About this Recording
8.555723 - GRANADOS, E.: Piano Music, Vol. 6 (Riva) - Enchanted Palace in the Sea / Elisenda's Garden
English  French  German 

Enrique Granados (1867-1916)

Enrique Granados (1867-1916)

Enrique Granados est né le 27 juillet 1867 à Lérida, près de Barcelone. Il commence à étudier le piano en 1879, et poursuit l’année suivante avec Joan Baptista Pujol. En 1883 il gagne le premier prix d’un concours dont un membre du jury se trouve être le compositeur Felipe Pedrell. Pedrell est impressionné, et, dès 1884, lui enseigne l’harmonie et le contrepoint.

En 1887 Granados va à Paris, où il étudie avec Charles-Wilfrid de Bériot, travaillant, notamment, le toucher et la technique de la pédale. De plus, de Bériot développe le talent naturel de son élève pour l’improvisation. De retour à Barcelone en 1889, Granados publie les Danzas españolas, œuvre qui lui assure une renommée internationale.

Au cours de sa vie Granados se produit en concert en Espagne, en France, aux États-Unis, ayant comme partenaire les plus grandes figures de l’époque. Outre une abondante production pour le piano, il compose des œuvres de chambre, de la musique vocale, des opéras et des poèmes symphoniques. C’est aussi un excellent professeur, et en 1901 il fonde l’Academia Granados.

Bien que terrifié par l’océan, Granados voyage à New York pour la première de son opéra Goyescas le 28 janvier 1916. Il donne de nombreux concerts aux États-Unis (y compris à la Maison Blanche), et enregistre des rouleaux de piano. Pendant son retour en Europe, lors de la traversée de la Manche, son navire le Sussex est frappé par une torpille allemande. Granados est tué, ainsi que sa femme.

Vers 1912, Granados écrit: ´ Ma devise a toujours été de renoncer à un succès facile pour en obtenir un qui soit vrai et durable. ª Aujourd’hui on le reconnaît comme un des plus importants compositeurs espagnols. La principale influence sur sa musique était le romantisme de Schumann et de Chopin. Son style est caractérisé par la luxuriance intériorisée des harmonies lumineuses, par la riche palette des couleurs pianistiques, les structures formelles relâchées (il délaissait les grandes formes de sonate et de symphonie en faveur des formes plus courtes, plus rapsodiques, notamment les variations), ainsi que par la vivacité d’une imagination toujours teintée de nostalgie.

Douglas Riva

Version française: Jeremy Drake

La musique pour piano, Vol. 6

Les Piezas sobre cantos populares españolas furent composées vers 1895 et dédiées à Cecilia Gómez de Conde, belle-fille du mécène de Granados, Eduardo Conde. Ce recueil est d’inspiration clairement nationaliste, écrit avec une magnitude de conception, un éclat romantique et une complexité technique qui le rendent comparable à son Quinteto opus 49 et à son Trio opus 50, créés la même année. On n’a retrouvé aucun manuscrit du recueil, mais Granados effectua un enregistrement pour piano mécanique du Preludio pour Duo-Art Reproducing Piano à New York en 1916, qui fut édité sous le titre Prélude, María del Carmen.

La version originale de la Suite Elisenda, créée le 7 juillet 1912, comprenait quatre mouvements pour orchestre de chambre, piano, harpe et soprano. Plus tard, Granados effectua un arrangement pour piano du premier mouvement de la suite, El jardí d’Elisenda. Cette œuvre fut dédiée à Pablo et Guillermina Casals, le violoncelliste et sa sœur. L’auteur du texte utilisé dans le quatrième mouvement de la suite était le poète catalan Apeles Mestres, l’un des principaux représentants du modernisme, mouvement culturel parallèle à l’art nouveau. Apeles Mestres fut également l’auteur des livrets de quatre des opéras de Granados, ainsi que du texte du poème symphonique Liliana. La première édition de la version pour piano de El jardí d’Elisenda comprenait une section du poème de Apeles Mestres:

Le soleil levant éveille le jardin d’Elisenda,

Qui rêve, se reposant à l’ombre du palais ;

Des rosiers fleurissent, des gouttes d’eau chantent

en jaillissant de la fontaine.

Pour calmer ses chagrins, pour adoucir

sa mélancolie,

Elisenda est descendue dans le jardin silencieux ;

son cœur est loin, bien loin, sur les champs de

bataille où l’on se bat, où l’on meurt...

Les fleurs en ouvrant leurs pétales lui envoient

leur parfum ;

La fontaine ajoute sa douce musique ;

Et le jour commence... et l’univers d’Elisenda

Se transforme en parfum, en harmonie,

en lumière...

Et voyez, comme par magie, l’espoir renaît en

son coeur.

Le manuscrit de Parranda-Murcia n’est pas daté, mais Granados et son librettiste José Feliu y Codina passèrent plusieurs semaines, vers 1895-1896, dans la province de Murcie pour réunir du matériau en vue de leur opéra María del Carmen. Parranda-Murcia fut peut-être écrit à cette époque. Il s’agit ici du premier enregistrement de Parranda-Murcia et de Pastoral, œuvre envoûtante publiée pour la première fois dans le magazine espagnol Mundial Musical vers 1910.

On connaît deux manuscrits de Danza característica, tous deux sans date et sans titre. La première édition, publiée en 1973, donnait son présent titre au morceau. Granados la destinait peut-être à son recueil de Danzas españolas, même si elle ne fut pas incluse dans la version définitive.

Sardana, publiée en 1914, est la seule œuvre pour piano de Granados directement inspirée de la culture populaire catalane. Elle est dédiée au pianiste, chef d’orchestre et compositeur américain Ernest Schelling. La sardane est une danse groupée en deux parties, typique de la Catalogne natale de Granados, dans laquelle les danseurs forment des cercles. Les pas, curts (courts) et llarchs (longs), donnent sa forme à la musique. La Sardana de Granados est une sardane de concert, qui ne se danse pas.

Granados composa la Serenata pour l’offrir à sa femme. Le manuscrit est rédigé sur un parchemin daté du 20 mai 1893 et le compositeur y écrivit : ´ pour l’album de ma compagne de toujours, Amparo, si aimée et si bonne — Ton époux ª. Il est peu probable que Granados en ait prévu la publication ou l’exécution hors du cercle familial.

Jácara, sous-titrée Danza para cantar y bailar, fut peut-être écrite en guise d’étude pour la suite Goyescas (Naxos 8.554403), car une partie de son matériau mélodique fut ensuite utilisée dans le sixième morceau de la suite, Epílogo: Serenata del espectro.

Países soñados semble avoir été conçu à l’origine comme un recueil, mais Granados ne composa que El palacio encantado en el mar vers 1912-1913. L’ouvrage est sous-titré Leyenda (Légende).

L’Impromptu n° 1 et l’Impromptu de la codorniz, n° 2 furent publiés en 1912, mais la date de leur composition est incertaine, tout comme celle de l’Impromptu n° 3, publié en 1914 sous le numéro d’opus 39. Fait curieux, le Capricho español (Naxos 8.554628) fut publié avec le même numéro d’opus vers 1890. Les trois impromptus ne sauraient former un groupe plus varié. Le premier est sans doute semblable aux improvisations tant vantées, de Granados ; le deuxième est une pastorale bucolique et le troisième rayonne de ferveur romantique.

Douglas Riva

Version française : David Ylla-Somers

Cette interprétation s’appuie sur l’édition critique de l’Intégrale des œuvres pour piano d’Enrique Granados, publiée par Editorial Boileau, S.A., Barcelone, Espagne, directrice : Alicia de Larrocha, assistant directeur : Douglas Riva.


Close the window