About this Recording
9.70212 - Chamber Music - ROWSON, W. / LAU, Kevin / COBLENTZ, H. / RICHARDSON-SCHULTE, A. / NERENBERG, M. (Sounds of Our Time) (Mercer-Park Duo)
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Sons de notre temps: Musique pour violoncelle et piano
Rowson • Lau • Coblentz • Richardson-Schulte • Nerenberg

 

William Rowson (né en 1977): Sonata for Cello and Piano (2012)

Né au Canada en 1977, William Rowson détient un doctorat en musique de l’Université de Toronto et il est diplômé du Curtis Institute of Music. Ses professeurs de composition incluent Ned Rorem, George Tsontakis, Peter Paul Koprowski et Gary Kulesha. Les œuvres de M. Rowson ont été interprétées par des orchestres et ensembles à travers le Canada et les États-Unis. Sa musique de chambre a été au programme du Festival international de musique de chambre d’Ottawa, du Niagara on the Lake International Chamber Music Festival et du Brott Music Festival, et elle a été diffusée sur les ondes de la SRC. Les orchestres qui ont récemment exécuté ses œuvres comprennent l’Orchestre académique national du Canada, l’Orchestre de chambre McGill et le Saskatoon Symphony Orchestra. En plus de composer, William mène une carrière bien remplie de chef d’orchestre. Il est souvent invité à diriger les Talisker Players de Toronto et il est le chef attitré du Mooredale Youth Orchestra ainsi que du Hart House Orchestra à l’Université de Toronto.

Notes du compositeur:
Sonata for Cello and Piano a été commandée par Rachel Mercer. L’œuvre a été enregistrée par le Mercer-Park Duo en juin 2012 et créée en récital par ces mêmes artistes un an plus tard à l’Université de Toronto. Divisée en trois mouvements, la sonate suit le modèle traditionnel de la sonate. Le premier mouvement se compose de deux thèmes contrastants développés ensemble. L’Andante tranquillo s’ouvre par une mélodie sans prétention sur un fond d’accords clairsemés au piano et débouche sur une section centrale ondoyante et expressive. Le dernier mouvement est formé de deux énoncés d’une séquence de thèmes. Chaque énoncé se termine par un geste interrogateur qui nous ramène chaque fois au thème du début.

Kevin Lau (né en 1982): Starsail (2008)

« Voix pleine d’assurance » (Barczablog), doté d’un « contrôle magistral de son écriture » (Classical Music Sentinel), Kevin Lau est en train de se bâtir une réputation comme l’un des jeunes compositeurs les plus polyvalents du Canada. Les œuvres de Kevin ont été commandées et interprétées par plus de vingt ensembles, dont le Toronto Symphony Orchestra, le Hamilton Philharmonic Orchestra, le Toronto Philharmonia, Via Salzburg et le Hannaford Street Silver Band. Il a remporté le Karen Kieser Prize in Canadian Music en 2010, et sa musique figure sur le premier CD du violoniste Conrad Chow, « Premieres » (Cambria Music, 2012). En 2007, avec le chef d’orchestre Victor Cheng, Kevin a fondé le Sneak Peek Orchestra, qui a créé son Cello Concerto en 2012 (avec la soliste Rachel Mercer). Kevin a obtenu son doctorat en composition de l’Université de Toronto sous la direction de Christos Hatzis. Auteur d’une douzaine de trames sonores pour le cinéma et la télévision, Kevin a été compositeur en résidence auprès du Mississauga Symphony Orchestra (2010–2012) de même que l’un des deux jeunes compositeurs en résidence au Banff Centre pendant l’été de 2012. Il a été nommé récemment Com-positeur affilié du Toronto Symphony Orchestra (2012–2014).

Notes du compositeur:
Il y a quelques années, je suis tombé sur une image issue de la culture populaire qui m’a fait une forte impression. Sur cette illustration, un bateau navigue en haute mer par une nuit claire et sans nuages. Vu de haut, le vaisseau semble glisser sur une mer d’étoiles. Comme compositeur, j’ai toujours été intéressé à rendre la mythologie et des récits par des moyens musicaux. Cette image me semblait une métaphore du voyage de l’individu solitaire dans l’inconnu, à la fois beau et terrifiant dans son infinité et son mystère. Dans Starsail, la violoncelliste entreprend un tel voyage, s’éloignant héroïquement du confort de la « maison » (représentée au début par un thème lyrique ancré dans la tradition romantique) pour s’aventurer dans les territoires inexplorés de l’expérience humaine. Les styles changeants et les structures audacieuses de la musique sont des tentatives de « surfer » sur la frontière entre l’ordre et le chaos, de naviguer au-delà des limites de ce que nous connaissons et comprenons (deux choses essentielles à la croissance et dangereuses en soi) tout en demeurant ancrés dans les traditions qui nous définissent. Au fur et à mesure que la pièce se dirige vers des mondes de plus en plus étrangers, le thème principal refait surface aux moments critiques, comme un refrain, nous rappelant constamment la maison—où nous sommes et qui nous sommes. Starsail a été commandée à l’origine par Sarah Steeves et créée à l’Université McGill en mars 2008.

Hunter Coblentz (né en 1988): Ex Animo for Two Cellos (2010)

Hunter Coblentz est un compositeur canadien. Il a entrepris sa formation musicale au Royal Conservatory of Music comme violoncelliste, et il a également étudié le piano. En 2011, il a terminé des études en anglais et en sciences à l’Université de Toronto tout en étudiant la composition avec Jack Behrens, Roger Bergs et Alexander Rapoport. En 2010, il a fondé et dirigé son propre ensemble de musique nouvelle, Blast Strings. Hunter a transporté sa passion pour la composition sur la scène internationale et étudié en Italie avec Raphael Fusco, et en France auprès des compositeurs de renom Michel Merlet et Philip Lasser. En 2013, il a entrepris des études supérieures de composition au Royal College of Music à Londres, en Angleterre. Au nombre des exécutions prévues de sa musique figure une commande de l’Oakville Symphony Orchestra. Ses œuvres ont été interprétées par des ensembles comprenant les John Laing Singers et le Central Michigan University New Music Ensemble ainsi que par des solistes tels que Rachel Mercer et des membres du Penderecki String Quartet.

Notes du compositeur:
Ex Animo signifie « qui vient du cœur ». La mère de Rachel a été mon premier professeur de musique, et Rachel et moi avons étudié tous les deux avec la violoncelliste Susan Gagnon. Cette œuvre que j’ai composée pour Rachel se veut une expression sincère de ma gratitude envers elle et l’influence que sa famille a eue sur moi comme jeune musicien, et aussi pour leur soutien apporté à la musique canadienne et à l’éducation. Ce duo de violoncelles est une combinaison instrumentale rare dans le répertoire pour cordes. Plutôt que de composer pour un violoncelle et un violon, comme Ravel et Kodály l’ont fait magistralement dans leurs duos, je voulais souligner la chaleur et la richesse sonore qu’offre la réunion de deux violoncelles. J’ai utilisé un style contrapuntique faisant appel à la gamme octatonique, qui semblait un langage harmonique convenant au timbre sombre et mélancolique du violoncelle.

Abigail Richardson-Schulte (née en 1976): Crossings (2011)

Abigail Richardson-Schulte est née à Oxford, en Angleterre, et elle est venue au Canada encore enfant. Ironie du sort, elle a reçu un diagnostic de surdité complète et incurable à cinq ans. Pourtant, elle entendait parfaitement plusieurs mois après son installation au Canada. Après avoir grandi à Calgary, où elle a étudié la composition, elle a obtenu un doctorat de l’Université de Toronto. Sa musique a été commandée et interprétée par des orchestres d’envergure, par la SRC, Radio France ainsi que plusieurs diffuseurs et festivals de musique, y compris le Festival Présences de Paris. Abigail a remporté le premier Karen Kieser Prize, le prix décerné par le Bureau du CMC dans les Prairies et un prix Dora remis pour le « meilleur nouvel opéra ». Qui plus est, elle s’est classée première à la prestigieuse Tribune internationale de compositeurs de l’UNESCO, après quoi sa musique a été radiodiffusée dans 35 pays. Abigail collabore souvent avec son mari, le violoniste Michael Schulte, qui a exécuté et dirigé un grand nombre de ses œuvres en vue de radiodiffusions à l’échelle nationale. Elle a été Compositrice affiliée au Toronto Symphony Orchestra de 2006 à 2009 et elle est actuellement la coordonnatrice du New Creations Festival de cet orchestre. Abigail a composé « Le chandail de hockey » (texte et narration de Roch Carrier), œuvre commandée conjointement en 2012 par le Toronto Symphony Orchestra, l’Orchestre du Centre national des Arts et le Calgary Philharmonic Orchestra. Abigail occupe le poste de compositrice en résidence auprès du Hamilton Philharmonic Orchestra depuis 2012.

Notes de la compositrice:
« Crossings », titre donné à cette pièce par un concours du public lors de sa création, est une œuvre en quatre mouvements pour violoncelle et piano. La forme de la pièce est traditionnelle. Je me suis souvent retrouvé en train d’enseigner à de jeunes étudiants en composition qui peuvent être intimidés par la forme en musique. Je les encourage à utiliser les formes traditionnelles classiques, mais de les adapter à leurs propres fins. En cours de route, je me suis rendu compte que c’est une chose que je n’avais jamais faite moi-même et qu’il était temps que j’en fasse l’essai. Le dilemme, lorsque l’on associe les formes traditionnelles à un langage musical contemporain, repose sur l’absence de rapports entre les tonalités sur lesquels se basent les formes anciennes. Par exemple, dans la forme sonate, les deux thèmes principaux sont développés habituellement dans des tonalités éloignées avant de se retrouver dans la tonalité de départ. Ma solution a consisté à développer les deux thèmes indépendamment, mais de les réunir par la suite pour n’en faire qu’un, de façon à créer essentiellement un nouveau foyer pour ces deux thèmes. Ces formes, de surcroît, contiennent des répétitions qui peuvent être ennuyeuses sans la tension créée par le changement de tonalités. Ma solution a été soit de «croiser» le matériau des deux parties, d’inverser les rôles des instruments ou d’imprégner le matériau répété de tout ce avec quoi il avait été en contact en chemin, presque comme si le thème rapportait un souvenir d’un autre pays. « Crossings » a été composée pour Rachel Mercer et Angela Park grâce au soutien du Conseil des arts de l’Ontario.

Mark Nerenberg (né en 1973): « I Thirst » (2008)

Originaire d’Edmonton, Mark Nerenberg a obtenu un baccalauréat en musique et une maîtrise en composition de l’Université de l’Alberta, et un doctorat en musique de l’Université de Toronto. Il a étudié le piano avec Richard Troeger, Helmut Brauss et Haley Simons. Ses professeurs de composition comprennent Christos Hatzis, Malcolm Forsyth, Laurie Radford et Howard Bashaw. Ses compositions couvrent une grande variété de styles, de genres et de techniques, y compris la musique instrumentale, orchestrale et chorale ; la musique électronique axée sur l’interaction entre les ordinateurs et les interprètes ; et les œuvres de collaboration multimédias. Parmi ses compositions récentes figurent Awakening the Electronic Forest (installation multimédia créée à la Nuit Blanche de Toronto en 2007), Lines (installation sonore créée au Festival international de musique de chambre d’Ottawa en 2008), Concertino for Clarinet and Orchestra interprété par le Toronto Philharmonia en compagnie du soliste Peter Stoll, Dialogue pour quatuor à cordes exécuté par le Penderecki String Quartet au Toronto Summer Music Festival (2010) et Ales (pour soprano, flûte à bec, alto, narrateur et manipulations électroniques en direct), commandée par le « Bird Project ».

Notes du compositeur:
Le titre de cette pièce, tout comme son inspiration, est une citation des Sept Dernières Paroles du Christ. La musique suit un parcours à travers la souffrance, la perte, la persévérance et, finalement, l’Espoir. En mettant cette phrase en musique, j’ai tenté de dépeindre par les sons le combat universel de la vie. Nous nous efforçons tous d’atteindre un but ou un idéal, et c’est ce combat qui, souvent, donne un sens à notre existence.

Traduction: Véronique Robert


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