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Album Reviews



 
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Didier Van Moere
Diapason, March 2019

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Louis Bilodeau
Classica, September 2018

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Yvan Beuvard
Forum Opera (France), August 2018

Il y a trente ans, Peter Sellars aurait fait fureur avec une telle mise en scène ; aujourd’hui, Robert Carsen se range paresseusement dans le mainstream en transformant Agrippina en un « CNN opera ». Des soldats en treillis et rangers, des hommes politiques en costume-cravate à qui une armée d’assistants vient présenter des documents à parapher, des caméras diffusant sur des écrans ce qui vient de se dérouler sur scène : tout cela fait désormais partie du tristement ordinaire, et les audaces vieilles de trois décennies relèvent plutôt de la solution de facilité. Là où David McVicar avait jadis osé un mélange de symbolisme (escalier menant au trône) et de réalisme, Carsen se contente de superposer aux cercles actuels du pouvoir une référence à la Rome antique revue et corrigée par le fascisme, par le déguisement de Mussolini qu’arbore pour une scène l’empereur Claude, et surtout par le décor massif renvoyant au fameux Palazzo della Civiltà italiana ou « Colisée carré », bâtiment emblématique du quartier E.U.R. construit à Rome en 1937. Des baissers de rideau réguliers permettent de passer du siège du gouvernement aux appartements de Poppée ou à d’autres lieux encore (dont les abords d’une piscine). La mise en scène souligne avec complaisance les moments graveleux – Pallas et Narcisse sont ici deux jeunes loups interchangeables, qui tombent le pantalon presque exactement de la même manière lorsqu’Agrippine fait appel à leurs services – et en rajoute même, comme lorsque Néron déchaîne ses ardeurs au lit non pas sur Poppée mais, par erreur, sur l'empereur Claude. On ne s’élève guère au-dessus de l’humour de sitcom, la seule idée arrivant in extremis, durant le chœur final, quand Néron fait intervenir ses hommes de main, qui trucident Agrippine et Poppée.

En fosse, Thomas Hengelbrock propose une direction sage, parfois un peu raide (dans l’ouverture, par exemple), à cent lieues de ce qu’un René Jacobs pouvait tirer de cette partition du jeune Haendel. Alors que la musique s’autorise tout ce qui ne sera plus possible par la suite – mélange du sérieux et du comique, multiplication des ensembles – l’interprétation semble refuser de prendre le moindre risque, de défendre des options personnelles, d’où un résultat assez tiède pour la prestation du Balthasar Neumann Ensemble.

Quant au plateau vocal, on se demande s’il ne cumule pas les rendez-vous manqués, par la suite d’idées qui auraient pu être bonnes mais se révèlent moins heureuses sur la scène que sur le papier. Pour des raisons de vraisemblance dramatique, sans doute, les trois rôles initialement dévolus à des castrats sont confiés à des voix masculines. Passons très vite sur le Narcisse de Tom Verney, dont on a peine à croire qu’il puisse pour le moment s’élever au-dessus des seconds couteaux : ni force ni couleur, on ne parie pas sur ce contre-ténor-là. Il en va tout autrement de Filippo Mineccia, mais l’Italien, qui s’épanouit particulièrement lorsqu’il a à interpréter un méchant, semble un peu pris au dépourvu dans le rôle du gentil Othon, auquel il peine à conférer un vrai relief. Doté d’un instrument infiniment moins riche, Jake Arditti se rattrape par un jeu scénique déchaîné. Côté voix graves, si Christoph Seidl n’a pratiquement rien en guise d’air à chanter, Damien Pass tire fort bien son épingle du jeu en Pallas, mais l’on est d’abord très surpris par la voix de Mika Kares dont l’entrée dans ce répertoire fait l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine : son organe, certes puissant mais épais et peu agile, paraît un peu exotique chez Haendel. Quant aux dames, Danielle de Niese ne retrouve pas en Poppée le piquant irrésistible dont elle avait su parer sa Cléopâtre à Glyndebourne : l’interprète est confinée par la mise en scène à un jeu totalement boulevardier, sans que le charme du timbre soit suffisant pour compenser. Patricia Bardon, enfin, inoubliable Cornelia, semble parfois dépassée par les exigences du rôle-titre, non sur le plan théâtral, où elle prend beaucoup de plaisir à incarner une mère ambitieuse et prête à tout, First Lady en robe léopard ou tailleur Chanel, mais sur le plan musical, où les aigus du personnages la poussent hors de sa zone de confort et où l’on aurait aimé plus de variété dans l’expression strictement vocale des affects du personnage (pourquoi la prestation magistrale d’Anna Caterina Antonacci ne fut-elle pas immortalisée en son temps ?). On comptait déjà au moins quatre versions d’Agrippina en DVD : malgré quelques grands noms à l’affiche, celle-ci laisse encore le champ libre à d’autres à venir, on l’espère. © 2018 Forum Opera (France)



Andreas Laska
ResMusica.com, August 2018

Pendant quinze ans, de 1753 à 1768, Niccolò Jomelli officia à Stuttgart comme Oberkapellmeister du duc de Wurtemberg. Pour commémorer le 300e anniversaire du compositeur aujourd’hui peu connu, l’Opéra de Stuttgart proposa en 2015 son opéra Il Vologeso. La production, très remarquée à l’époque, est maintenant disponible en DVD.

Un homme entre deux femmes, une femme entre deux hommes—voilà, en bref, l’intrigue du Vologeso de Jommelli. L’homme en question est Lucio Vero, général romain. Épris de la princesse parthe Berenice, il est prêt à renoncer à la main de Lucilla, pourtant princesse impériale. Berenice, elle, croyant son fiancé Vologeso mort, n’est pas insensible aux avances du conquérant. Jusqu’ à ce que Vologeso réapparaisse bien vivant.

La production de Stuttgart, signée Jossi Wieler, Sergio Morabito et Anna Viebrock, situe l’action dans un no man’s land temporel. Baskets et culottes, t-shirts et rubans : le mélange des styles est hardi. Ce n’est pas beau ni pertinent, mais la direction d’acteurs est tellement intense que l’on finit par s’y habituer.

L’opéra est donné dans son intégralité ce qui, malgré la direction énergique de Gabriele Ferro, n’évite pas certaines longueurs. Heureuse idée, en revanche, de partager les cordes en trois groupes ce qui fait ressortir à merveille les richesses de l’orchestration de la partition.

La distribution est dominée par le Vologeso de Sophie Marilley. Dotée d’une voix à la fois charnue et souple, à l’aise sur deux octaves, la mezzo française fait preuve d’un engagement dramatique hors-normes. A ses côtés, Ana Durlovski campe une Berenice tout aussi intense. Si ses vocalises sont faciles, c’est son dernier air, exempt de toute virtuosité, qui bouleverse le plus. Lucio Vero est chanté par Sebastian Kohlepp, rising star parmi les ténors allemands, à l’époque troupier à Stuttgart. Sa voix ductile et riche en couleurs accuse cependant des limites dans le registre aigu.

Le reste de la distribution ne mérite pas tant d’éloges. En troupe à Stuttgart depuis plus de trente ans, Helene Schneiderman, mezzo pourtant méritoire, manque de crédibilité en Lucilla, la jeune fiancée du général. Pire encore, son timbre ne se distingue guère du soprano raide de Catriona Smith dans le rôle travesti de Flavio. Assez bizarre enfin la prestation de Igor Durlovski en Aniceto. Ancienne basse reconvertie en contre-ténor, son fausset manque de consistance, de sorte qu’il retombe par moments en voix de poitrine. © 2018 ResMusica.com





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