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Album Reviews



 
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Christophe Huss
Le Devoir, December 2015

L’heure de Jacques Ibert est-elle venue? Kent Nagano ressuscite L’aiglon et Jacques Mercier défend deux partitions orchestrales d’une trentaine de minutes, dont Le chevalier errant, épopée chorégraphique en quatre tableaux, un absolu chef-d’œuvre qui mêle à la perfection le style français et des idiomes hispanisants. Une grande redécouverte. © 2015 Le Devoir




Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, August 2015

A l’instar d’un Jean-Yves Ossonce à Tours, le travail de Jacques Mercier à Metz ne cesse de surprendre par sa qualité et sa profonde curiosité artistique, au concert comme au disque. L’intérêt du chef français se porte cette fois sur deux ballets méconnus de Jacques Ibert (1890–1962) pour lesquels on ne disposait jusqu’alors que de gravures anciennes.

Le Chevalier errant est le deuxième ballet composé par Ibert, suite à une commande d’Ida Rubinstein. Mercier nous fait découvrir ici la Suite pour orchestre qui reprend environ deux tiers de l’œuvre, expurgée des chœurs et des deux récitants. Réalisée par le compositeur lui-même à la fin de l’année 1935, cette Suite ne comporte pas les ajouts réalisés lors de la création tardive de l’œuvre en 1950. D’une durée d’un peu moins de trente minutes, ce petit bijou d’invention mélodique séduit d’emblée par sa flamboyance extravertie qui fait étalage des qualités d’orchestrateur d’Ibert, le rapprochant ainsi de Ravel. Si la partition fait référence au récit de Don Quichotte, tout comme les quatre chansons composées pour le film homonyme de Georg Wilhelm Pabst deux ans plus tôt en 1933, elle n’abuse pas outre mesure d’un coloris hispanisant. Seule la guitare fait ainsi irruption dans le troisième et avant-dernier mouvement de la suite, «L’Age d’or».

Le disque est complété par un autre ballet, Les Amours de Jupiter, créé en 1946 par la troupe de Roland Petit. La musique, tout aussi délicieuse autour d’une orchestration plus légère que Le Chevalier errant, apporte cependant moins de surprises, se montrant parfois un rien emphatique. Quelques réserves mineures, néanmoins, pour un disque très réussi qui bénéficie du geste ardent de Jacques Mercier, très inspiré, à la tête d’un superlatif Orchestre national de Lorraine. © 2015 ConcertoNet.com



Christophe Huss
Le Devoir, June 2015

Jacques Ibert me semble avoir toujours été considéré comme une espèce de demi-sel. Ce disque, groupant deux partitions orchestrales d’une trentaine de minutes, prouve qu’il vaut nettement mieux que cela. Nous en avions eu un exemple probant avec la résurrection de L’aiglon par l’OSM, en entendant sa musique se confondre à la perfection avec celle d’Arthur Honegger. Le chevalier errant, épopée chorégraphique en quatre tableaux, ici en version de concert, est un absolu chef-d’oeuvre (supérieur en inspiration à L’aiglon) qui mêle à la perfection le style français et des idiomes hispanisants avec une verve mélodique très Paris des années trente. Les amours de Jupiter (1946) est plus ouvertement un ballet en petites saynètes ciselées. La redécouverte est ici sympathique, là où, pour Don Quichotte (le chevalier), elle apparaît essentielle avec un retour au répertoire ardemment souhaité. © 2015 Le Devoir




Christophe Huss
ClassicsTodayFrance.com, June 2015

Grande parution Timpani: le Chevalier errant (1935) de Jacques Ibert est une résurrection majeure.

La version symphonique de concert d’un peu moins d’une demi-heure, qui en est proposée ici en première mondiale, est une sorte de “Portrait de Don Quichotte” en quatre parties (Les moulins—Danse des galériens—L’âge d’or—Les comédiens et final). S’il n’étaient les proportions de 4-4-11-7 minutes, on pourrait parler de symphonie, dont le centre de gravité est le touchant et nostalgique mouvement lent, L’âge d’or.

En fait la nostalgie ne dure que 6 minutes. La seconde partie de ce 3e volet est consacrée à des danses paysannes, annoncées par une guitare. On y voisine avec les eaux de Manuel de Falla, mais dans un langage qui a quelque chose de la musique de films des années trente. Comme le relève l’auteur de la notice, le thème de L’âge d’or énoncé au saxophone présente une lointaine parenté avec celui du mouvement lent du Concerto en sol de Ravel. Son exposition au saxophone est sublime, sa reprise aux cordes à la fin du mouvement ne l’est pas moins.

Ce focus sur le 3e mouvement permet de souligner que tout au long de l’œuvre, la veine mélodique de Jacques Ibert est intarissable et de haute qualité. Les comédiens (IV) dansent en une grande farandole alors que les galériens (II) exécutent à coup d’ostinatos une danse plus sauvage. Nous avons ici près de trente minutes de grande musique, comparable à rien: c’est très “années trente”, harmoniquement plus simple qu’Honegger et plus “grand orchestre” qu’Auric.

La moutiure symphonique est d’Ibert lui-même. Jacques Tchamkerten nous dit que l’œuvre originale dure 45 mn et inclut deux récitants et un choeur. Ces derniers ont été évacués, au prix de coupures dramatiques (Don Quichotte et Dulcinée).

Les Amours de Jupiter sont un ballet de 1945 composé pour Rolland Petit et les Ballets des Champs-Élysées. Nous sommes face à une partition plus classique du genre, avec un orchestre un peu plus réduit: 5 tableaux, et des saynètes à foison, sur les amours prolifiques de Jupiter, donnant lieu à des tableaux évocateurs (Enlèvement d’Europe, Léda, Danae, Ganymède, Retour à Junon). Ce n’est ni Daphnis et Chloé ni Cydalise et le chevrepied (Pierné). Mais cela s’écoute avec agrément. Là aussi on n’est pas sans penser à la musique des films français des années 40.

Ces amours, contrairement à la mythologie qui les entoure, ne sont pas immortelles, mais le sujet majeur du CD est Don Quichotte. Celui-là est servi avec un art suprême. © 2015 ClassicsTodayFrance.com



Nicolas Mesnier-Nature
ResMusica.com, May 2015

Ibert, Premières, Mercier : la formule associative sous-entend intérêt patrimonial, curiosité intéressée et qualité reconnue. Additionnées entre eux, les trois éléments génèrent bien plus : immense musicien, évidence artistique, identification interprétative totale.

Le chevalier errant (Don Quichotte) est le second ballet composé par Ibert après Diane de Poitiers, entre 1935 et 1936. A l’origine œuvre d’importance comprenant danse, chant choral et déclamation, Ibert en tire une suite de concert que nous entendons ici, suite qui représente les 2/3 de l’original. Les amours de Jupiter fut écrit juste après la guerre en 1945. Également ballet, il décrit bien ce que son titre indique et est partagé entre cinq volets relatifs aux personnages mythologiques d’Europe, Léda, Danaé, Ganymède et Junon.

Dans l’un comme dans l’autre, on est fasciné par cette musique susceptible d’être chorégraphiée mais qui a sa vie propre en dehors de la scène. Si certains ballets deviennent soporifiques par leur succession lancinante de pas et de marches, l’univers sonore inventé par Jacques Ibert y échappe totalement. Il est aisé de les considérer comme des fresques, à l’orchestration superbement raffinée même dans la puissance, aux touches colorée regardant vers d’autres univers—le saxophone alto, la guitare—idéalement intégrées à un ensemble classique, remarquablement dosées dans leurs intentions expressives.

Une fois de plus, l’intérêt de s’investir dans des contrées méconnues paye, Jacques Mercier l’explorateur est un bienfaiteur du monde musical dans ses interprétations au diapason des textes qu’il sert. © 2015 ResMusica.com





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