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8.557233 - MOZART: Symphonies Nos. 31, 35 and 40 (Tintner Edition 1)
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EDITION COMMÉMORATIVE TINTNER • VOLUME 1

EDITION COMMÉMORATIVE TINTNER • VOLUME 1

Wolfgang Amadeus Mozart, qui était le cadet — et le seul enfant mâle ayant survécu aux maladies infantiles — de Leopold Mozart, naquit à Salzbourg en 1756. Il manifesta un talent précoce, à la fois comme pianiste et comme violoniste, et s’attaqua également à la composition dès son plus jeune âge. Mozart écrivit sa première symphonie à huit ans, alors qu’il était en tournée à Londres.

A-propos de la Symphonie "Paris" n° 31, le Maestro Tintner avait eu le commentaire suivant :

"En 1778, le père de Mozart avait envoyé Wolfgang et sa mère à Paris. Ils espéraient y répéter les succès remportés autrefois par le compositeur lorsqu’il était un enfant prodige, mais les portes qui étaient alors ouvertes s’étaient brusquement refermées et le compositeur y passa une période assez difficile. Plusieurs personnes lui avaient fait de grandes promesses sans les tenir ; l’une d’entre elles se nommait Le Gros. Finalement, Mozart affirma : ‘Je n’écrirai aucun morceau pour vous, sauf si vous me garantissez son exécution’. Ainsi naquit la Symphonie ´ Paris ª. Pour la première fois, il y faisait appel à l’orchestre au complet ; il n’avait jamais utilisé de clarinettes dans une de ses symphonies. Dans l’ensemble, il essaya de l’accommoder au goût parisien, et les mouvements externes sont très brillants et sans doute un peu plus superficiels que ne le sont ses très grandes œuvres. Mais le mouvement central est un pur joyau, et c’est sûrement pour cela qu’il déplut profondément à M. Le Gros. Il déclara : ‘Il contient trop de modulations, et il est trop long’. De fait, il s’agit probablement du plus court des mouvements lents de Mozart et on n’y rencontre pratiquement aucune modulation, juste une merveilleuse juxtaposition de majeur et de mineur — ce qui n’est pas une modulation. Une mélodie est exposée dans la première partie, d’abord en majeur, puis en mineur, mais lorsqu’elle reparaît, Mozart renverse ce schéma ; c’est un effet magnifique, comme vous ne manquerez pas de le remarquer. Cette symphonie a donc été écrite pour briller, et c’est peut-être pourquoi elle n’est pas aussi connue que de nombreuses autres."

La Symphonie n° 35, nommée "Haffner", fut écrite en 1782 à la demande de l’ami d’enfance de Mozart, Sigmund Haffner. Telle qu’elle avait été envoyée à la famille Haffner, cette musique comprenait plusieurs mouvements supplémentaires - une marche ainsi qu’un second menuet. Plus tard, Mozart adapta ces pages pour les faire correspondre au schéma conventionnel de la symphonie en quatre mouvements.

A-propos de la Symphonie n° 40, le maestro Tintner a eu ce commentaire :

"La plupart d’entre nous savons que Mozart écrivit ses trois dernières symphonies, les plus belles, en l’espace de deux mois et demi. Et le miracle vient non seulement de la rapidité de sa composition, mais aussi du fait que le caractère de chacune de ces trois symphonies est si entièrement distinct ; pourtant, chaque mesure porte la marque de Mozart, clairement identifiable. Ainsi, la première des trois, la n° 39, est lyrique est séduisante, la n° 40 est très tragique et désespérée et la n° 41, intitulée ´ Jupiter ª, est festive et présente ce finale monumental, combinaison de fugue et de forme sonate.

"Plus ses œuvres devenaient immenses, sublimes, et moins le public les acceptait ; à la fin, il était criblé de dettes car personne ne voulait faire appel à lui. Quand il essayait de jouer ses œuvres, il devait ruser pour les intégrer aux académies d’autres compositeurs, car personne ne voulait prendre le risque de donner un concert ne comportant que des œuvres de Mozart. En plus de cela, il était déjà gravement malade, et à la lecture de ses lettres au comte Puchberg, franc-maçon comme lui qui lui apporta souvent une aide financière, on a terriblement honte de réaliser que l’un des plus grands génies de l’humanité a dû affronter de telles humiliations.

"Le jour où il acheva la n° 39, il entreprit de composer sa musique la plus terrifiante, la plus tragique, sa symphonie en sol mineur. Elle démontre que l’épanchement du génie est totalement incompréhensible pour les mortels ordinaires comme vous et moi. Ce n’est pas seulement le fait qu’il ait été capable d’écrire ces morceaux, qui est en soi une énigme et un miracle, mais également le fait qu’après avoir terminé d’écrire les pages les plus tendres et ravissantes il ait écrit quelque chose d’aussi sombre, tragique et désespéré. Et en réalité, cette symphonie est la seule des trois qui dépeignait réellement sa situation, qui était effectivement désespérée. A mon sens, cette œuvre est non seulement la plus grande symphonie de Mozart, mais aussi la plus grande de toutes les symphonies jamais écrites. Ce qui est significatif, c’est que lorsqu’il la composa, il en omit entièrement le roucoulement de la clarinette, et dans sa première version, cette symphonie est tout simplement une pièce de musique de chambre. Les cordes exceptées, l’ensemble comporte une seule flûte, deux hautbois, deux bassons, deux cors et c’est tout. Je joue toujours cette symphonie dans sa version originale pour la simple raison que les clarinettes, aussi délicieuses soient-elles, rendent cet ouvrage un petit peu plus aimable, un peu moins intransigeant et désespéré, et je pense que tel est le caractère voulu."

Georg Tintner

Georg Tintner naquit à Vienne en 1917. Il commença à étudier le piano à six ans, se mettant vite à composer. De neuf à treize ans, il fit partie du Chœur de garçons de Vienne, qu’il dirigea également lors d’exécutions de ses propres compositions. A treize ans, il entra à l’Académie d’état de Vienne comme jeune compositeur prodige, étudiant la composition avec Josef Marx et dirigeant avec Felix Weingartner. A dix-huit ans, il était devenu le chef d’un chœur de formation du Chœur de garçons de Vienne, et il fit répéter le chœur pour une exécution de la Symphonie n° 8 de Mahler avec Bruno Walter en 1936. Ses compositions étaient interprétées en concert et diffusées par la radio autrichienne, et à dix-neuf ans, il devint chef d’orchestre adjoint du Volksoper de Vienne.

En 1938, il échappa aux Nazis, passant un an en Angleterre avant d’émigrer en Nouvelle-Zélande. Pendant plusieurs années, il administra un élevage de volaille — ce qui fit de lui un végétarien convaincu — avant de devenir directeur musical des Instrumentistes à corde d’Auckland et de la Société chorale d’Auckland en 1947. Il se déclarait également socialiste et pacifiste, et en tant que tel, il circulait à vélo, le moyen de transport qui pour lui symbolisait ´ le summum de tout ce qui est inoffensif. ª

En 1954, il se rendit en Australie comme chef d’orchestre en résidence de l’Opéra national, puis de l’Opéra élisabéthain. Au cours des années suivantes, il effectua de vastes tournées en Australie et fut un pionnier de l’opéra télévisé auprès de l’Australian Broadcasting Commission. En 1964, il fut directeur musical de l’Opéra de Nouvelle-Zélande, et en 1966-67, directeur musical de l’Orchestre municipal du Cap. Bien qu’on lui ait offert un contrat longue durée, Tintner quitta l’Afrique du Sud pour des raisons politiques. Il s’en fut à Londres et à Sadler’s Wells (l’English National Opera) pendant trois ans, avec des apparitions comme chef invité avec les London Mozart Players, l’Orchestre symphonique de Bournemouth, la Northern Sinfonia et l’Orchestre symphonique de Londres pour la BBC.

Il rentra en Australie en 1970 comme directeur musical de la Troupe d’opéra ouest-australienne. En 1971, il fut invité comme directeur musical de l’Orchestre national des jeunes musiciens du Canada, visite couronnée d’un tel succès qu’elle se répéta sept fois. Tintner entretenait un rapport privilégié avec les jeunes musiciens, dirigeant de nombreux concerts avec les orchestres de jeunes musiciens de plusieurs pays. Une série de conférences qu’il donna en 1974 ont été diffusées plusieurs fois dans les pays anglophones, et il était extrêmement renommé pour ses présentations de concerts, dont on peut entendre quelques exemples dans la présente édition.

A son répertoire, Tintner comptait cinquante-six opéras, dont il dirigeait environ les deux tiers par cœur. En 1974, il devint pendant deux ans chef d’orchestre senior en résidence de l’Opéra australien. Il y dirigea des représentations de Fidelio devenues légendaires, exprimant l’engagement de toute sa vie pour l’humanisme et la compassion. A partir de 1976, Tintner fut directeur musical de l’Orchestre philharmonique du Queensland jusqu’à ce qu’il s’établisse au Canada fin 1987 comme directeur musical de Symphony Nova Scotia. Il se produisit avec tous les orchestres et toutes les troupes d’opéra d’Australie et de Nouvelle-Zélande, puis avec tous les grands orchestres canadiens, dont les Orchestres symphoniques de Montréal et de Toronto. Aux USA, il se produisit en tournée avec les Cuivres canadiens et travailla avec le Théâtre lyrique du Michigan.

Il réalisa de nombreux enregistrements commerciaux, dont certains pour la CBC qui sont réédités dans la présente Edition commémorative. Sa série pour Naxos des onze symphonies de Bruckner, menée à bien au cours de ses deux dernières années de vie, lui a valu des louanges internationales.

Georg Tintner a été honoré dans quatre pays. Il s’est vu décerner plusieurs doctorats honoraires, et parmi ses décorations figurent la Croix d’officier de l’Ordre du mérite autrichien. Il était membre de l’Ordre du Canada

Il mourut à Halifax en octobre 1999.

Tanya Tintner

Version française : David Ylla-Somers


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