Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Simon Corley
ConcertoNet.com, December 2013

Arthaus réédite El Nino, quatrième de ses sept ouvrages scéniques de John Adams (né en 1947), déjà paru en DVD en 2001 (en même temps qu’une version audio chez Nonesuch). Il s’agit de l’enregistrement de la première, en décembre 2000 au Châtelet, de cet «oratorio de la Passion en deux actes» (suivi, depuis lors, de L’Evangile selon l’autre Marie, créé l’an dernier à Los Angeles). Ainsi que l’explique Peter Sellars, fidèle partenaire d’Adams, c’est moins la Nativité que de «l’expérience archétypale de la naissance, avec des mots de femmes» qu’il est ici question.

Le metteur en scène américain propose de nouveau ici une transposition contemporaine, à la fois multiculturelle—une histoire de latinos aux Etats-Unis par un orchestre allemand (l’Orchestre symphonique allemand de Berlin avec son Chefdirigent et directeur artistique d’alors, Kent Nagano) et un chœur anglais dans un théâtre français—et, surtout, multidisciplinaire, l’association de la musique, de la danse et de l’image étant destinée à mieux approcher le personnage de Marie, au croisement de ces trois formes d’art. Elaboré par Adams et Sellars, le livret fait alterner, un peu à la manière du War Requiem de Britten, épisodes tirés du Nouveau Testament et textes, en anglais ou en espagnol, allant de l’Ancien Testament à nos jours en passant par la Renaissance anglaise. Cet éclectisme postmoderne ménage une Annonciation et un Magnificat, mais aussi des anges, rois mages et bergers, dans une actualisation qui ose le trivial et l’impur, notamment dans le film projeté en continu en fond de scène, au-dessus des protagonistes, pour mieux magnifier la poésie du quotidien et de l’aujourd’hui: malgré les voitures, les avions, les cops et autres, la scène et l’écran suggèrent des Nativités italiennes. Pas de décor, des costumes contemporains colorés, une gestuelle à la Bob Wilson et, bien sûr, l’omniprésence du trois: solistes—soprano, mezzo et basse parfois appelés à incarner Marie, Joseph ou Hérode—contre-ténors—narrant et commentant l’action à la manière de l’Evangéliste des Passions de Bach—et danseurs.

La musique cultive la référence baroque—difficile d’échapper au Messie: contre-ténors, motorisme néostravinskien, harpes et guitares—mais les tintements des célestas et percussions métalliques, la dimension répétitive, qu’Adams avait quelque peu abandonnée mais qui revient ici en force à la Nyman ou à la Reich, et l’écho d’œuvres aussi diverses que les Carmina burana d’Orff, Œdipus Rex de Stravinski ou la Messe de Bernstein l’ancrent sans équivoque possible dans son siècle finissant. Les parties vocales n’en sont pas moins intensément lyriques, très ornementées et somptueusement servies par les solistes—toujours radieuse Dawn Upshaw, toujours bouleversante Lorraine Hunt, toujours impressionnant Willard White. En bonus, un making of alterne extraits du spectacle et entretiens avec Adams, Sellars, Nagano et Upshaw, sans surprise (mais pas sans congratulations réciproques). © 2013 ConcertoNet.com





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group