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8.554809 - RHEINBERGER, J.G.: Organ Works, Vol. 4 (Rubsam)
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Joseph Gabriel

RHEINBERGER

(1839-1901)

Oeuvres pour orgue, Volume 4

Wolfgang Rübsam

Orgue de la Cathédrale de Fulda

Sonate No.10 en si mineur, Op.146

[1] Prélude et fugue: Molto moderato – Poco più mosso, maestoso

[2] Thème et variations: AndanteIntermezzo: Andantino

[3] Fantaisie et Finale: Quasi adagio – Allegro non troppo

Cinq Trios pour orgue, Op.189, Nos.1-5

[4] I. Andantino amabile

[5] II. Moderato

[6] III. Allegretto

[7] IV. Quasi adagio

[8] V. Moderato

Sonate No.11 en ré mineur, Op.148

[9] Agitato: Allegro

[10]Cantilene: Adagio

[11]Intermezzo: Moderato

[12]Fugue: Con moto

Joseph Gabriel Rheinberger (1839-1901): Oeuvres pour orgue, Volume 4

Si Joseph Gabriel Rheinberger reste peu connu du grand public, les organistes se souviendront de lui pour avoir considérablement augmenté le répertoire de l’orgue, notamment avec ses vingt sonates. Professeur hautement estimé par ses contemporains, il a su préserver les normes classiques dans un monde toujours changeant, et sa musique liturgique catholique est encore parfois jouée.

Rheinberger est né en 1839 à Vaduz, capitale de la principauté du Liechtenstein, d’un père trésorier du Prince. Il reçut ses premières leçons d’orgue à l’âge de 5 ans, et fut capable deux ans plus tard de servir comme organiste à Vaduz, où il s’essaya à la composition. En 1848, son éducation musicale s’intensifia à Feldkirch auprès du chef de choeur Philipp Schmutzer, lui-même formé à Prague. Rheinberger se familiarisa avec la musique de Bach, de Mozart et de Beethoven. C’est sur les recommandations du compositeur Matthäus Nagiller que son père l’autorisa en 1851 à étudier au Conservatoire de Munich. Julius Joseph Maier, un élève de Moritz Hauptmann lui-même élève de Spohr et fondateur de La Bach Gesellschaft (Société des amis de Bach) lui enseigna la théorie de la musique ; le virtuose Johann Georg Herzog ayant rejoint l’équipe enseignante du conservatoire en 1850 fut son professeur d’orgue, et Julius Emil Leonhard, son professeur de piano. Rheinberger prit également des leçons particulières avec Franz Lachner, qui avait fait partie du cercle de Schubert à Vienne. Lors de ses trois années d’études, Rheinberger montra qu’il était remarquablement doué pour l’orgue et qu’il maîtrisait déjà le contrepoint et la fugue. Dans les années 1850, il ne cessa de composer, produisant notamment trois opéras et trois symphonies qui ne furent cependant pas publiés. C’est en 1859, l’année de son entrée au conservatoire de Munich en tant que professeur de piano puis de théorie de la musique, que fut publiée sa première oeuvre, une série de pièces pour piano. Rheinberger fut ensuite organiste à l’Eglise de St Michael, directeur de l’Oratorienverein, répétiteur à l’Opéra de la Cour, et dès 1867, professeur d’orgue et de composition au conservatoire, position qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1901. Il fut également nommé maître de chapelle de la Cour en 1877, et reçu les honneurs académiques à Munich et à l’étranger. Pédagogue réputé, il compta parmi ses élèves Humperdinck, Wolf-Ferrari et Furtwängler, et leur inculqua le respect des principes classiques fondamentaux. Son mariage en 1867 avec la veuve Franziska von Hoffnaass, qui avait été son élève, donna lieu à la mise en musique de plusieurs poèmes de cette dernière, poèmes qui s’inscrivent dans une oeuvre étendue et variée. Ses compositions pour orgue gardent une place dans le répertoire actuel et sont depuis longtemps considérées comme un élément essentiel dans la formation de générations d’organistes.

La Sonate No.10 en si mineur Opus 146, écrite aux environ de 1886, s’ouvre sur un Prélude et Fugue. Le prélude débute avec une pédale tonique prolongée, une note soutenue sur laquelle les parties supérieures développent leur propre motif d’imitation. Le sujet de la fugue qui suit est annoncé par le pédalier, repris par la main gauche, et suivi par une troisième entrée à la main droite. Un deuxième sujet est introduit dans des figures de notes plus rapides, confié au clavier avant l’entrée du pédalier pour le premier sujet, les deux éléments étant reliés. Le thème simple du second mouvement est en sol majeur, et sa première variation se joue sur une voix médiane; la deuxième développe une ornementation en rythmes de triolets, la troisième en trémolos précède la quatrième caractérisée par des notes plus rapides, et la cinquième est marquée par des accords plus emphatiques. S’ensuit une sixième version du matériau en mi bémol majeur, et un traitement final du thème qui, après un point culminant énergique, conclut le mouvement dans le calme. L’influence de Bach apparaît clairement dans le premier mouvement de la sonate; elle se retrouve dans la dernière Fantaisie, modifiée par le langage musical du 19ème siècle. Ceci est particulièrement notable dans le Finale en si majeur qui comporte ses propres élément de tension et de relâchement, et qui explore des tonalités plus recherchées avant de conclure le mouvement de façon majestueuse.

Rheinberger écrivit les douze Trios qui composent l’Opus 189 en novembre et décembre 1897. Le premier, en ré bémol majeur marqué Andantino amabile, est une mélodie au charme simple. Il est suivi par une pièce en si bémol mineur dans laquelle le motif d’ouverture assure un rôle de continuité dans un registre aigu. Le troisième Trio, en mi bémol majeur et au rythme composé cadencé, débute sur un intervalle descendant similaire et est comparable dans sa texture contrapeutique. Le quatrième, en do majeur, consiste en une mélodie simple et charmante caractérisée par une partie d’accompagnement aux figures mélodiques rapides. Le cinquième trio en mi majeur marque l’entrée du pédalier qui entame un canon avec la voix supérieure, tandis que la voix médiane assure l’accompagnement continu.

La Sonate No.11 en ré mineur, Opus 148, date de 1887. Au mois de décembre qui précéda sa publication, Rheinberger remplaça un Hermann Levi souffrant à la direction d’une reprise de son opéra Des Thürmers Töchterlein ('La jeune fille du gardien de la tour') au Théâtre National et Royal de Munich. Il fut lui-même remplacé par le jeune chef d’orchestre Richard Strauss lors d’une représentation ultérieure en janvier 1887. A ce stade de sa carrière, Rheinberger était pratiquement incapable de jouer de l’orgue à cause d’une blessure à la main droite qui ne se remettait pas, malgré trois opérations, et étant d’une santé fragile. La nouvelle sonate prend les dimensions d’une symphonie, et comprend un premier mouvement prolongé fortement semblable à une sonate-fantaisie dans la pluralité de son caractère et de sa texture. La Cantilène en fa majeur qui suit présente une mélodie chantante et tendre, mais teintée de mélancolie. L’Intermezzo en ré bémol majeur s’épanouit en ré majeur, après une lente conclusion qui annonce la Fugue finale en ré mineur. Le sujet qu’introduit la voix de ténor est reprit respectivement par l’alto, le soprano et la basse. La texture formelle va s’obscurcissant, tandis que le sujet apparaît sur fond de contrepoint continu et que la musique atteint son paroxysme dans une section finale bouleversante en ré majeur.


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