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Olivier Brunel
ConcertoNet.com, March 2014

Ce Rake’s Progress était déjà paru chez le même éditeur sur les supports VHS et DVD et il s’agit d’un simple rhabillage, aucun travail n’ayant été effectué ni sur le son, ni sur la définition de l’image, qui datent de 1975, ni sur le sous-titrage, qui comporte beaucoup d’approximations, ni même sur le livret qui l’accompagne (en anglais, français et allemand) et qui a le mérite d’exister. Cela étant précisé, on ne peut que se féliciter que cette archive de prix soit maintenue au catalogue Arthaus Musik.

Rappel historique: à l’époque de la création de ce spectacle en 1975, The Rake’s Progress de Stravinsky était déjà presque de tradition au festival de Glyndebourne. Carl Ebert en avait en son temps fait une mise en scène (1954, soit trois ans après la création mondiale à Venise avec Elisabeth Schwarzkopf) sous la direction de Paul Sacher et dans laquelle chantaient Richard Lewis et Hugues Cuénod. Quand en 1975 le Festival en confia la réalisation à John Cox, David Hockney et Bernard Haitink, ce spectacle fit sensation et fut beaucoup exporté (en France, à Paris et Angers), succès qui ne s’est démenti car Glyndebourne n’a jamais abandonné cette production qui a été élargie à l’échelle du nouveau théâtre et a même fait l’objet d’un nouvel enregistrement en 2010 sous la direction de Vladimir Jurowski (Opus Arte). David Hockney avait réalisé de prodigieux décors et costumes d’après les gravures de William Hogarth qui avaient inspiré W.H Auden pour son livret. Ce spectacle d’un goût exquis avec des tonalités de couleurs très raffinées comme on peut en juger, malgré une image pas toujours d’excellente qualité, grâce à ce film, a une atmosphère unique que renforce la mise en scène simple, intelligente et efficace de John Cox . Sa distribution, la jeunesse même, était emblématique de la génération du festival de Glyndebourne des années 1970, alors au début de son expansion internationale et jouant toujours dans le petit théâtre qui, à défaut du confort d’aujourd’hui, garantissait une atmosphère unique et une grande proximité avec les spectacles.

On ose dire, n’ayant pas une passion pour cette interprète souvent surcotée et surchargeant beaucoup d’effets ses interprétations, que Felicity Lott, dont c’étaient les premiers pas comme soliste sur cette scène, tenait là son absolu meilleur rôle. Même si la couleur n’est pas toujours au rendez-vous, le charme, la simplicité, la fraîcheur et l’humanité du chant sont admirables. Hélas! son Tom—Leo Goeke, qui lui ne fit pas une longue carrière—n’a pas toujours le même bonheur. Et c’étaient les débuts européens d’un jeune baryton-basse américain qui allait faire beaucoup d’usage, Samuel Ramey, qui trouve miraculeusement l’équilibre entre les composantes sympathique et diabolique de Nick Shadow. Quelques autres silhouettes comme le Commissaire-priseur de Jon Fryatt et la truculente Baba la turque de Rosalind Elias complètent heureusement cette formidable équipe comme Glyndebourne savait alors en réunir.

Le spectacle est filmé de façon très frontale, comme cela se faisait à l’époque et la direction de Bernard Haitink était un modèle d’équilibre à la tête des merveilleux musiciens du Philharmonique de Londres (et de ses Chœurs), de tradition dans la fosse de ce festival. Archive de prix pour son histoire et référence absolue d’un opéra qui n’a depuis cessé de tenter les metteurs en scène d’opéras les plus hardis (récemment Olivier Py, Robert Carsen, Robert Lepage et Peter Sellars) mais qui ont tous compliqué une intrigue que l’on n’a jamais depuis montrée aussi simplement, efficacement et humainement. © 2014 ConcertoNet.com





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