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8.555873-74 - TCHAIKOVSKY: Swan Lake (Complete Ballet) (Yablonsky)
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Pyotr Il’yich Tchaïkovski (1840-1893)

Pyotr Il’yich Tchaïkovski (1840-1893)

Le lac des cygnes op. 20

Les compositions de Tchaïkovski pour le théâtre comprennent trois ballets complets, Le lac des cygnes, La belle au bois dormant et Casse-Noisettes. Le premier d’entre eux lui fut commandé en 1875 et fut créé au Théâtre du Bolchoï à Moscou le 4 mars 1877, avec une chorégraphie de l’Autrichien Wenzel Reisinger. Le livret de Vladimir Begichev et Vasily Geltzer s’appuyait sur un conte allemand, Der geraubte Schleier (Le voile dérobé). Tchaïkovski avait composé de la musique de ballet pour cette histoire quelques années auparavant pour amuser les enfants de sa sœur Sascha, mariée à Lev Davidov et demeurant à Kamenka en Ukraine. Il utilisa quelques passages de cette œuvre modeste, avec des éléments de son premier opéra, La Voyevoda, source de l’entracte de l’acte IV et de l’union finale de Siegfried et Odette. C’est de son deuxième opéra, Undine, que provint la musique avec violon et violoncelle solistes dans la Danse des cygnes de la fin de l’acte II.

La création du Lac des cygnes ne fut pas un succès. Le public était habitué à une musique bien moins substantielle et divers retraits et ajouts furent faits à la partition. La chorégraphie et les danseurs étaient médiocres, les décors plats, le chef d’orchestre dépassé. Avec le temps, le ballet subit plusieurs nouvelles modifications. Il fut repris à Saint-Pétersbourg en 1895, avec une chorégraphie plus satisfaisante de Marius Petipa et Lev Ivanov, dont les modifications apportées à l’intrigue originale du ballet inspirèrent souvent les reprises ultérieures, avec notamment une fin heureuse venant se substituer à la conclusion tragique dans laquelle Siegfried et Odette étaient tués par Rothbart. On doit les révisions du livret de 1895 au frère du compositeur, Modest.

CD 1

Le ballet débute, après une Introduction [1], par une scène se déroulant dans le magnifique parc du château. [2] Sur la terrasse du palais, le prince Siegfried fête son anniversaire avec ses amis, et des villageois viennent lui présenter leurs vœux, le distrayant de leurs danses sur les instructions de Wolfgang, le tuteur du prince. Le jeune homme leur fait servir des rafraîchissements, et fait offrir des fleurs et des rubans aux villageoises. [3] Ils dansent une valse. [4] Des pages annoncent la venue de la mère du prince et tout est remis en place pour dissimuler les festivités, tandis que Wolfgang tâche d’avoir l’air sobre. La mère de Siegfried n’est pas dupe et exprime son mécontentement, annonçant à son fils qu’il doit prendre femme ; son choix devra se faire au cours du bal du lendemain, auquel toutes les jeunes filles à marier ont été conviées. Elle permet aux jeunes gens de reprendre leurs réjouissances. Siegfried dit à ses amis que son existence de célibataire insouciant est bien finie. [5]-[10] Les invités du prince sont divertis par un jeune homme et deux jeunes filles dans un Pas de Trois. [11]-[14] La mère du prince se retire et un couple danse un Pas de deux. [15] Dans une danse de caractère, Wolfgang, le chambellan ivre, amuse l’assemblée par sa maladresse. [16] Le soir tombe et un convive propose une dernière danse avec des verres qui tintent, [17] une polka. [18] C’est alors qu’un vol de cygnes apparaît au-dessus du parc, événement marqué par la mélodie de hautbois qui a ouvert le ballet. Benno, l’ami de Siegfried, lance l’idée d’une chasse aux cygnes, car il sait où les cygnes passent la nuit dans la forêt. Le prince et ses compagnons partent en chasse, abandonnant Wolfgang qui est trop ivre pour les suivre.

[19] Le deuxième acte débute avec le thème du cygne ; la scène représente un lac au clair de lune dans la forêt, avec une chapelle en ruines sur le côté. Les cygnes voguent sur le lac, mené par l’un des leurs qui porte une couronne. Benno et les chasseurs font leur entrée, appelant Siegfried. [20] Mais le prince demeure en arrière et s’apprête à tirer sur un cygne, mais c’est alors que les ruines se révèlent dans un merveilleux halo de lumière. Les oiseaux disparaissent et Odette, la princesse des cygnes, paraît sous sa forme humaine, demandant à Siegfried pourquoi il la persécute. Elle lui apprend que ses compagnes et elle sont victimes d’un sort du méchant sorcier Rothbart. C’est seulement de minuit à l’aube qu’elle peuvent reprendre leur apparence humaine, et le sort ne peut être brisé que si elle épouse un mortel fidèle. Il l’invite au bal donné le lendemain, lors duquel il choisira sa femme. Bien que cela soit impossible, Odette supplie Siegfried de lui être fidèle, car c’est sa seule chance de salut. Mais leur conversation a été surprise par le sorcier, qui a pris la forme d’un hibou. [21] Les cygnes s’envolent et Odette demande au sorcier d’épargner la vie de Siegfried, qui tire son arbalète mais la rejette. Les compagnons de Siegfried surgissent, tandis que les compagnes d’Odette apparaissent, et le prince ordonne qu’il ne soit fait aucun mal aux cygnes. Siegfried est rassuré par Odette. [22]-[25] Les cygnes dansent leur gratitude, [26] et Siegfried et Odette dansent ensemble, [27]-[28] puis tous dansent. ª Alors que l’aube se lève, Odette et ses compagnes reprennent leur forme animale, sous la surveillance du sinistre hibou.

CD 2

[1] Le troisième acte se déroule dans le palais, lors du bal. Wolfgang donne des ordres aux domestiques, tandis que les invités arrivent, suivis du prince et de la princesse, avec leurs pages, leurs suivants et leurs nains. [2] Le maître de cérémonie fait débuter les danses, d’abord une pour toute la compagnie, puis une danse de nains. [3] Un appel de cor précède l’entrée de nouveaux invités, annoncés au prince par le maître de cérémonie. Un vieux noble entre avec son épouse et leur fille. Celle-ci danse avec l’un des jeunes chevaliers. D’autres invités entrent, un vieillard dont la fille danse elle aussi avec un chevalier. Les invités continuent à affluer. [4] Les six candidates pour la main du prince sont introduites et sa mère lui demande de faire son choix. Elles sont suivies par un couple inconnu, Rothbart et sa fille Odile, qui a pris l’apparence d’Odette mais est vêtue de noir et non de blanc. Siegfried est frappé par la ressemblance et en parle à son ami Benno. [5]-[11] Les prétendantes dansent une série de variations. [12]-[15] Siegfried, persuadé qu’Odette est bien venue au palais, danse avec Odile une difficile série de variations, après quoi les invités présentent leurs hommages avec une série de danses nationales, [16] une danse russe, [17] une czárdás hongroise, [18] une danse espagnole, [19] une danse napolitaine [20] et une mazurka. [21] Approuvé par sa mère, Siegfried déclare qu’il épousera la fille du mystérieux invité. Il invite Odile à danser et lui baise la main. La princesse et Rothbart s’avancent et la mère du prince confirme qu’Odile a été choisie par son fils. Rothbart place solennellement la main de sa fille dans celle du prince. A cet instant, on aperçoit Odette à la fenêtre et lorsque Siegfried promet sa foi à Odile, le tonnerre retentit. Rothbart et Odile disparaissent triomphalement et Siegfried s’effondre, inanimé.

[22] Le quatrième acte s’ouvre sur les bords du lac. [23] Les cygnes attendent leur princesse. [24] De jeunes cygnes dansent, suivant les instructions de leurs aînés. [25] Odette accourt, racontant son malheur à ses amies. Elles voient approcher Siegfried et Odette lui apprend qu’elle va mourir à cause de sa trahison. Rothbart provoque une tempête pour anéantir les cygnes. [26] Au péril de sa vie, Siegfried affronte le sorcier, rompt le charme et est uni à Odette, à qui il demande pardon

Keith Anderson

Version française : David Ylla-Somers


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