Labels
Series
New Releases
Download Catalogue
Artists
Composers
Learning Zone
Naxos News
Recent Reviews
Qui sommes-nous
Licence / Synchronisation
Order Now
naxos.com Newsletter
"Quote...Unquote"
Classical Music Quiz
Charts
On this day in Classical Music
Featured Link
 
Choeur Régional Vittoria d'Ile de France, direction Michel Piquemal

Après avoir travaillé le chant, Michel Piquemal reçoit les conseils de Denise Duval et de Pierre Bernac pour la melodie française et de Suzanne Anders et Paul Schilawski au Mozarteum de Salzbourg pour l'interprétation du Lied. Chanteur et chef d'orchestre, il fonde en 1978 l'Ensemble Vocal Michel Piquemal La formation s'adapte aux diverses formes musicales : a cappella, avec piano, orgue ou orchestre... lui permettant d'interpréter un très vaste répertoire. En janvier 1996, il remporte avec son Ensemble Vocal les Troisièmes Victoires de la Musique Classique pour l'enregistrement consacré à l'intégrale de la musique sacrée de Maurice Duruflé chez Naxos.

En 1987, Michel Piquemal prend en charge la direction du Choeur Régional Provence Alpes Côte d'Azur et du Choeur Régional Vittoria d'Ile de France avec lequel il remporta les Cinquièmes Victoires de la Musique Classique en 1998 pour l'enregistrement du Roi David d'Honneger toujours chez Naxos. Le Choeur Régional Vittoria d'Ile de France apparaît régulièrement aux côtés des plus prestigieux orchestres français et a fait l'objet de nombreux enregistrements pour Naxos : le Stabat Mater de Poulenc, L'Enfance du Christ de Berlioz récompensé par ffff Télérama et Choc du Monde de la Musique.

On trouve egalement le Requiem pour la paix de Tomasi (5 Diapasons, 9 Repertoires) mais aussi deux disques d'œuvres sacrées de Ropartz.

En tant que baryton, Michel Piquemal a enregistré des mélodies de Poulenc.

L'Entretien :
Michel Piquemal, grand spécialiste de la musique française, fait paraître son deuxième disque consacré au compositeur breton Joseph-Guy Ropartz.

Comment êtes-vous entré en contact avec l'?uvre de Ropartz ?
Dans mon enfance, notre professeur de solfège à la Maîtrise de Radio France nous faisait chanter les leçons de Ropartz, pour nous récompenser. J'avais conservé ces solfèges, que j'avais trouvé agréables à chanter, extrêmement musicaux. Un jour, en fouillant parmi de vieilles partitions chez un éditeur, je suis tombé sur une œuvre de Ropartz, le Requiem. Je ne me serais sans doute pas intéressé à cette partition, si je n'avais pas eu ces émotions, ces souvenirs d'enfance. Je l'ai achetée, j'ai commencé à la lire, j'ai trouvé cela formidable... puis j'ai dû attendre des années une occasion de le jouer, jusqu'au jour où il a été question au ch?ur de faire un disque. La région m'a alors soutenu, intéressée par l'idée de redécouvrir un patrimoine oublié. Quand on a commencé à travailler, le chœur et l'orchestre ont été enthousiasmés, ce qui m'a donné envie d'enregistrer la suite, avec un deuxième disque autour du Psaume 136, puis celui-ci, avec les messes brèves et les motets.

L'œuvre de Ropartz donne-t-elle une impression d'unite ?
Oui, il a notamment un système harmonique très personnel. J'ai souvent lu sous la plume des critiques à propos du requiem, que c'était du "sous-Fauré". Or, c'est la même période, mais ce n'est pas du tout l'harmonie de Fauré : on doit apprendre à laisser son œuvre vivre par elle-même, sans chercher une corrélation avec quelque grand nom. Il possède une grande continuité d'écriture, qui certes ne cherche pas l'innovation, mais évolue avec sa sensibilité, son système, en s'éclaircissant, se simplifiant au fil du temps.

Les œuvres de ce disque sont-elles difficiles à travailler ?
En effet, cela ne tombe pas sous le sens. Par exemple, dans la messe de Saint Anne, la première phrase est écrite très carrée, mais demande un rubato, un peu comme la houle, comme le mouvement d'une barque. Au premier abord, cela peut paraître rigide, mais il faut exploser ce carcan, ce qui devient difficile, car tout le monde doit bouger en même temps, avec une espèce de liberté, des ralentis, des accelerando... peut-être en souvenir de sa Bretagne natale, de la mer, il crée une musique impressionniste, faite de petites touches qui se succèdent...

En quoi Ropartz vous parait-il se rattacher aux autres compositeurs français ? Ce qui me frappe dans la musique française, c'est cette pudeur, cette volonté d'éviter le pathos, les longs développements... Il y a tout le temps une sorte de limite que se donnent les Français, une retenue. Par exemple, le finale du Gloria de Poulenc aurait peut-être duré quelques minutes de plus chez un autre compositeur... Tout est dit avec concision, avec réserve...

Ropartz a dit de sa musique sacrée qu'il souhaitait qu'elle soit autant religieuse que musicale. Qu'en pensez-vous ? Quel est le role joue par le texte ?
C'était un homme très cultivé, pour qui les mots avaient beaucoup d'importance, qui a écrit beaucoup de poèmes, d'articles... Il prend un texte pour l'illustrer, pour y apporter un complément, souvent à l'aide de l'harmonie : un accord va venir souligner un mot, un accent tonique, etc... Cela rejoint l'attitude de Debussy dans ses mélodies. Ropartz cherchait la simplicité, il souhaitait que sa musique soit abordable par tout le monde. Est-ce qu'il a réussi ? Je n'en suis pas sûr, je ne crois pas que tout le monde puisse chanter ses motets, car une fausse simplicité dévitalise une partie de sa musique. C'est typique de la musique fran&231;aise, cette simplicité de ton au départ, qui requiert en fait un grand travail de l'interprète. Au premier degré même, cette musique peut paraître ennuyeuse, mais au-delà de la première lecture, l'interprétation lui prête vie, comme un parfum qu'on libère. Il faut vraiment prendre cette musique âvec toute son ame, son cœur, avec foi... encore plus que chez les allemands peut-être...

Cette musique a-t-elle plu aux chanteurs ?
Oui et de façon surprenante - le disque etant sorti près de trois ans après son enregistrement et ces pièces n'ayant pas été données en concert - les chanteurs ont été étonnés du résultat final et de la beauté de cette musique. On n'est pas loin de Palestrina, de Victoria, avec une autre harmonie, mais avec une musique qui naît de la même intériorité, de la même source humaine. Par contre, nous n'avons jamais eu le retour du public, puisque ces pièces n'ont pas encore été données au concert.

En trois disques, vous avez enregistré presque toute l'œuvre chorale de Ropartz. Or, vous êtes aussi chef d'orchestre. Aimeriez-vous diriger le reste de son œuvre, notamment ses symphonies ?
Oui, j'aimerais beaucoup le faire, car je ressens tellement cette musique que je me l'approprie vraiment, comme si je l'avais écrite. Parfois, en regardant seulement le graphisme, le mouvement des notes sur la partition, je sais déjà ce qu'il faudrait faire, ce qu'exprime cette musique. Mais mon désir seul ne suffit pas, il faudrait un orchestre intéressé par ce projet.

Propos recueillis par Mathieu Ferey, février 2000 (copyright Naxos)


Mail to: webmaster@hnh.com
© HNH International Ltd. 2000. All rights reserved. Terms and Conditions of Use.