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8.555262 - VIEUXTEMPS: Viola and Piano Music
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HNH - Naxos Classical
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Henry Vieuxtemps (1820-1881)
Musique pour alto et piano

Fils de tisserand, violoniste amateur et luthier, Henry Vieuxtemps naquit à Verviers, en Belgique, en 1820 et dès ses quatre ans son père lui donna ses premières leçons de violon ; il étudia ensuite dans sa ville natale avec un éminent professeur de la région. A six ans, il se produisit comme soliste dans un concerto de Rode et après de nouveaux succès locaux, il entreprit, accompagné de son père et de son professeur, une tournée des Pays-Bas. Un récital très bien accueilli à Bruxelles encouragea le violoniste Charles de Bériot à lui proposer des leçons dans cette ville, et le jeune garçon accompagna son nouveau professeur à Paris, y donnant son premier concert en 1829, à nouveau dans un concerto de Rode. Avec la révolution de l’année suivante et le mariage de de Bériot et son départ en tournée, Vieuxtemps, suivant les conseils de son professeur, rentra à Bruxelles, où il travailla pour son compte, développant sa technique et sa connaissance et ses goûts musicaux, notamment grâce aux duos qu’il jouait avec la belle-sœur de de Bériot, Pauline García, plus tard épouse Viardot et mère du violoniste Paul Viardot. Agée d’un an de moins que Vieuxtemps, elle était élève pianiste de Liszt, même si, comme sa sœur, elle devait faire carrière comme cantatrice. Lors d’une tournée allemande effectuée en 1833, il devint l’ami du violoniste et compositeur Louis Spohr ; à Vienne, il rencontra des musiciens ayant travaillé avec Beethoven, dont il joua le Concerto pour violon en mars 1834 dans la capitale autrichienne, deux semaines seulement après avoir commencé à le travailler. A Leipzig, il fut acclamé par Schumann, qui le compara à Paganini ; il rencontra ce dernier à Londres en 1834. De retour à Paris, il prit des cours de composition auprès d’Antonín Reicha, qui lui conseilla d’écrire des concertos ; le résultat fut le Concerto pour violon en fa dièse mineur opus 19 de 1836, publié plus tard comme Concerto pour violon n° 2.

Vieuxtemps fit une première visite en Russie en 1837, y retournant l’année suivante et s’y produisant en concert après s’être lentement remis d’une maladie contractée durant son voyage. C’est en Russie qu’il écrivit l’ouvrage novateur qui fut publié comme Concerto pour violon n° 1 en mi majeur opus 10. Ses tournées de concerts se poursuivirent au cours des années qui suivirent. En 1844, Vieuxtemps était en Amérique, courtisant le public avec des variations sur Yankee Doodle. A Vienne et à Londres, il se produisit dans des quatuors de Beethoven et donna des récitals dans plusieurs autres villes d’Europe. En 1846, il accepta une invitation de s’installer à Saint-Pétersbourg en tant que violoniste et soliste de la cour au Théâtre impérial. Il y demeura jusqu’en 1852 et c’est pendant cette période qu’il écrivit le quatrième de ses sept concertos pour violon achevés. Menant une carrière intensive, il continua de composer, donna des récitals, des cours et se produisit comme musicien de chambre. Il ajouta notamment une dimension plus classique au répertoire de violon. Le Concerto pour violon de Beethoven était désormais l’un de ses chevaux de bataille, et il interpréta également le Concerto pour violon de Mendelssohn, qui était encore une nouveauté. Avec Anton Rubinstein, il joua les sonates pour violon de Beethoven et se produisit avec lui lors de plusieurs concerts parisiens, après avoir quitté la Russie en 1852 pour reprendre une carrière de virtuose itinérant. Il finit par se laisser convaincre d’accepter un poste d’enseignant au Conservatoire de Bruxelles, où son propre professeur, de Bériot, avait exercé, se fixant à nouveau à Bruxelles en 1871, mais continuant à donner des concerts.

C’est en 1873 que Vieuxtemps fut victime d’une attaque qui paralysa son bras droit. Il s’établit à Paris et sa classe de violon fut reprise en 1875 par Wieniawski. La composition était encore possible pour lui, et peu à peu, il put se remettre à jouer de la musique de chambre, du moins en privé. En 1879, finissant par renoncer à tout espoir de poursuivre sa carrière à Bruxelles, il s’installa en Algérie, où vivaient sa fille et son gendre. Là-bas, il continua de composer, même s’il était frustré de ne pas pouvoir jouer ce qu’il écrivait, voire de l’entendre jouer. Il mourut en juin 1881.

Vieuxtemps fut sans aucun doute l’un des plus grands violonistes de son époque, alliant une technique magistrale à une profonde compréhension de la musique. On peut le voir comme un représentant de l’école des interprètes franco-belges, successeur de de Bériot, tandis que figurent au nombre de ses élèves ou parmi ceux qu’il influença directement Eugène Ysaÿe, Jenö Hubay et Leopold Auer. Il excellait aussi à l’alto et a laissé un petit corpus de compositions pour cet instrument et trois quatuors à cordes, témoignages de son propre attachement à ce genre, auquel il participait, jouant parfois la partie d’alto.

La Sonate en si bémol majeur opus 36 fut publiée à Leipzig en 1863. Elle débute par un Maestoso songeur qui commence par explorer le registre grave de l’alto. Vient ensuite le contraste du rapide scherzando, avec ses dessins de triolets dialoguant avec le piano. Après la récapitulation, un bref récitatif réintroduit la musique de l’ouverture, avant un passage de clôture emphatique. La Barcarolle en sol mineur, marquée con melancolia, présente l’accompagnement cadencé adéquat et mène à un Allegretto tranquillo en majeur, marqué con molta delicatezza et une brève section animato dans laquelle un nouveau rythme se fait entendre, apportant l’appui de son accompagnement au retour de la mélodie d’ouverture, suivie d’une dernière réminiscence de la paisible section en sol majeur. Le piano introduit la mélodie principale du dernier mouvement, suivi de l’alto, dans une grande démonstration de virtuosité.

L’Elégie en fa mineur opus 30, écrite pour alto ou violoncelle et piano, fut publiée en 1854. Les premiers accords de piano rappellent les atmosphères de Fauré, un accompagnement sur une mélodie chantante et poignante, après quoi survient une cadence d’alto dans un passage en la majeur plus affairé, puis le retour de l’ouverture mène à une conclusion de bravura.

Le Capriccio en ut mineur pour alto solo conclut une série de six morceaux pour violon solo, édités à titre posthume sous divers numéros d’opus entre 1881 et 1887. Le caractère se dessine dans l’indication de départ, Lento, con molta espressione, dont la substance est tissée à partir du matériau d’ouverture et mène à un apogée avant les pizzicati en sourdine de la conclusion.

Vieuxtemps transcrivit pour alto et piano un bref extrait d’une œuvre du compositeur saint-simonien français Félicien David, la programmatique et très applaudie ode-symphonie picturale de 1844, Le désert. La Nuit dégage une atmosphère tendrement évocatrice.

L’Allegro con fuoco et Scherzo furent d’abord publiés en 1884, décrits comme les mouvements d’une sonate inachevée, même s’il n’existe aucune preuve concluante du fait que Vieuxtemps projetait une telle sonate lorsqu’il écrivit ces pages. Le premier thème de l’Allegro en si bémol majeur est caractéristique de la facette chantante de Vieuxtemps. C’est le début d’un mouvement en forme sonate qui réclame d’impressionnantes prouesses techniques de l’alto, dont toute la tessiture est explorée. A cela vient s’ajouter un Scherzo en fa mineur dont le thème principal, d’abord sinistre, introduit par l’alto, encadre deux trios, le premier en si bémol majeur, le deuxième, avec ses dessins de doubles-croches à l’alto, en fa majeur.

Keith Anderson
Traduction : David Ylla-Somers


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