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8.660322 - MONSIGNY, P.-A.: Roi et le fermier (Le) (The King and the Farmer) [Comic Opera] (Opera Lafayette, Brown)
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Pierre-Alexandre Monsigny (1729–1817) et Michel-Jean Sedaine (1719–1797)
Le Roi et le fermier

 

Melchior Grimm, auteur de la Correspondance littéraire, philosophique et critique (lettres bimensuelles adressées aux différentes cours princières d’Allemagne pour les informer des événements culturels parisiens), commentant le succès des opéras-comiques joués sur les théâtres des foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent écrit qu’il va « nous dégoûter de plus en plus de la lourde monotonie de l’opéra français ». Effectivement, non seulement le public de l’Académie royale de musique, ainsi que se nommait alors l’Opéra de Paris, mais aussi celui des deux autres institutions sous privilège royal, la Comédie italienne et la Comédie française désertaient ces salles pour assister aux spectacles de théâtre des forains. Aussi, en février 1762, cédant aux intrigues et aux pressions des directeurs des institutions privilégiées, le gouvernement ferma les théâtres des foires et intégra les cinq meilleurs acteurs dans la troupe de la Comédie italienne.

Il est curieux de noter que le seul opéra-comique qui plaisait au peu mélomane Louis XV était « On ne s’avise jamais de tout » (1761) de Monsigny et Sedaine et que ce furent justement les cinq acteurs qui créèrent cet ouvrage qui furent incorporés à la Comédie italienne. Quoi qu’il en soit, le succès des opéras-comiques des forains, dû aux trois compositeurs, Duni, Philidor et Monsigny et à leurs librettistes dont surtout Michel-Jean Sedaine, se poursuivit à la Comédie italienne. Si bien qu’en 1780, la troupe italienne de la Comédie italienne fut licenciée : la Comédie italienne devenant en effet l’Opéra-Comique.

Juste après la fermeture des théâtres de la foire, Monsigny remporta son premier grand succès à la Comédie italienne avec « Le Roi et le fermier » sur un livret de Sedaine que Philidor avait rejeté. Sedaine s’était inspiré d’une pièce de théâtre anglaise de Robert Dodsley (1704–1764) : « The King and the Miller of Mansfield » (1737), qui avait paru en 1756 dans une traduction de Claude-Pierre Patu (1729–1757). Le choix d’un modèle anglais n’était pas inhabituel pour Sedaine. Ce dernier avait déjà adapté la traduction de Patu du Ballad-Opera de Charles Coffey, The Devil to Pay, or The Wives Metamorphos’d (1731), pour le livret de l’opéra-comique, Le Diable à quatre, mis en musique par Philidor et Laruette en 1756. Sedaine était aussi très introduit dans les salons de l’aristocratie parisienne qui à cette époque affectait une passion pour tout ce qui était anglais. En 1745/46, Pierre-Antoine de La Place (1707–1793) avait publié sa traduction du théâtre de Shakespeare. Des articles comparant le théâtre de Shakespeare à celui de Corneille, au détriment de ce dernier, avaient paru dans le Journal encyclopédique en octobre 1760, incitant Voltaire, pourtant amateur de Shakespeare, à venir à la défense du théâtre classique français. En fait cette anglophilie avait aussi une dimension politique. C’était une réaction contre le gouvernement alors en pleine guerre de Sept Ans (1756–1763) contre l’Angleterre. Par les deux traités de Versailles (1756 et 1757), la France tournait le dos à deux cents ans de politique anti-habsbourgeoise et signait avec l’Autriche une alliance qu’allait renforcer le mariage du petit-fils de Louis XV, le futur Louis XVI, à Marie-Antoinette, fille de l’impératrice Marie-Thérèse.

Ce renversement d’alliances était très impopulaire dans tout le pays et particulièrement parmi les intellectuels groupés autour des encyclopédistes. Ceux-ci considéraient la monarchie anglaise bien plus libérale que les monarchies des Bourbons et des Habsbourgs et voulaient saper l’influence de l’Eglise catholique sur le pouvoir parce qu’ils considéraient qu’elle avait encouragé le rapprochement des deux royaumes catholiques et avait ainsi entraîné la France dans une guerre désastreuse. La France allait perdre la plupart de ses colonies aux Indes, le Canada, la vallée du Mississipi et la Nouvelle-Orléans ainsi que plusieurs îles des Antilles.

Sedaine était conscient de l’aspect subversif du livret de « Le Roi et le fermier » et tâcha de se justifier dans l’ « Avertissement de l’auteur » publié en préface du livret : « Entrainé par la Scène & par le lieu où elle se passe, & par l’Original Anglois qui m’a beaucoup servi ; j’avois fait dire à mon Fermier des vérités de toutes les Cours, & de tous les temps : mais quelques personnes animées de ce zèle que j’aurois eu peut-être moi-même à leur place, ont crû voir des duretés, ils ont fait changer cette Scène, & elle est représentée telle qu’elle a été changée. » Il n’empêche que le dialogue de l’Acte III, scène 10, entre le Roi et Richard dans lequel ce dernier met en doute l’affirmation du Roi : « Soyez persuadé, Richard, qu’un Roi qui sait aimer, a des amis fidèles, & des Ministres sûrs. » peut être pris comme une critique voilée de la confiance que Louis XV mettait en ses ministres responsables du renversement d’alliances avec ses conséquences néfastes.¹

Le livret de Sedaine n’est pas seulement neuf de par son engagement politique mais aussi, et surtout, par sa manière de fusionner la musique et le drame. Ainsi, dans la dernière scène de l’Acte I, un orage se lève interrompant le duo de Jenny et de Richard et les obligeant à prendre abris dans la ferme. L’orage sert d’interlude musical entre les actes et s’entend encore s’éloignant dans le lointain pendant le duo qui ouvre le second acte. Sedaine permet à Monsigny de caractériser ses personnages à travers leurs émotions : d’entrée de scène, Richard chante une ariette agitée mais Sedaine ne révèle la cause de cette agitation qu’à la scène IV et fait suivre cette révélation d’une autre ariette pour Richard, marquée amoroso dans la partition. Cette manière de présenter les personnages par le biais de leurs émotions était neuve à l’opéra-comique de cette période. Travaillant en étroite collaboration avec son compositeur, Sedaine offre des occasions à la musique de magnifier la situation dramatique. Par exemple, le finale du second acte où Lurewel et le Courtier sont arrêtés par les gardeschasses et qui annonce le trio qui clôt le premier acte de l’ « Enlèvement au Sérail » de Mozart ; de même le septuor de l’acte III, lorsque l’identité du Roi est dévoilée, ou encore le trio des femmes au début de l’acte III, chantant ensemble chacune une chanson différente tout en filant et cousant [16].

La musique de Monsigny est tout aussi novatrice que le livret de Sedaine. L’ouverture (un Presto en Mi bémol majeur suivi d’un Andante Allegretto en Do mineur) est suivie directement de l’ariette initiale de Richard Je ne sais à quoi me résoudre [2], un Allegro également en Mi bémol majeur. Ce faisant, Monsigny fond l’ouverture et l’ariette de Richard dans une plus large structure formant en quelque sorte le portrait en triptyque du fermier. Monsigny varie les formes qu’il emploie pour les ariettes à des fins expressives : l’ariette de Jenny, Ce que je dis est la vérité même [7], emploie strictement une forme da capo pour souligner la sincérité et la candeur de la jeune fille ; la jalousie de Richard dans son ariette, D’elle-même, et sans effort [4], s’exprime par une forme rondeau, tandis que la naïveté et la simplicité de Betsy dans son ariette, Il regardait mon bouquet [19], sont rendues par une forme strophique variée. Pour les ariettes à fonction narrative, Monsigny crée des formes plus complexes et utilise des motifs caractéristiques à l’orchestre pour suivre musicalement l’action décrite comme par exemple dans l’ariette de Jenny, Le Milord m’offre des richesses [6]. Enfin, la nature (l’obscurité de la nuit, l’orage, la forêt inquiétante et inhospitalière) est traduite en musique dans un langage musico-dramatique nouveau qui trouvera son épanouissement dans la scène des Gorges du Loup du Freischutz de Weber (1821).

Sedaine avait pleinement conscience de l’aspect novateur de son livret et était très reconnaissant à Monsigny de l’avoir si bien suivi dans cette nouvelle voie aussi ne lui ménagea-t-il pas ses compliments dans la préface de son livret : « Jamais bon ou mauvais Ouvrage n’a eu tant de peine que celui-ci à paraître au Théâtre (…) ; il fallait que je trouvasse un grand Artiste, un Musicien habile, qui voulût bien avoir un peu confiance en moi : enfin un ami qui voulût bien risquer un genre nouveau en musique ».

A la création du Roi et le fermier le 22 novembre 1762, l’accueil du public, surpris par tant des nouveautés, fut tiède. Mais revenu de sa surprise, le public assura ensuite à l’ouvrage un tel succès qu’un chroniqueur rapporta qu’il « a eu plus de deux cents représentations, et les Comédiens assurent qu’elle a valu plus de vingt mille francs à MM. Sedaine et Moncini [Monsigny] ». Un an plus tard, l’oeuvre était jouée en français à Vienne. Le Comte Durazzo (1717–1794), directeur des théâtres impériaux de Vienne, écrivit à Charles-Simon Favart (1710–1792), auteur de livrets d’opéras-comiques et directeur de la Comédie italienne : « Jamais opéracomique n’a eu plus de succès, en ce pays-ci ». En 1776, il fut donné à Saint-Pétersbourg en présence de Catherine II et de son entourage par la troupe du Corps des cadets de l’école militaire. Le 1er août 1780, Le Roi et le fermier fut le premier spectacle joué par la Reine, Marie-Antoinette, et ses proches. Marie-Antoinette incarnait Jenny et le Comte d’Artois (le futur Charles X) Rustaut. Le public était strictement limité à Louis XVI et aux princes et princesses royaux sans aucune personne de leur suite. Marie-Antoinette joua épisodiquement dans son théâtre entre 1780 et 1783, puis, et pour la dernière fois, le 19 août 1785. Fort heureusement, les décors pour Le Roi et le fermier ont survécu aux destructions du temps et, dûment restaurés, ont été employés pour les représentations d’Opera Lafayette au théâtre royal de Versailles.

La Révolution française et le changement dans les goûts du public ruinèrent la fortune de Monsigny. Emus, les artistes de l’Opéra-Comique lui offrirent une pension de 2400 livres rapportée par le Journal de Paris du 15 août 1798 en ces termes : « Le citoyen Monsigny, musicien distingué, auteur du Roi et le fermier et de plusieurs autres jolis ouvrages, est un des premiers créateurs du vrai genre de l’opéra-comique, dont on ne s’est que trop écarté depuis ». Huit ans plus tard, l’ouvrage était repris à l’Opéra-Comique avec un tel succès qu’il valut à son auteur, malade et appauvri, une nouvelle pension de 2000 francs.

Ce sont peut-être les compositeurs Etienne Nicolas Méhul (1763–1817) et Paul Dukas (1865–1935) qui ont le mieux décrit les qualités de la musique de Monsigny. Le premier fit une éloquente comparaison : « Il y a entre ses chants et les vers du bon La Fontaine des traits frappants de ressemblance. Leurs ouvrages offrent à un égal degré le naturel, la grâce, la naïveté, et parfois une négligence volontaire qui devient si piquante qu’elle doit en cela même être préférée à une froide correction ». Quant à Dukas, il écrivit dans sa rubrique de La Revue Hebdomadaire du 22 juillet 1893 : « Monsigny fut, en effet, un homme d’une nature exceptionnellement impressionnable et vibrante, du moins parmi les musiciens. De tous les compositeurs de notre pays, il est peut-être le premier qui ait eu le don de l’émotion vraie, humaine, de l’expression communicative et du sentiment juste (…) Ces frêles mélodies de Monsigny ne sont rien autre chose sans doute que des mélodies, mais d’une inspiration si émue, d’un accent si sincère, d’un contour si naturel et si charmant que l’on passe volontiers sur la faiblesse de l’harmonie qui les soutient et que l’on pardonne au musicien d’instinct qui les a rêvées, le peu d’apprêt de son art en faveur du plaisir qu’il nous cause ».

Nizam Kettaneh

Argument

Acte I: La forêt de Sherwood en fin d’après-midi. Richard, un fermier responsable de la forêt royale de Sherwood, est troublé et indécis (Je ne sais à quoi me résoudre [2]). Ses gardes-chasse viennent lui demander leurs instructions. Irrité, Richard les interroge sur l’endroit où se trouvent le roi et sa chasse. Désireux de voir son souverain, Richard remarque que le roi chasse très tard, que le vent se lève et qu’un orage pourrait bien éclater, en provenance de Mansfield. Betsy, la jeune soeur de Richard, interrompt ses réflexions, mais il la rabroue, et la jeune fille repart en pleurant. Richard enjoint à ses hommes de rester vigilants, car les braconniers risquent de profiter de la partie de chasse du roi pour lui voler son gibier pendant la nuit. Les hommes devront appréhender tous les contrebandiers qu’ils trouveront et les lui amener. Rustaut, l’un des gardes-chasse, demande à Richard pourquoi il est de si mauvaise humeur. Celui-ci lui confie que Lord Lurewel a enlevé sa chère Jenny et l’a sans doute séduite. Rustaut lui conseille de ne pas tomber amoureux, car cela n’apporte qu’angoisses et soucis ; selon lui, une bonne bouteille de vin vaut bien mieux qu’une maîtresse (Ami, laisse là la tendresse [3]). Richard le renvoie et se trouve déchiré entre son amour pour Jenny et sa perplexité face à son apparente infidélité (D’elle-même et sans effort [4]). Betsy revient avec des nouvelles de Jenny, mais Richard la chasse à nouveau avec brutalité ; elle sanglote tandis que Richard lui demande pardon de sa rudesse (Non, non, vous ne m’avez jamais traitée ainsi [5]). Jenny entre et raconte comment Lord Lurewel l’a capturée, avec tout son troupeau de moutons, puis a vainement tenté de la séduire en lui offrant ses richesses, finissant par l’enfermer dans l’une des chambres de son château, dont elle s’est échappée en utilisant les rideaux pour fabriquer une corde et se glisser par la fenêtre (Le Milord m’offre des richesses [6]). Richard est soulagé d’apprendre que Jenny lui est demeurée fidèle. La jeune femme lui reproche tendrement sa méfiance, tout en lui assurant qu’elle ne lui a pas menti (Ce que je dis est la vérité [7]). Dans un duo (Ah ! Richard. Ah ! Mon cher ami [8]), ils expriment leur bonheur d’être à nouveau réunis, mais ils sont interrompus par le tonnerre tout proche. Ils entendent sonner les cors de chasse. Betsy recommande aux amoureux de s’abriter avant de se faire attraper par l’orage. L’entr’acte dépeint le passage de la tempête. Un coup de feu retentit.

Acte II: La forêt de Sherwood à la nuit tombée. Les deux gardes-chasse, Rustaut et Charlot, luttent l’un contre l’autre dans l’obscurité, chacun croyant avoir attrapé le braconnier qui a tiré le coup de fusil (Tu résistes, tu te défends? [10]). Comprenant leur erreur, ils partent à la recherche du vrai braconnier. Le roi entre, d’un pas hésitant, séparé de sa suite de chasseurs. Son cheval est mort sous lui et se retrouvant à pied, il s’est égaré. Il chante une ariette (Dans les combats [11]) où il songe à quel point les batailles lui insufflent du courage, tandis que les ténèbres, le profond silence et l’immensité de la forêt le remplissent d’angoisse. Ayant entendu le roi, Richard vient l’interroger. Le roi se fait passer pour l’un des membres de sa suite qui s’est éloigné et a perdu son chemin. Richard lui offre l’hospitalité pour la nuit et le mène à sa ferme. Lord Lurewel et un courtisan surviennent alors. Eux non plus ne retrouvent pas la chasse royale. Ils ont entendu une voix qu’ils ont prise pour celle du roi (Ah, ciel ! Ah, si c’était le roi ! [12]). Croyant qu’ils sont seuls, Lurewel raconte à son compagnon comment il a capturé Jenny (Un fin chasseur qui suit [13]). Les gardes-chasse aperçoivent Lurewel et le courtisan et les prennent pour des braconniers. Ils les surprennent et les arrêtent (Avance, suis-moi [14]). L’entr’acte dépeint la chasse.

Acte III: Dans la ferme de Richard. La mère de Richard et Jenny filent et cousent ; Betsy arrange un bouquet de fleurs ; toutes les trois chantent des chansons, tout en attendant le retour de Richard (Lorsque j’ai mon tablier blanc [16]). Celui-ci entre avec le roi et leur dit qu’il appartient à la suite royale et, s’étant perdu dans la forêt, qu’il leur a demandé l’hospitalité pour la nuit. Richard présente Jenny au roi et lui apprend l’offense que Lord Lurewel leur a causé. Le roi jure que justice sera faite. Richard demande à sa mère de préparer un repas pour leur hôte. Celle-ci, éblouie de l’honneur que leur fait la visite d’un si noble personnage, se montre aux petits soins avec lui et lui apporte à manger (Monsieur, monsieur [17]). Tandis que le roi et Richard prennent leur repas dans la pièce voisine, Jenny et Betsy se réjouissent de l’aide qui leur a été promise. La mère les met en garde : on oublie souvent les promesses faites à la va-vite (Ah ! Ma tante [18]). Richard demande à sa mère et à Betsy de tenir compagnie à leur invité pendant qu’il descend chercher du vin à la cave. Jenny refuse de l’y suivre et demeure dans la pièce. Betsy revient et apprend à Jenny qu’elle a offert son petit bouquet de fleurs à leur hôte et qu’il l’a épinglé à son habit. En retour, celui-ci lui a donné des pièces d’or. Elle l’a remercié d’un baiser, et sa mère l’a giflée et sévèrement tancée, mais leur hôte est intervenu pour la défendre (Il regardait mon bouquet [19]). Betsy donne l’or à Jenny afin qu’elle puisse acheter un nouveau troupeau de moutons, qui sera sa dot. Richard revient de la cave. Jenny tente sans succès de nouer une conversation avec lui avant qu’il ne retourne auprès de leur invité (Un instant/Il m’attend [20]). Celui-ci paraît alors et s’entretient avec Richard, qui lui dit que les monarques ont du mal à connaître la vérité car ils sont entourés de courtisans qui ont souvent d’autres idées derrière la tête. Le roi s’étonne de la sagesse de Richard. Jenny invite leur hôte à son mariage avec Richard. Il accepte de bon coeur. Jenny chante une chanson qui vante les plaisirs de la vie à la campagne (Que le soleil dans la plaine [21]). Richard exprime les mêmes sentiments dans une autre chanson (Ce n’est qu’ici, ce n’est qu’au village [22]). Jenny et Richard prient leur invité de chanter à son tour et celuici accepte, chantant une ariette tirée d’un opéra dans lequel un gouverneur dit à un prince qu’il peut accéder au bonheur le plus suprême en donnant de sa main à son peuple tout ce qu’il espère de lui (Le Bonheur est de le répandre [23]). Betsy annonce que les gardes-chasse arrivent avec les voleurs qu’ils ont arrêtés. Richard est surpris de découvrir Lurewel, qui lui reproche le comportement de ses hommes. Richard est sur le point de parler de Jenny à Lurewel, quand celui-ci l’interrompt pour annoncer triomphalement que la jeune femme ne quittera pas son château tant qu’il ne l’aura pas décidé ; selon lui, Richard a tort de vouloir épouser la jeune femme. L’invité se lève de son fauteuil : le courtisan l’aperçoit et s’exclame que voilà le roi. Tous expriment leur surprise dans un septuor (Le Roi, le Roi [24]). Confondu, Lord Lurewel reconnaît ses torts. Le roi le chasse de sa présence et, se tournant vers Richard, lui donne son épée en signe d’anoblissement. Le monarque déclare qu’il assistera aux noces et prendra en charge la dot de Jenny. Tous chantent leur joie (Que du ciel la bonté suprême [25]).

Nizam Kettaneh
Traduction française de David Ylla-Somers

¹ Ce dialogue parlé est omis de l’enregistrement, mais une traduction en anglais est disponible à l’adresse www.naxos.com/libretti/660322.htm


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