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8.573428 - STANILAND, A.: Talking Down the Tiger / Dreaded Sea Voyage / Flute vs Tape / Still Turning / True North (Scott, MacDonald, Watts, Uitti, Halladay)
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Andrew Staniland (né en 1977)
Talking Down the Tiger et autres oeuvres pour instruments solo avec fichiers électroniques

 

Talking Down the Tiger (2010)

Cet enregistrement comprend des oeuvres du compositeur canadien Andrew Staniland pour instruments solo avec fichiers électroniques.

Le titre et le concept musical de Talking Down the Tiger se sont imposés à moi simultannément. Les percussions représentent ici le tigre : féroce, beau et mystérieux. On emprunte souvent une écriture lourde et costaude pour les instruments de percussion, mais c’est surtout dans le pianissimo qu’ils se font particulièrement captivants et expressifs. J’ai voulu explorer ici un monde sonore sauvage et farouche qui s’estompe graduellement pour révéler un univers mystique et merveilleux. La pièce, constituée d’un seul mouvement continu comprenant deux grandes sections intitulées Crazy ! et Beautiful, contient des séquences de musique électronique en direct. J’ai utilisé une séquence en boucle (une technique qui consiste à capter un motif sonore et à le répéter sans cesse) pour développer la logique du discours musical. Pour ce faire, j’ai créé le stanilooper, mon propre échantillonneur de boucle, doté de fonctions de ‘looping’ uniques qui permettent de calquer la mélodie et le rythme des percussions. Les sons produits par le percussionniste sont prolongés dans le temps et l’espace grâce à l’emploi de multiples haut-parleurs. Talking Down the Tiger m’a été commandée par le percussionniste Ryan Scott, avec l’aide du Conseil des arts de Toronto.

Dreaded Sea Voyage (2013)

« Stephen Hawking déclare qu’il nous faut abandonner la Terre »
Le renommé physicien Stephen Hawking soutient que « la race humaine se dirige vers l’extinction si les hommes ne quittent pas la Terre.» The Toronto Star, le 30 juillet 2013

« Pendant des mois, Mahler a vécu dans la peur non avouée d’un imminent voyage en mer. »

Gustav Mahler: Volume 3. L’âge d’or de Vienne (1904-1907) par Henry-Louis de La Grange

Au moment où je composais The Dreaded Sea Voyage, la navette spatiale Voyager était sur le point de quitter notre système solaire, après y avoir passé 36 ans. Le fameux Voyager Golden Record, qui contient des sons et des images sensés dépeindre la diversité de la vie et de la culture sur terre, comprend un enregistrement du 1er mouvement du Concerto Brandebourgeois No. 2 de Bach ainsi que de la musique de cour javanaise avec gamelan. J’ai donc choisi quelques extraits du Disque d’or de Voyager comme point de départ et les ai transcrits à l’aide de mon logiciel d’écriture musicale. J’ai ensuite adapté ces extraits pour les amalgamer en une seule pièce à l’aide d’une technique extrapolée de modulation de fréquence, fondant les mesures d’une oeuvre à celles d’une autre et ainsi de suite. Cette fusion du Concerto Brandebourgeois de Bach et l’air de la Reine de la Nuit de Mozart a fait ressortir quelques accords hypnotisants qui sont devenus les pierres angulaires de l’harmonie.

Cette oeuvre incorpore le son amplifié de la guitare classique et de fichiers sonores électroniques. Les sources sonores sont donc variées, mais il importe d’ajouter qu’on y retrouve aussi des extraits de deux autres de mes compositions électroacoustiques, dont True North. Ainsi, je reprends ici l’échantillonnage du “big band hit” tiré de True North, et le répète plusieurs fois dans la finale de Dreaded Sea Voyage. Les trois sections s’intitulent : Stephen Hawking Says we Must Flee Earth, Gravity Pulls us Down, et Dreaded Sea Voyage. Cette oeuvre a été commandée par Daniel Cooper à l’intention du guitariste Rob MacDonald.

Flute vs Tape (2012)

D’abord conçue comme un duo pour flûtes à caractère ludique, Flute vs Tape est en fait un arrangement pour flûte seule de l’oeuvre originale. Cependant, la partie de seconde flûte est ici réalisée grâce à un fichier sonore électronique. La version acoustique, empreinte de virtuosité, de fantaisie, de fougue et de malice, vient établir un contraste avec le style parfois trop sérieux de certaines oeuvres de musique de concert contemporaine. La partie de sons fixés, écrite dans la même veine, accentue l’effet. J’ai incorporé à l’arrangement électronique des sons enjoués et de différents effets dont l’échantillonnage, un rythme hip-hop, le son de ma propre guitare électrique et celui du bodhrán, un instrument de percussion utilisé dans la musique irlandaise que l’on associe aussi à la culture musicale de Terre-Neuve, où je réside présentement. Flute vs tape est une commande de la flûtiste Marie- Hélène Brault, à qui elle est dédiée.

Still Turning (2011)

Écrite pour violoncelle seul et sons fixés, Still Turning est la dernière oeuvre d’une trilogie qui comprend aussi Solstice Songs (une commande du Gryphon Trio) et The River is Within Us (une commande de Duo Concertante). Ces trois oeuvres sur un même thème poétique et musical ont été composées succèssivement au printemps, à l’été et à l’automne 2011. Les deux simples mots du titre Still Turning (que m’a inspiré le célèbre poème de T.S. Eliot, Four Quartets) évoquent pour moi le concept de l’immobilité à l’intérieur du mouvement. En effet, nous éprouvons sur terre une réelle sensation d’immobilité, alors que celle-ci tourne rapidement sur elle-même. C’est là une dualité très inspirante, musicalement : percevoir le son et le comprendre est en soi un exercice complexe. Pourtant, une seule note surgissant du silence au moment opportun est émouvante de beauté et de simplicité. Still Turning, pour violoncelle seul et fichier électronique, comprend trois grandes sections : lyrical, toccata et still in dream-like suspension. Le fichier numérique qui se manifeste vers la fin de l’oeuvre évoque Solstice Songs et The River is Within Us tels de lointains souvenirs. Le texte qu’on entend à la toute fin est récité par Jill Battson, ma collaboratrice de longue date, qui en est aussi l’auteure. Cette oeuvre a été commandée par Daniel Cooper pour la violoncelliste Frances Marie Uitti, à qui elle est dédiée.

True North (2007) True North est une composition pour saxophone soprano et sons fixés. Les points cardinaux sont souvent perçus comme des points fixes et bien définis. Cependant, ils qu’au cours du siècle dernier, le Nord magnétique s’est déplacé d’environ 1000 kilomètres. Même le nord géographique (relativement à la position de Polaris) se déplace par rapport à l’axe de rotation de la terre. Il en va de même pour la musique : les goûts, les courants de la mode et les critères qui définissent un chef-d’oeuvre sont tout aussi sujets à des variations comparables, même s’ils semblent immuables. Tout bouge – rien n’est immobile.

Comme la partition l’indique, l’interprète est entouré de microphones disposés de façon à représenter les points cardinaux. Dans ce système de son multicanal, chaque microphone correspond à un haut-parleur, ce qui confère à l’interprète le contrôle de la spatialisation. La partie de saxophone est accompagnées de divers sons fixes avec traitement et lecture de fichier audio: de l’huile qui s’égoutte, alarmes de portes entrouvertes et moteurs d’automobiles qui calent en tentant de démarrer... En caméo, on retrouve aussi la voix d’une star canadienne de l’opéra (dont le nom n’est pas dévoilé). True North a été composée pour le saxophoniste Wallace Halladay, grâce au soutien du Conseil des arts du Canada.

Andrew Staniland
English translation: Francine Labelle


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