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8.557238 - BEETHOVEN: Symphony No. 3 / SIBELIUS: Symphony No. 7 (Tintner Edition 6)
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EDITION COMMÉMORATIVE TINTNER • VOLUME 6

EDITION COMMÉMORATIVE TINTNER • VOLUME 6

 

Avec ses neuf symphonies, écrites entre 1800 et 1824, Beethoven modifia le cours de l’histoire symphonique. Bien qu’il ait changé peu de choses à la composition de l’orchestre en lui-même, il développa grandement la forme traditionnelle, tout comme elle avait été développée à l’époque de Haydn et de Mozart. Sous sa plume, la symphonie prit un poids dramatique et musical qui eût été inconcevable jusque là. Aux yeux de ses contemporains, Beethoven passait pour un original fini, mais certains de ses successeurs furent intimidés par ce qu’il avait apporté au genre de la symphonie.

 

La Symphonie n° 3 présente un certain nombre de traits originaux, dont la substitution d’une marche funèbre à la place du mouvement lent, d’un Scherzo à la place du Menuet, tout comme la Symphonie en ré majeur, et une série de variations pour le finale. De plus, elle est écrite à une échelle héroïque, requérant quatre flûtes, quatre hautbois, quatre clarinettes, quatre bassons, quatre trompettes et des tambours, avec trois cors d’harmonie et les cordes habituelles.

 

“Il y a une progression énorme entre la Première et la magnifique Seconde Symphonie, souvent sous-estimée,” déclara le maestro Tintner. “Beethoven y fait un pas encore plus grand en direction de la titanesque Symphonie Héroïque, hommage immortel à l’esprit des héros dans le triomphe comme dans la peine. C’est du pur Beethoven, les idéaux de la Révolution française traduits en musique. Beethoven débute par une mélodie que Mozart avait déjà utilisée à treize ans dans son ouverture de Bastien et Bastienne, mais quelle différence ! Selon Karl Czerny, élève et ami du maître, Beethoven souhaitait la répétition de deux mesures [150-151] de la fin de l’exposition (on trouve effectivement cette indication dans la partition originale, mais elle est biffée ; la question est de savoir si c’est de la main de Beethoven ou d’un autre). [Dans la présente version, le maestro Tintner observe la répétition.]

 

“En plus de créer une œuvre aux dimensions énormes, Beethoven introduit un thème entièrement nouveau dans la section de développement du premier mouvement, oblitérant presque ainsi la forme sonate. Et choisit-il le thème des Variations du merveilleux dernier mouvement de sa propre musique des Créatures de Prométhée afin de rendre hommage à l’héroïsme de Prométhée, le porte-feu qui défia les dieux?”

 

A l’instar de Beethoven, le compositeur finlandais Jean Sibelius sut modeler les grands courants dramatiques musicaux. Sibelius était né dans un foyer où l’on parlait suédois en 1865. C’est à l’école qu’il découvrit et apprit le finnois et commença à s’intéresser aux anciennes légendes finlandaises. Pendant toute la fin du XIXè siècle, il y eut de profonds désaccords entre la grande bourgeoisie, pratiquant le suédois, et le peuple, qui parlait le finnois, dont des nationalistes influents embrassèrent la cause ; mais ces désaccords furent accentués par les mesures répressives prises par le tsar Nicolas II avant la révolution de 1905. Dans cette société, Sibelius fut profondément marqué par ses rapports avec la famille du général JSrnefelt, dont il épousa la fille, Aino. Toutefois, sa langue maternelle était le suédois, et il s’exprimait bien plus aisément dans celle-ci qu’en finnois.

 

La fibre musicale de Sibelius fut très vite reconnue, mais pas développée assez tôt pour que soit envisagée une profession musicale avant qu’il n’ait intégré la faculté de droit d’Helsinki. Il ambitionna d’abord d’être violoniste, mais il fut vite évident que ses talents de compositeur, qui avaient été développés en premier lieu par des études à Berlin avec Goldmark et plus particulièrement avec Robert Fuchs à Vienne, l’emportaient sur ses dons d’instrumentiste.

 

En 1918, Sibelius écrivit à son fidèle ami et admirateur Alex Carpelan, ébauchant des projets pour trois nouvelles symphonies. La troisième d’entre elles, la symphonie n° 7 en ut majeur opus 105, qui fut finalement achevée en 1924 et créée à Stockholm, devait comporter trois mouvements, se concluant par un ‘rondo hellénique’ et empreinte d’une atmosphère de Weltschmerz. De fait, cet ouvrage finit par ne compter qu’un seul mouvement, composé d’un Adagio d’ouverture, d’un scherzo et d’un rondo, avec un dernier retour à l’Adagio ; il fut décrit comme une Fantasia sinfonica. Par bien des aspects, avec l’unité massive de sa structure, on pourrait considérer qu’il résume les accomplissements de son compositeur. Un thème de trombone solennel se fait proéminent lors des trois occasions où il est joué. Quand il débute, le scherzo affairé semble un prolongement naturel de ce qui a précédé, le trombone reparaissant par-dessus la texture orageuse.

 

Le caractère de la section de rondo est d’abord plus léger, instauré par le cor d’harmonie, se faisant peu à peu plus sombre, même si la danse prédomine jusqu’à ce que le majestueux thème de trombone vienne couronner un apogée dramatique. Les cordes chatoyantes constituent la toile de fond d’une dernière réminiscence thématique, tandis que l’œuvre atteint sa triomphale conclusion.

 

 

Georg Tintner

 

Georg Tintner naquit à Vienne en 1917. Il commença à étudier le piano à six ans, se mettant vite à composer. De neuf à treize ans, il fit partie du Chœur de garçons de Vienne, qu’il dirigea également lors d’exécutions de ses propres compositions. A treize ans, il entra à l’Académie d’état de Vienne comme jeune compositeur prodige, étudiant la composition avec Josef Marx et dirigeant avec Felix Weingartner. A dix-huit ans, il était devenu le chef d’un chœur de formation du Chœur de garçons de Vienne, et il fit répéter le chœur pour une exécution de la Symphonie n° 8 de Mahler avec Bruno Walter en 1936. Ses compositions étaient interprétées en concert et diffusées par la radio autrichienne, et à dix-neuf ans, il devint chef d’orchestre adjoint du Volksoper de Vienne.

 

En 1938, il échappa aux Nazis, passant un an en Angleterre avant d’émigrer en Nouvelle-Zélande. Pendant plusieurs années, il administra un élevage de volaille – ce qui fit de lui un végétarien convaincu – avant de devenir directeur musical des Instrumentistes à corde d’Auckland et de la Société chorale d’Auckland en 1947. Il se déclarait également socialiste et pacifiste, et en tant que tel, il circulait à vélo, le moyen de transport qui pour lui symbolisait « le summum de tout ce qui est inoffensif. »

 

En 1954, il se rendit en Australie comme chef d’orchestre en résidence de l’Opéra national, puis de l’Opéra élisabéthain. Au cours des années suivantes, il effectua de vastes tournées en Australie et fut un pionnier de l’opéra télévisé auprès de l’Australian Broadcasting Commission. En 1964, il fut directeur musical de l’Opéra de Nouvelle-Zélande, et en 1966-67, directeur musical de l’Orchestre municipal du Cap. Bien qu’on lui ait offert un contrat longue durée, Tintner quitta l’Afrique du Sud pour des raisons politiques. Il s’en fut à Londres et à Sadler’s Wells (l’English National Opera) pendant trois ans, avec des apparitions comme chef invité avec les London Mozart Players, l’Orchestre symphonique de Bournemouth, la Northern Sinfonia et l’Orchestre symphonique de Londres pour la BBC.

 

Il rentra en Australie en 1970 comme directeur musical de la Troupe d’opéra ouest-australienne. En 1971, il fut invité comme directeur musical de l’Orchestre national des jeunes musiciens du Canada, visite couronnée d’un tel succès qu’elle se répéta sept fois. Tintner entretenait un rapport privilégié avec les jeunes musiciens, dirigeant de nombreux concerts avec les orchestres de jeunes musiciens de plusieurs pays. Une série de conférences qu’il donna en 1974 ont été diffusées plusieurs fois dans les pays anglophones, et il était extrêmement renommé pour ses présentations de concerts, dont on peut entendre quelques exemples dans la présente édition.

 

A son répertoire, Tintner comptait cinquante-six opéras, dont il dirigeait environ les deux tiers par cœur. En 1974, il devint pendant deux ans chef d’orchestre senior en résidence de l’Opéra australien. Il y dirigea des représentations de Fidelio devenues légendaires, exprimant l’engagement de toute sa vie pour l’humanisme et la compassion. A partir de 1976, Tintner fut directeur musical de l’Orchestre philharmonique du Queensland jusqu’à ce qu’il s’établisse au Canada fin 1987 comme directeur musical de Symphony Nova Scotia. Il se produisit avec tous les orchestres et toutes les troupes d’opéra d’Australie et de Nouvelle-Zélande, puis avec tous les grands orchestres canadiens, dont les Orchestres symphoniques de Montréal et de Toronto. Aux USA, il se produisit en tournée avec les Cuivres canadiens et travailla avec le Théâtre lyrique du Michigan.

 

Il réalisa de nombreux enregistrements commerciaux, dont certains pour la CBC qui sont réédités dans la présente Edition commémorative. Sa série pour Naxos des onze symphonies de Bruckner, menée à bien au cours de ses deux dernières années de vie, lui a valu des louanges internationales.

            Georg Tintner a été honoré dans quatre pays. Il s’est vu décerner plusieurs doctorats honoraires, et parmi ses décorations figurent la Croix d’officier de l’Ordre du mérite autrichien. Il était membre de l’Ordre du Canada

 

Il mourut à Halifax en octobre 1999.

 

 

L’orchestre Symphony Nova Scotia

 

Le Symphony Nova Scotia (SNS) est le seul orchestre symphonique pleinement professionnel du Canada à l’est de Québec. Fondée en 1983, ses trente-sept musiciens ont pour mission « d’améliorer la qualité de vie des citoyens de Nouvelle-Écosse ». Le Symphony Nova Scotia consacre ses talents à partager la musique classique en direct avec les auditeurs de toute la Nouvelle-Écosse grâce à ses concerts, et avec tous les Canadiens grâce à ses nombreuses émissions diffusées par la CBC. L’orchestre travaille également avec des partenaires dans d’autres domaines musicaux, ainsi qu’au théâtre et au ballet, et a récemment fondé le Chœur de Symphony Nova Scotia.

 

Dans les enregistrements de la présente série, les seconds violons sont placés à la droite du chef d’orchestre afin d’obtenir l’effet de contre-chant recherché par ces compositeurs.


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