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S├ębastien Gauthier
ConcertoNet.com, June 2017

BEETHOVEN, L. van: Symphonies Nos. 1-9 (Bavarian Radio Symphony, Jansons) (3 DVD Box Set) (NTSC) 107537
BEETHOVEN, L. van: Symphonies Nos. 1-9 (Bavarian Radio Symphony, Jansons) (3 Blu-ray Disc Set, HD) 107536

Même si elle s’avère des plus traditionnelles à tous points de vue, quelle belle intégrale que celle que nous offre là Mariss Jansons à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise! Car le résultat est des plus somptueux grâce à une phalange dont on sait depuis longtemps qu’elle est une des meilleures du monde.

Jansons ne tourne pas le dos à la «grande» tradition, alignant par exemple une bonne quarantaine de cordes dans la Première Symphonie et huit contrebasses tant dans la Cinquième que dans la Neuvième. Mais il sait en partie renouveler ce discours historique, allégeant souvent la texture (le premier mouvement de la Première, d’une très grande vélocité digne d’une symphonie de Haydn, ou le premier mouvement de la Huitième) et mettant l’accent sur certains passages davantage que sur des couleurs d’ensemble où le détail pourrait se perdre. Il est donc d’autant plus dommage que Jansons n’adopte pas toujours la dynamique que l’on souhaiterait entendre comme dans le dernier mouvement de l’Héroïque qui manque de souffle et a plutôt tendance à s’appesantir, ou ce début de Cinquième qui manque de puissance tant dans le premier que dans le dernier mouvement, ce dernier pâtissant en outre d’une vision un peu raide, un brin guindée qui bride l’explosion sonore. Gare également aux excès qui, comme dans le dernier mouvement de la Première, ne préservent aucune pause, fût-elle même légère, abordé avec une rapidité excessive qui enlève à la partition toute respiration. C’est d’ailleurs assez étonnant pour un chef qui, en général, adopte des tempi mesurés (plus de 14’ dans le premier mouvement de la Septième, 11’20 pour le premier mouvement de la Sixième) que l’on aimerait parfois plus vifs... Sur le plan musical, signalons également le film du bis donné lors du concert où fut interprétée la Cinquième, illustrant la filiation entre Beethoven et son mentor: la Sérénade opus 3 n° 5 (Hob. III : 17) longtemps attribuée à Haydn.

Tout au long des neuf symphonies, on admire la perfection des musiciens, qui font chacun preuve d’une assurance digne de la machine de guerre la plus implacable. Que le Konzertmeister soit le blond Radoslaw Szulc ou, plus fréquemment, le brun Anton Barachovsky, que le cor solo soit tenu par le «vétéran» Eric Terwilliger ou par le jeune Carsten Duffin (né en 1987!), que le timbalier soit Stefan Reuter ou Rainer Seegers (membre des Berliner Philharmoniker), on ne peut que céder devant autant de musicalité et de perfection technique. La petite harmonie notamment s’avère lumineuse dans la Quatrième, les cors sonnent à qui mieux mieux dans le troisième mouvement de la Cinquième (y compris dans le dernier mouvement de la Septième où ils ne sont pourtant que deux, Jansons ne renforçant pas ses pupitres comme pouvait le faire Karajan ou comme le fait encore parfois Rattle à Berlin), les cordes ronflent comme un seul homme (citons par exemple les violoncelles, merveilleux au début du deuxième mouvement de la Cinquième ou les contrebasses à 31’50 dans «L’Orage» de la Pastorale). Signalons enfin, pour la Neuvième l’excellente contribution tant du quatuor de solistes que du Chœur de la Radio bavaroise, une fois encore merveilleusement préparé par Peter Dijkstra.

La manière de filmer de Hisao Tonooka est on ne peut plus classique. Sages alternances entre vues sur le chef, Jansons faisant montre d’une gestique souvent remarquable (à 13’50 dans la Première Symphonie) et d’une implication physique totale (on voit fréquemment son visage goutter, chaque concert se terminant souvent par un chef en sueur), et plans sur l’orchestre. Les solistes sont bien mis en valeur (la caméra saisissant en plus d’une occasion quelques preuves visuelles de la bonne entente et de l’écoute qui existe au sein de l’orchestre, comme ce geste de la première clarinette à l’égard du basson à 18’28 dans l’Allegretto de la Septième) et certains plans insistent sur la cohésion des pupitres (les accents des violoncelles à 39’35 dans le dernier mouvement de la Septième toujours); dommage peut-être que nous n’ayons pas davantage de plans larges qui, comme c’est le cas dans le dernier mouvement de la Neuvième, n’illustrent pas au sens propre du terme la puissance de la musique.

En bonus figurant sur le premier DVD consacré aux trois premières symphonies, un film de 44 minutes nous montre Mariss Jansons répétant l’Héroïque dans la Herkulessaal de Munich. Très bien fait, ce document est des plus éclairants, extrêmement intéressant comme bien d’autres documents relatifs au travail des grands chefs. Le portrait ainsi dessiné de Jansons est conforme à ce que l’on pouvait penser: un chef qui a beaucoup travaillé en amont, qui a des idées très claires sur ce qu’il souhaite obtenir (sans jamais être fermé au dialogue avec les musiciens comme on le voit dans le premier mouvement lorsqu’il demande aux violoncelles de ne pas jouer trop cantabile), qui «harcèle» presque les membres de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise sur un passage spécifique (passionnant début du troisième mouvement où chaque pupitre de cordes est à son tour sollicité!) et qui met parfois l’accent sur certaines mesures, ne souhaitant pas répéter les mouvements dans leur entier. Agrémenté de conversations avec divers membres de l’orchestre, ce documentaire mérité d’être regardé juste avant le concert de la Troisième, histoire de passer de la théorie à la pratique; un excellent complément! © 2017 ConcertoNet.com





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