About this Recording
8.555369 - BACH, J.S.: Guitar Transcriptions
English  French  Spanish 

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Transcriptions pour guitare

Johann Sebastian Bach naquit en 1685 à Eisenach où son père était employé comme musicien du village et membre de l’orchestre de la cour. Dernier né d’une famille de six enfants, il appartenait à une importante dynastie de musiciens. A la mort de ses parents, alors qu’il n’avait que de dix ans, il partit rejoindre son frère aîné, Johann Christoph, organiste de la Michaelkirche à Ohrdruf. Il y étudia jusqu’en 1700, puis entra à la Michaelisschule de Lüneburg, à environ 300 kilomètres d’Ohrdruf. Deux ans plus tard, il commença sa carrière professionnelle en prenant un poste à la cour de Weimar, suivi peu de temps après par une nomination comme organiste à Arnstadt, où sa famille avait des relations. En 1707, insatisfait des conditions et des possibilités musicales qu’offrait Arnstadt, il décida de se présenter au poste d’organiste de Mühlhausen, où il avait épousé sa première femme, sa cousine au second degré, Maria Barbara. L’année suivante, il fut nommé organiste de la cour à Weimar où, à partir de 1703, il fut également violoniste et altiste de l’orchestre de la cour. En 1714, il obtint le poste de Konzertmeister mais ses relations avec son employeur, le duc Wilhelm Ernst, devinrent difficiles, en raison notamment de sa collaboration musicale avec le co-régent de Weimar, le duc Ernst August. En 1716, Bach se vit refuser le poste de Kapellmeister de la cour auquel il pouvait prétendre à la mort du précédent titulaire, ce qui le conduisit à se tourner vers d’autres horizons. Sa collaboration avec le duc Ernst August lui permit de trouver une échappatoire : le poste de Kapellmeister du beau-frère du duc, le prince Leopold de Anhalt-Cöthen, qui lui offrait des conditions de travail relativement généreuses. Cependant, le duc Wilhelm Ernst refusa de le libérer de ses obligations et manifesta son mécontentement en emprisonnant Bach pendant un mois avant de le renvoyer de Weimar.

La cour de Cöthen offrait tout ce que Bach pouvait désirer. Le prince Leopold était jeune et un musicien amateur enthousiaste. Par ailleurs, les convictions piétistes de la cour lui interdisaient de composer de la musique sacrée. Bach put donc se consacrer à la musique profane pour l’orchestre de la cour et composa ainsi une série de concertos, sonates et suites. Cette période heureuse pour Bach fut assombrie par la mort de sa femme en 1720 alors qu’il se trouvait à Carlsbad en compagnie du prince. Il se remaria l’année suivante avec Anna Magdalena, la plus jeune fille du trompettiste de la cour de Weissenfeld qui était également employé comme chanteur à Cöthen. Le mariage du prince la même année avec une femme que Bach décrivit comme ´ amusica ª rendit la vie à la cour bien moins plaisante. En décembre 1722, Bach se présenta au poste de Cantor de Leipzig où il déménagea au printemps suivant, abandonnant la cour princière pour prendre les charges d’organiste et maître de chœur, bientôt augmentées de travaux supplémentaires auprès du collegium musicum, l’ensemble créé par Telemann à l’Université de Leipzig. Bach demeura à Leipzig jusqu’à la fin de sa vie, composant des cantates pour l’église comme l’exigeait son poste principal, puis ré-arrangeant des concertos écrits précédemment pour le collegium musicum et consolidant l’immense œuvre qu’il avait déjà créé.

Bach composa et transcrivit de nombreuses pièces pour luth, en reprenant en partie des compositions écrites pour violon ou violoncelle seul. Plusieurs transcriptions de ces œuvres ont été effectuées pour la guitare, un instrument bien adapté aux textures contrapuntiques de ces diverses compositions instrumentales. La présente sélection de transcriptions débute par la Partita en la mineur, BWV 1013, pour flûte seule écrite, au plus tard, au début des années 1720 et appartenant clairement à l’époque de Cöthen. On a émis l’hypothèse que, dans sa forme pour flûte seule, il s’agissait déjà d’une transcription reprenant au moins partiellement des mouvements composés pour le violon ou d’autres instruments. La guitare fait ressortir plus efficacement les harmonies suggérées par le compositeur. La traditionnelle suite française de danses s’ouvre sur une Allemande puis est suivie d’une Corrente, une lente Sarabande et se conclut par une Bourrée anglaise.

Les deux Préludes sont des transcriptions d’œuvres pour clavier. Le Prélude en mi majeur, BWV 854, est extrait du premier livre du Clavier bien tempéré, compilé en 1722 à Cöthen et intégrant certains préludes écrits pour la formation de son fils aîné, Wilhelm Friedemann. Il est accompagné ici par la transposition et la transcription du Prélude en ut majeur, BWV 939, qui est le premier de cinq préludes qui furent également composés à Cöthen.

Le Capriccio sopra la lontananza de il fratro dilettisimo (Caprice pour le départ du frère bien-aimé) est une pièce de jeunesse pour clavier dont le contenu évoque des amis qui tentent de persuader le voyageur de ne pas partir, se lamentant sur sa décision de les quitter, puis qui entendent l’appel d’un cor sur lequel se développe la fugue finale. Le titre de l’œuvre a été modifié pour inclure les mots del suo fratello plutôt que la formulation indéterminée de il fratro. Si l’œuvre fut composée pour le départ du frère de Bach, Johann Jakob, son aîné de trois ans, alors on peut la dater de 1704, année où ce dernier rejoignit l’armée de Charles XII de Suède en tant que hautboïste. L’absence de référence militaire est l’un des facteurs qui persuada récemment un musicologue que ce morceau fut peut-être composé en 1702 à l’occasion de la séparation de Bach avec son camarade de classe, Georg Erdmann, à la fin de leurs études à Lüneburg. L’Adagiosissimo, bien que parodiant une lamentation, n’en demeure pas moins émouvant avec son arioso et son accompagnement de basse chiffrée.

Bach était un éminent transcripteur de ses propres œuvres ainsi que de celles d’autres compositeurs. Il arrangea seize concertos d’origines variées pour le clavecin lorsqu’il était à Weimar. L’une de ces transcriptions les plus célèbres est celle du concerto pour hautbois du compositeur vénitien Alessandro Marcello qui devint le Concerto en ré mineur, BWV 974. Cette œuvre, ainsi que les six concertos de Vivaldi qu’il transcrivit, montrent l’intérêt que Bach portait au concerto solo vénitien de cette époque et qui se manifesta de nouveau dans ceux qu’il composa par la suite à Cöthen. Les premier et dernier mouvements, plus rapides, encadrant un aria développé au sein du second mouvement, préfigurent la forme que Bach adopta plus tard pour ses concertos pour violons.

La première des trois sonates pour violon seul, la Sonate en sol mineur, BWV 1001, transposée et transcrite ici pour guitare, fit l’objet de transcriptions par Bach lui-même. Cette sonate date de l’époque de Cöthen mais, plusieurs années auparavant à Leipzig, Bach avant déjà arrangé la fugue du second mouvement pour luth, après avoir utilisé ce même mouvement dans une œuvre pour orgue. Ces trois sonates représentent la forme stricte de la sonate d’église, avec un premier mouvement lent, un second mouvement fugué rapide, un troisième mouvement lent, qui prend ici la forme d’une Sicilienne, et un dernier mouvement rapide.

Keith Anderson

Version française : Pierre-Martin Juban


Close the window