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8.555070 - ENGLISH STRING MINIATURES, Vol. 4
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Miniatures anglaises pour cordes, volume 4

Peter Hope est né à Stockport et a étudié à l’université de Manchester puis au Royal Manchester College of Music. Il a travaillé à Londres pour un éditeur avant de devenir compositeur et arrangeur indépendant à vingt-quatre ans. En tant qu’arrangeur, il a travaillé pour les chanteurs Jessye Norman et José Carreras et pour d’autres compositeurs, John Williams et James Horner. Ses compositions comprennent la suite Ring of Kerry, qui a remporté un prix Ivor Novello en 1968-69. La Momentum Suite date de 1959 et son titre lui vient de son vif dernier mouvement, dont le tempo s’accélère en approchant la conclusion. Il est précédé d’une danse d’ouverture rustique et d’un intermezzo lyrique au parfum celte.

Pendant de nombreuses années, Frank Bridge fut plus connu comme pour avoir été le professeur de Benjamin Britten que comme le compositeur extrêmement original qu’il était réellement. Son expérience d’altiste professionnel lui permit d’écrire pour les cordes avec une autorité acquise lorsqu’il était assis parmi ces instruments ; contrairement à tant de compositeurs, il n’avait pas eu à les considérer de loin. La plupart de ses miniatures pour cordes furent écrites pour quatuor, mais on les entend plus souvent aujourd’hui dans leurs versions pour ensemble orchestral de cordes. Tel fut le cas du Scherzo Phantastick en mi mineur, daté du 8 juillet 1901, écrit à l’occasion d’un concert du club des étudiants du Royal College of Music et débordant de plaisanteries musicales, dont un ´ éternuement ª à la fin de la section de Trio ironiquement sérieuse. Dans la version originale, le premier violon disparaît pour jouer sa partie depuis différents endroits de la salle, émergeant enfin dans la galerie. Paul Hindmarsh, qui a arrangé et édité ces pièces, a retenu l’éternuement mais pas les passages joués hors scène. La Valse-intermezzo en mi mineur fut achevée le 22 août 1902 lors de vacances à Eastbourne et dénote le penchant que Bridge avait à l’époque pour la musique française et la musique russe. Sans doute la proximité de la côte du Sussex avec le continent y est-elle pour quelque chose, mais environ un an plus tard, Debussy choisit d’écrire certains passages de La Mer au même endroit, même s’il est fort difficile de détecter dans ces pages une quelconque influence anglaise.

Le nom d’Adam Carse apparaît sur des douzaines de morceaux pour cordes adressés à de jeunes interprètes, tous habilement écrits dans le cadre de paramètres techniques préétablis, et ils s’avèrent intéressants à jouer et à écouter, ce qui n’est pas étonnant de la part d’un homme pour qui les instruments à cordes étaient pratiquement une extension de sa personne. Il était né à Newcastle et avait étudié à la Royal Academy of Music de Londres ainsi qu’en Allemagne. Plus tard, il enseigna au Winchester College et à la Royal Academy comme professeur d’harmonie et de contrepoint. Ses Two Sketches datent de 1924 et furent joués aux Proms. Dans les deux morceaux, il oppose des solistes et des groupes de solistes à l’effectif de cordes principal, mais il utilise aussi l’ensemble au complet avec une adresse consommée.

Ernest Tomlinson naquit dans le Lancashire et débuta sa formation musicale comme enfant de chœur à la cathédrale de Manchester avant de poursuivre les mêmes études supérieures que Peter Hope. On peut bien le considérer comme la figure de proue de la musique légère britannique avec non seulement un corpus d’œuvres substantiel à son actif, mais aussi un dévouement passionné pour la préservation de ce genre à travers son incontournable bibliothèque de partitions et de décors. Sa Graceful Dance provient d’une suite pour cordes composée en 1965 et représente la quintessence de son style (on le surnomme ´ ET ª dans son pays) avec son charme lyrique marié à un savoir-faire d’expert au niveau des ´ voix ª et des modulations constamment changeantes.

Gustav Holst avait été tromboniste professionnel dans sa jeunesse, aussi fut-il naturellement tenté d’écrire pour les vents ; c’est ainsi qu’on lui doit les deux suites pour ensemble de vents et A Moorside Suite pour ensemble de cuivres. Dans les années 1920 et 1930, un grand nombre de compositeurs britanniques de premier plan, dont Elgar, furent priés d’écrire des pièces pour ensemble de cuivres sans être spécialistes du genre, aussi est-il probable qu’ils aient écrit les grandes lignes de ces pièces pour laisser l’orchestration détaillée aux soins d’autres musiciens. Il est donc raisonnable de supposer que Holst avait en tête d’autres instruments que les cuivres lorsqu’il écrivit cette suite. De fait, quelques années après la création de cette œuvre lors des championnats nationaux de 1928, Holst en produisit une version pour cordes à l’intention de l’orchestre junior de l’école de filles de St Paul, située dans le quartier londonien de Hammersmith. Même dans sa version ´ édulcorée ª (certains passages plus virtuoses de l’original furent simplifiés pour les jeunes instrumentistes), le morceau s’avéra trop compliqué, aussi Holst le remplaça-t-il par la Brook Green Suite, incluse dans le volume 3 de la présente série (Naxos 8.555069). Les passages solistes de l’original, écrits pour cornet à pistons, cor ténor et euphonium, sont ici confiés à un quatuor à cordes dans le mouvement lent, tandis que les mouvements externes sont tous deux robustes et rustiques, avec des allusions aux chansons et danses populaires anglaises que Holst aimait tant.

Les Two Aquarelles de Delius furent d’abord des chants polyphoniques ´ à chanter sur l’eau les nuits d’été ª. En 1938, son secrétaire Eric Fenby les arrangea pour cordes, forme sous laquelle elles se sont fermement établies au répertoire des ensembles pour cordes.

Paul Lewis esquiva le parcours balisé de l’université et de l’école de musique en commençant à travailler pour la télévision dès vingt ans, d’abord comme administrateur, puis comme compositeur pour de nombreuses émissions dont Arthur of the Britons et le classique pour enfants Woof! ! A l’origine, les deux premiers mouvements de l’English Suite datent des années 1960 et furent écrites pour un quatuor à cordes britannique à l’occasion d’une tournée en Espagne. Une fois que lui furent ajoutés les mouvements supplémentaires, l’ouvrage fut réorchestré pour ensemble à cordes en 1993 et joue fièrement le rôle d’épilogue à la tradition pastorale anglaise, dans ce qu’elle a de plus contemplatif et de plus endiablé.

Philip Lane

Traduction : David Ylla-Somers


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