième étant une version orchestrale de la dernière des Quatorze bagatelles, avec un nouveau titre: 'Grotesque'.

Le Deuxième concerto pour violon et orchestre, tout comme le premier, fut dédié à un violoniste. Les mots 'À mon cher ami Zoltán Székely' montre la profondeur de leur amitié et de leurs relations professionnelles. Après la composition des Deux Rapsodies pour viulon en 1928, Bartók invita Székely à en choisir une pour en devenir le dédicataire. Celui-ci choisit la deuxième, et la première fut, par la suite, dédiée à Joseph Szigeti.

L'étroite implication de Székely dans la genèse de cette œuvre est particulièrement intéressante. En tant que commanditaire du concerto, il s'intéressait fortement à son élaboration, proférant des conseils au compositeur pendant les répétitions avec violon et piano. Parmi ses suggestions figuraient le changement et le rajout de certaines notes, la modification d'articulations, et même une refonte de certains aspects de la structure. À l'origine, Bartók proposa une œuvre en un seul mouvement avec variations, mais Székely protesta, désirant une 'vraie' œuvre en trois mouvements. La conclusion originale de l'œuvre ne comportait pas de partie de violon solo. À nouveau, Székely demanda que l'œuvre se termine 'comme un concerto, pas une symphonie'. Bartók s'y plia en fournissant une autre fin, laissant toutefois la version originale à la disposition des interprètes.

Malgré le fait qu'il acceptât de composer une œuvre en trois mouvements, Bartók eut le dernier mot, ainsi que l'on peut voir dans une lettre à Székely qui traite du troisième mouvement: 'à proprement parler, il s'agit d'une variation libre du premier mouvement (j'ai pu donc déjouer votre jeu. J'ai écrit des variations quand même)'.

Bien que cette œuvre fasse preuve d'un emploi extrêmement raffiné de structures dodécaphoniques, d'imitation, de certains aspects de la tonalité et du rythme, sa saveur provient de la musique populaire, et le thème du début est expressément dérivé de danses populaires recueillies auprès de paysans-violonistes de la Transylvanie.

Traduction: Jeremy Drake


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