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Olivier Brunel
ConcertoNet.com, August 2015

REIMANN, A.: Lear (Hamburg State Opera, 2014) (NTSC) 109063
REIMANN, A.: Lear (Hamburg State Opera, 2014) (Blu-ray, HD) 109064

Lear, que ni Verdi ni Britten n’ont jamais composé, troisième opéra du compositeur allemand Aribert Reimann (né en 1936), a remporté un succès phénoménal et, depuis sa création en 1978 à l’Opéra d’Etat de Bavière, a déjà connu une trentaine de productions. Celle-ci, une première en vidéo, a été enregistrée à l’Opéra d’Etat de Hambourg en 2014 lors de la reprise d’une production de 2012 hélas trop inégale sur le plan théâtral pour pouvoir constituer une référence bien que le niveau musical en soit très élevé. Elle permet de découvrir, avant qu’il ne le chante à l’Opéra de Paris la saison prochaine, le Lear très torturé du baryton danois Bo Skovhus.

La référence, on la tiendra peut-être si est commercialisé un jour le film de la création munichoise en 1978, qui existe puisqu’il a été télévisé et qu’il est disponible, malheureusement avec une très mauvaise image, sur le marché parallèle américain. Pour la qualité du son, on se reportera à l’enregistrement audio paru chez Deutsche Grammophon. Les interprètes en étaient Dietrich Fischer-Dieskau, qui a soufflé à Reimann l’idée de mettre en musique le Lear de Shakespeare, Julia Varady, Helga Dernesch et Colette Lorand, et la mise en scène de Ponnelle, si elle était esthétiquement d’une teinte assez moderne, respectait scrupuleusement les intentions du compositeur.

La production de Hambourg, signée Karoline Gruber, commence plutôt bien, dans un dépouillement de décor et costumes mais revêt rapidement les oripeaux du Regietheater avec une scénographie incohérente et une direction d’acteurs souvent aléatoire. Dès la deuxième scène, on pourrait se croire dans une mauvaise série télévisée chez des petits-bourgeois meublés chez Ikea et attifés à la dernière mode teutonne. Lear est bien trop facilement caractérisé comme un SS en bottes et bretelles (on n’est pas allé plus loin…) qui corrige ses filles au ceinturon, lesquelles sont habillées comme des entraîneuses de club. Parfois le spectacle regagne un peu d’intensité: le plateau totalement vide pour figurer la lande vaut mieux que n’importe quel échafaudage. Mais globalement, tout est assez laid et n’évoque ni de près ni de loin la pièce de Shakespeare.

La distribution comporte de bons chanteurs. Bo Skovhus la domine de loin, le rôle étant idéal vocalement pour ses moyens. Le Fou d’Erwin Leder, avec un chant qui sonne toujours comme un récitatif, est d’une très grande intensité. Andrew Watts a le falsetto idéal pour incarner Edgar. Les trois filles de Lear sont aussi étonnantes pour autant que l’on puisse croire scéniquement à leurs personnages. Le meilleur de cette réalisation est la partie orchestrale avec un Philharmonique de Hambourg chauffé à blanc par la directrice musicale de l’Opéra, Simone Young, qui a longtemps étudié cette partition comme elle s’en explique dans un intéressant bonus. Sa direction est d’une immense précision et elle ménage parfaitement tous les effets dramatiques voulus par le compositeur. © 2015 ConcertoNet.com





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