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8.660356 - CURRENT, B.: Airline Icarus [Opera] (Huhtanen, Szabó, G. Thomson, Dobson, Sirett, Current)
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Brian Current (né en 1972)
Airline Icarus • Inventory

 

Airline Icarus porte sur les pensées croisées de passagers d’un vol commercial. Cette oeuvre explore les thèmes de l’hubris, de la technologie, de l’intimité forcée entre étrangers, et de ce qui arrive lorsqu’on vole trop près du soleil. Au fil de l’oeuvre, l’avion devient de plus en plus lumineux et finit par disparaître.

En septembre 1983, un avion commercial coréen a été abattu au-dessus de la côte est de l’Union soviétique. Les Soviétiques ont dit qu’ils croyaient qu’il s’agissait d’un avion espion. Plutôt que d’atteindre directement l’avion, le missile a frappé son aile, et l’avion « est tombé comme une feuille pendant douze à quinze insoutenables minutes ». Pendant des années, je n’ai pu m’empêcher de penser aux gens qui étaient à bord. Plus tard, alors que je rendais visite à Anton Piatigorsky, je lui ai dit que j’étais à la recherche d’idées pour des oeuvres théâtrales et je lui ai parlé de l’avion de ligne coréen. Anton m’a raconté qu’il venait d’écrire un poème portant sur l’absurde petite société qu’on tient souvent pour acquise lorsqu’on est à bord de vols commerciaux, et sur le troublant mélange entre hubris et technologie : on échange des banalités et on regarde des films, alors que de l’autre côté des hublots se trouve un somptueux paysage de nuages, ou une mort certaine et glaciale.

Plus tard, il m’a proposé la métaphore parfaite pour ce que nous essayions de faire : Icare. Icare, vous vous en souviendrez, a volé trop près du soleil, si bien que ses ailes de cire ont fondu et qu’il est retombé sur terre dans une lumière flamboyante. Son père, Dédale, est parti à sa recherche, s’écriant « Icare, où es-tu? » et « Maudit soit cet art! ».

À mes yeux, l’un des aspects les plus intéressants de ce mythe est qu’Icare disparaît un peu de la même manière que les victimes de tragédies aériennes, et que les astronautes de la navette spatiale Columbia, qui disparurent dans une lumière flamboyante au-dessus du Texas.

Le cri de Dédale, « Maudit soit cet art! », est déchirant, et ce non pas tant parce qu’Icare s’est écrasé et qu’il est mort que parce qu’il sait que nous sommes voués à continuer à fabriquer des choses—des avions, des ordinateurs, des opéras—dans un cycle infini d’essais et d’erreurs dont les conséquences peuvent être désastreuses.

Comme Dédale, et comme le Savant terrifié, nous pouvons maudire ce triste état de choses. Nous pouvons aussi trouver grisant notre pouvoir de créer des choses merveilleuses : « Aucune paix n’est aussi grande. Aucune joie n’est aussi pure [15] », chante le Pilote dans son aria. C’est ce qu’Icare a dû penser alors qu’il s’envolait dans les airs, juste avant de disparaître.

Tiré des notes prises par Brian Current en 2003 à la Yaddo colony, Saratoga Springs, N.Y.

Historique de production

Airline Icarus a été commandé en 2001 par Opera Breve Vancouver. Des extraits de l’oeuvre et des ateliers ont été présentés par Tapestry New Opera, Soundstreams, le Vox Festival du New York City Opera, Fort Worth New Frontiers et Opera America. En 2011, Airline Icarus a reçu le prix italien Premio Fedora, dont le jury était présidé par Louis Andriessen. La première scénique, dirigée par le compositeur, a eu lieu à Verbania, en Italie, en avril 2011. En novembre 2012, l’oeuvre a été présentée en version concert au Royal Conservatory en collaboration avec Maniac Star. Les répétitions de ce concert servent de base au présent enregistrement. La création nord-américaine par Maniac Star et Soundstreams, sous la direction de Tim Albery, a eu lieu en juin 2014.


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