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8.557993 - RAMEAU: Operatic Arias for Haute-contre
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Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Extraits de Opéras – L'art de Jélyotte, haute-contre

 

Jean-Philippe Rameau (1683–1764)

Rameau fut le compositeur français le plus éminent de son époque, notamment après la mort de Couperin en 1733. Il apporta une contribution importante et durable à la théorie de la musique. Né à Dijon deux ans avant les la naissance de Haendel, Bach et Domenico Scarlatti, Rameau fut pendant la majeure partie du début de sa carrière l'organiste de la cathédrale de Clermont. En 1722 ou 1723, toutefois, il se fixa à Paris, publiant de nouveaux recueils de pièces pour clavecin et son influent Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels, écrit avant son installation dans la capitale. A partir de 1733, il se consacra principalement à la composition d'opéras et à son travail de théoricien, étant également le premier musicien à bénéficier du parrainage d'un riche mélomane, dans la maison de qui il avait un appartement. Rameau contribua à diverses formes théâtrales, perpétuant avec certaines d'entre elles la tradition de Lully. Parmi celles-ci il y eut des tragédies lyriques, des comédies lyriques et des comédies-ballets. Il connut son premier succès en 1733 avec Hippolyte et Aricie, mais avec le temps les modes évoluèrent et les oeuvres scéniques qu'il écrivit après Les Paladins en 1760 ne furent pas montées de son vivant.

Keith Anderson

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L'art de Jélyotte, haute-contre

Pierre de Jélyotte naquit dans le village de Lasseube, près de la ville de Pau dans le sud-ouest de la France, le 13 avril 1713. Il étudia le chant et la composition ainsi que le clavecin, l'orgue, le violon et la guitare à Toulouse, puis il s'installa à Paris en 1733. Selon Constant Pierre, il effectua ses débuts au Concert Spirituel en mai de cette même année et fit sensation. Il intégra l'Opéra de Paris (ou l'Académie Royale de Musique, ainsi qu'on l'appelait alors) où il débuta avec le petit rôle d'un Grec dans la reprise du ballet héroïque en trois actes de Colin de Blamont, Les Festes grecques et romaines, le 11 juin 1733. Son interprétation lui valut une critique très favorable dans le numéro de juin du Mercure de France et il fut alors choisi pour chanter l'Amour et l'une des Parques pour la création du premier opéra de Rameau, Hippolyte et Aricie, le 1er octobre 1733.

L'instrument de Jélyotte était puissant et très souple, avec un large ambitus allant de fa2 à ré4. Cette voix de ténor aiguë était dénommée haute-contre en français, terme qui évite la confusion des différentes définitions du mot ‘contre-ténor'. Le haute-contre français est un ténor aigu qui peut chanter en voix naturelle de mi2 à ut4. Ce n'est qu'occasionnellement qu'un haute-contre utilise sa voix de fausset dans la partie la plus aiguë de sa tessiture. Jélyotte ne tarda pas à se voir confier des rôles de plus en plus importants à l'opéra. Lors de la création du ballet héroïque de Rameau Les Indes galantes, le 23 août 1735, il chanta les rôles protagonistes de Valère et de Don Carlos dans les premier et deuxième actes. A vingt-deux ans, il était devenu une vedette, et il allait désormais chanter de grands et de petits rôles avec un immense succès jusqu'à ses adieux à la scène en 1755.

Après avoir quitté l'Opéra de Paris, Jélyotte continua de chanter au service de la cour dans le cadre de programmes lyriques donnés à Versailles et à Fontainebleau. En 1762, après l'une de ces occasions, le Mercure de France rapporta qu'il était toujours admirable, paraissant savourer l'éclat et la souplesse de sa voix, sans manquer d'être toujours aussi charmant. Cependant, le 9 novembre 1765, il prit sa retraite et rentra chez lui dans le sud-ouest de la France où, après une fin de vie paisible, il s'éteignit le 11 septembre 1797.

De 1733 jusqu'à son départ de l'Opéra de Paris en 1755, Jélyotte chanta 46 personnages dans 41 ouvrages (36 créations et cinq reprises) et se vit confier des rôles importants dans treize des seize compositions de Rameau montées pendant cette période. Le succès des opéras de Rameau était dû en grande partie à l'art de Jélyotte et de sa consoeur, la soprano Marie Fel. Jean-Louis de Cahusac, l'un des librettistes de Rameau souligne ce fait en écrivant qu'à l'heure actuelle, l'art lyrique dispose de deux chanteurs qui ont porté le goût, la précision et la légèreté du chant jusqu'à un degré de perfection jusqu'alors inconcevable. Selon Cahusac, l'art lyrique leur doit ses immenses progrès, car c'est sans doute grâce aux possibilités que Rameau avait vues dans leurs voix éclatantes et flexibles que l'opéra doit les remarquables ouvrages avec lesquels cet illustre compositeur a enrichi le chant français.

Nizam P. Kettaneh

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Notes sur la présente interprétation

La carrière de Jélyotte, haute-contre du XVIIIè siècle, fut indissociable des opéras de Rameau. Avec le renouveau qu'a récemment connu Rameau, le haute-contre Jean-Paul Fouchécourt a été lié tout aussi étroitement à Platée, et nous sommes très heureux d'enregistrer des extraits de cette oeuvre avec lui. Avec Platée, Rameau apporta une imagination débordante et une grande subtilité musicale à un rôle comique. La variété de coloris de la palette de caractérisation musicale du compositeur est encore plus frappante quand on l'apprécie aux côtés d'autres airs de haute-contre tirés de ses ballets héroïques et de ses tragédies lyriques. Le fait d'associer sur un même disque Platée, la pastorale La Guirlande et le profondément émouvant Lieux funestes' de Dardanus nous permet de découvrir un large éventail d'émotions au sein de l'oeuvre de Rameau. Pour Naïs, nous avons accolé des passages qui dans la partition intégrale sont séparés par d'autres pages, et pour Les Fêtes de l'Hymen et de l'Amour et Zaïs, nous avons extrait certains morceaux de leur continuité originale. Tout comme Thespis dans Charmant Bacchus, le dernier air, nous espérons que le “dieu de la liberté” nous en permettra quelques-unes et, dans le cas de Platée, nous autorisera à rire. Rameau, le maître de l'harmonie, avait sûrement la même intention lorsque, par exemple, il confia astucieusement des parties ‘éméchées' aux instrumentistes qui accompagnent les paroles de Thespis “ Dussé-je être mal écouté ”.

Ryan Brown

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Extraits de Platée, La Guirlande de fleurs, Naïs, Castor et Pollux, Les Festes de l'Hymen et de l'Amour, Dardanus, Zoroastre et Zaïs

 

Platée

Platée fut créé lors d'une unique représentation à Versailles le 31 mars 1745, dans le cadre des festivités célébrant le mariage du Dauphin, fils héritier de Louis XV, avec une princesse royale espagnole. L'ouvrage fut éclipsé par les autres spectacles donnés à cette occasion, la création d'une comédie-ballet de Voltaire et Rameau, La Princesse de Navarre, et les reprises de Thésée de Lully, Zaïde de Royer et Zélindor, Roi des Sylphes, de Rebel et Francoeur. Jélyotte chantait le rôle-titre. Le 9 février 1749, Platée fut redonné avec un livret quelque peu modifié à l'Opéra de Paris, où il connut une série de représentations couronnées de succès. Sa reprise à l'Opéra de Paris en 1754 alors que la « Querelle des Bouffons » battait son plein paracheva son triomphe.

Jupiter est las des reproches jaloux de son épouse Junon. Mercure lui suggère un stratagème grâce auquel il pense que Jupiter sera débarrassé de cette jalousie importune. Pour démontrer à Junon à quel point ses perpétuels soupçons sont peu fondés, Jupiter feindra de s'éprendre de la plus grotesque et la plus improbable des créatures. Platée est une nymphe déjà mûre, au physique ingrat de batracien, qui se croit pourtant très séduisante. Aucun risque que ce coureur de Jupiter tombe amoureux d'elle.

Au premier acte, Platée nous est présentée alors qu'elle extravague sur son amour pour le roi Cithéron. [Track 1]

Mercure est envoyé à Platée pour lui apprendre que Jupiter la désire. Elle le croit aussitôt et annonce triomphalement à ses nymphes qu'elle va bientôt recevoir l'hommage du souverain de tous les dieux. [2]

Platée n'a aucun doute quant à la sincérité de son nouveau soupirant et l'attend avec impatience. Jupiter descend majestueusement des cintres sur un nuage. [3]

Au troisième acte, Mercure prépare un faux festin de noces pour Jupiter et Platée. Au son d'une marche enjouée, les convives font leur entrée sur scène: des dryades et des satyres dansent, des nymphes de la suite de Platée chantent. Celle-ci, complètement recouverte d'un voile nuptial, entre sur un char traîné par deux grenouilles, flanqué de Jupiter et Mercure, tous deux à pied. Après la marche, Platée saute de son char, prend la main de Jupiter et l'entraîne vers le bord de la scène pour lui confier [4]

 

La Guirlande de fleurs

Le ballet en un acte La Guirlande de fleurs fut créé à l'Opéra de Paris (L'Académie Royale de Musique, ainsi qu'on l'appelait alors) le 21 septembre 1751, lors d'une soirée où étaient aussi présentés Les Sauvages de Rameau, l'un des actes de son opéra-ballet Les Indes galantes, et le ballet en un acte de Rebel et Francoeur Les Génies tutélaires. Jélyotte chantait le rôle de Mirtil.

L'action se déroule dans une campagne arcadienne. On y trouve un autel consacré à Cupidon, le dieu de l'amour, avec sa statue à l'arrière-plan. Le berger Mirtil est épris de la bergère Zélide. Ils ont échangé des guirlandes de fleurs magiques qui ne se fanent pas tant que chacun est fidèle à l'autre. Parti obtenir la bénédiction de ses parents pour son union avec Zélide, Mirtil se permet de badiner en passant avec une certaine Amarillys. Au début de l'opéra, Mirtil est rentré de son voyage et est tout gêné de voir que les fleurs de sa guirlande ont fané. Il se reproche son infidélité et dépose sa guirlande flétrie sur l'autel de Cupidon, suppliant le dieu de raviver ses fleurs. [5]

Après le départ de Mirtil, Zélide entre en scène avec un groupe de bergers et de bergères au son d'un Air gracieux, qui constitue un charmant portrait musical de la jeune fille.

 

Castor et Pollux

La tragédie lyrique Castor et Pollux fut créée à l'Opéra de Paris le 24 octobre 1737. Son livret fut sévèrement critiqué, mais l'ouvrage n'en remporta pas moins un grand succès. Le livret fut profondément modifié pour la reprise de 1754. Celle-ci, dont la première eut lieu le 11 janvier 1754, servit d'argument à la Querelle des bouffons, qui opposait les champions de la tragédie lyrique française à ceux de l'opera buffa italien. Le succès retentissant de Castor et Pollux en 1754 trancha le débat en faveur de l'opéra français. Lors de la reprise, Jélyotte chantait le rôle de Castor. C'est à l'occasion de représentations ultérieures de l'ouvrage en 1755 qu'il fit ses adieux à l'Opéra de Paris.

Castor et Pollux sont deux frères jumeaux. Selon la mythologie grecque, Léda, leur mère, avait reçu la même nuit la visite de Jupiter (sous l'apparence d'un cygne) et celle de son époux Tyndare, le roi de Sparte. Ainsi, Pollux est le fils de Jupiter et est immortel tandis que Castor, fils de Tyndare, est mortel.

Télaïre et Phébé sont deux soeurs, filles d'Apollon. Alors que Télaïre est douée d'un charme irrésistible auquel succombent tous les hommes, sa soeur n'a pas ce pouvoir mais a en revanche celui de conjurer les forces des enfers pour lui venir en aide.

Dans la version de 1754 du livret, Pollux est sur le point d'épouser Télaïre, qui aime Castor et est aimée de lui. Phébé aussi aime Castor, et grâce à son pouvoir elle sait que Castor aime Télaïre. Elle sait également que Lincée, soupirant malchanceux de Télaïre, projette d'enlever la jeune fille avant son mariage avec Pollux.

Castor fait ses adieux à Télaïre et lui dit qu'il préfère s'exiler plutôt que de se voir constamment rappeler son amour sans espoir. Leur conversation est surprise par Pollux, qui ordonne à Castor de demeurer et lui offre la main de Télaïre, car il ne supporte pas d'être le témoin du malheur des deux êtres qu'il chérit le plus. Castor chante son bonheur, mais sa joie est de courte durée: aidé par Phébé, Lincée tente de forcer Télaïre à le suivre. Pollux et Castor le combattent, mais dans la lutte Castor est tué.

Nous retrouvons Castor aux Champs Elysées, le royaume des ombres, où il n'arrive ni à trouver le repos, ni à oublier sa bien-aimée Télaïre. Il exprime sa mélancolie dans l'Air. [6]

 

Naïs

Naïs fut créé à l'Opéra de Paris le 22 avril 1749. Jélyotte endossa le rôle de Neptune, dieu des mers. Le livret nous apprend que la scène représente les rives de l'Isthme de Corinthe, où vont se célébrer les jeux Isthmiques. Naïs est une belle nymphe à la voix envoûtante. Elle a été choisie pour présider aux jeux Isthmiques, qui se déroulent en l'honneur de Neptune.

Ayant entendu la voix de Naïs, Neptune tombe amoureux d'elle. Il décide d'assister aux jeux Isthmiques avec les membres de sa suite tous déguisés en marins et de courtiser Naïs. Elle est attirée par cet inconnu, mais est extrêmement gênée de l'entendre associer son nom à celui du dieu des mers. Les compliments de Neptune à Naïs exaspèrent ses deux soupirants contrariés, Télénus et Asterion. Ils résolvent de prendre les armes contre leur rival inconnu. Au début du troisième acte, Neptune, toujours déguisé, est venu retrouver Naïs sur le rivage où elle a coutume de se promener en chantant tous les matins à l'aube. Craignant ce qui pourrait advenir, Naïs prévient Neptune déguisé du projet de ses rivaux. Ce faisant, elle révèle son amour pour lui, et il chante sa joie dans la scène et Ariette qui suivent. [7]

 

Les Festes de l'Hymen et de l'Amour

Le ballet héroïque Les festes de l'Hymen et de l'Amour, constitué de trois actes indépendants précédés d'un prologue, fut créé à Versailles le 15 mars 1747 afin de célébrer le deuxième mariage du Dauphin, le fils du roi Louis XV, avec Marie-Josèphe de Saxe, la future mère des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. La première épouse du Dauphin, pour les noces de qui Rameau avait composé Platée et La Princesse de Navarre en 1745, était morte en couches un an auparavant.

Le titre du premier acte est Osiris. Orthésie, la reine des Amazones, est courtisée par le dieu Osiris. Elle l'enjoint de fuir car les dieux et les lois de son pays ne tolèrent pas la présence des hommes et ses sujets se sont soulevés et sont prêts à les mettre à mort, sa suite et lui. Sans se laisser décourager, Osiris répond à Orthésie avec les charmants Air gracieux et Ariette. Après de nouvelles menaces de la reine et de ses sujets, Osiris parvient à toucher le coeur de la souveraine, qui cède à ses instances. [8]

 

Dardanus

Dardanus fut créé à l'Opéra de Paris le 19 novembre 1739, avec Jélyotte dans le rôle-titre. A cause de la grande médiocrité de son livret, l'ouvrage reçut un accueil assez mitigé. Rameau et son librettiste, Charles-Antoine Le Clerc de la Bruère, réécrivirent la majeure partie du texte et de la musique pour la reprise de l'ouvrage à l'Opéra de Paris le 23 avril 1744. Cette fois, encore Jélyotte chantait le rôle-titre.

Dardanus est le fils de Jupiter, le fondateur de la ville de Troie et l'ennemi de Teucer, le roi de Phrygie. Iphise, la fille de Teucer, est secrètement éprise de Dardanus mais son père a promis sa main à Anténor, le roi d'un pays voisin, en échange d'une alliance de leurs armées contre Dardanus.

Dardanus va consulter le magicien Isménor et lui avoue son amour pour Iphise, la fille de son ennemi. Isménor lui donne une baguette magique qui le rend invincible et lui prête l'apparence extérieure du magicien. Sur ces entrefaites, Anténor se présente à la porte du magicien et prend Dardanus pour Isménor, lui révélant qu'il aime Iphise mais la soupçonne d'avoir répondu froidement à ses avances parce qu'elle est éprise d'un autre. Dardanus essaie d'apprendre par Anténor qui peut être son heureux rival dans le coeur d'Iphise, mais Anténor doit se cacher en hâte car celle-ci arrive pour consulter à son tour le magicien au sujet de son amour secret pour Dardanus. C'est celui-ci qui, toujours sous les traits d'Isménor, reçoit ses confidences. Il se dévoile en rejetant la baguette magique et dit à son tour à Iphise qu'il l'aime. Apeurée et confuse, la jeune fille s'enfuit et Dardanus est capturé par les hommes d'Anténor et de Teucer et jeté en prison. Le quatrième acte de la version de 1744 débute avec Dardanus dans sa cellule. Il chante l'Air. [9]

 

Zoroastre

Zoroastre fut créé à l'Opéra de Paris le 5 décembre 1749, alors que la popularité de Rameau auprès du public parisien était à son comble. De fait, depuis janvier 1748, pas moins de six de ses ouvrages avaient été montés par l'Opéra de Paris, poussant le gouvernement à interdire à la direction de l'Opéra de représenter plus de deux oeuvres de Rameau par saison afin de ne pas décourager les autres compositeurs. Une fois de plus, Jélyotte se vit confier le rôle-titre.

Abramane, grand prêtre d'Arimane, dieu des ténèbres, est parvenu à convaincre le peuple de Bactriane que leurs dieux ont causé la mort prématurée de Phaeres, le roi de Bactriane, car il a tenté d'abolir leur culte. En réalité, Abramane est épris d'Amélite, l'héritière présomptive du trône, et désire l'épouser afin de régner sur le royaume de Bactriane. Amélite, quant à elle, aime Zoroastre, le prophète des Mages sages, et est aimée de lui. Sur les instances d'Abramane, le peuple de Bactriane a exilé Zoroastre.

Au début du deuxième acte, nous trouvons Zoroastre au palais d'Oromasès, le roi des Génies, où il s'est réfugié après avoir été exilé. Il lamente sa séparation d'avec Amélite dans l'Air. [10]

 

Zaïs

Donné pour la première fois le 29 février 1748, Zaïs, ballet héroïque en quatre actes et un prologue, connut le succès avec une série de trente-six représentations consécutives et fut repris deux fois pour cinquante représentations supplémentaires. Lors de la création, Jélyotte endossa le rôle-titre.

Zaïs, esprit des airs, aime Zélidie, une simple bergère. Déguisé en berger, il lui déclare sa flamme et elle s'éprend de lui. Zaïs veut mettre l'amour de Zélidie à l'épreuve pour voir si les sentiments de la jeune fille sont aussi profonds que les siens. Au début du deuxième acte, Zaïs se trouve dans son palais et tient dans sa main un bouquet de fleurs magique qui exauce tous les souhaits de la personne qui le détient. Il chante l'Air. Zaïs tend le bouquet magique à Cindor, son confident, et l'enjoint de se faire passer pour l'esprit des airs et de séduire Zélidie. Passant outre les objections de Cindor, Zaïs ordonne aux zéphyrs de transporter Zélidie jusqu'à son palais et de la déposer devant Cindor. [11]

 

Naïs

Neptune provoque une tempête de mer pour engloutir ses rivaux. Ayant révélé sa véritable identité et son amour à Naïs, Neptune l'invite dans son palais. Les divinités des mers leur offrent un divertissement au cours duquel Neptune chante l'ariette. [12]

 

Platée

Le prologue de Platée est intitulé La Naissance de la comédie. Il fut considéré comme un bijou dès sa création et fut interprété indépendamment pendant près de vingt ans après la dernière représentation de l'opéra qu'il introduit. De fait, le prologue de Platée fut couplé en 1754 avec une reprise du Devin du village de Rousseau.

L'action se déroule dans un vignoble de Grèce. On voit plusieurs rangées de grands arbres qui soutiennent les treilles des vignes. Ce sont les vendanges et Thespis, l'inventeur de la comédie, dort pendant que les vendangeurs transportent le raisin vers les pressoirs. Aidé des vendangeurs, un satyre essaie de le réveiller pour qu'il puisse glorifier Bacchus, le dieu du vin. Thespis n'est guère content d'être arraché à sa sieste, mais finit par se laisser convaincre et chante une Ariette un peu légère, louant en Bacchus le dieu de…la moquerie. [13]

Nizam P. Kettaneh

 

Traductions françaises : David Ylla-Somers

 

Les textes sont accessibles en ligne à www.naxos.com/libretti/557993.htm

 


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