Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

 
Keyword Search
 
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...


Classica, November 2018

View PDF  



Christian Wasselin
Opéra (France), November 2018

View PDF  



Emmanuel Dupuy
Diapason, September 2018

BERLIOZ, H.: Benvenuto Cellini [Opera] (DNO, 2015) (NTSC) 2.110575-76
BERLIOZ, H.: Benvenuto Cellini [Opera] (DNO, 2015) (Blu-ray, HD) NBD0074V

Vu il y a quelques mois à l’Opéra- Bastille (avec un autre chef et une autre distribution), ce Benvenuto Cellini fut filmé trois ans plus tôt à Amsterdam. Le clou du spectacle, c’est… le spectacle lui-même, signé Terry Gilliam – ancien pilier des Monty Python, réalisateur au cinéma, entre autres chefs-d’oeuvre, de l’immortel Brazil. Avant même le lever de rideau, règne jusque dans la salle une atmosphère de joyeuse kermesse, avec lâcher de confettis, jongleurs, acrobates et masques géants. Sur scène, l’imagination est au pouvoir à chaque instant, sans jamais trahir ni l’esprit ni la lettre de l’ouvrage. Inspiré des dessins de Piranesi et de ses architectures délirantes, le décor en grisaille autorise de rapides changements à vue, s’animant de subtils effets vidéo. Dans l’esprit du Carnaval, un vent de folie réglé comme du papier à musique envahit le plateau et s’empare de tous les personnages, tel ce Pape Clément mutant et tatillon, croisement entre Boris Godounov et la Princesse Turandot. C’est foutraque, cartoonesque et jubilatoire en diable.

Hélas, impossible de se passer des sous-titres. Mariangela Sicilia a beau avoir un joli brin de voix et un goût musical incontestable, on ne comprend pas grand-chose à ce que raconte cette Teresa. Même écueil avec son père, Balducci, auquel Maurizio Muraro prête son grave confortable, mais aucune une once de truculence, tant sa diction est peu spontanée. Ce n’est rien à côté de l’autre basse de la soirée, Orlin Anastassov, Pape Clément fâché avec les mots et la justesse.

Parmi les clefs de fa, c’est donc notre Laurent Naouri national qui triomphe dans l’habit de Fieramosca, rival malheureux de Cellinii: style et prononciation parfaits, et avec ça un grain de loufoquerie pathétique qui semble faire du personnage un cousin franco-italien du Beckmesser wagnérien. Lauriers aussi pour l’Ascanio de la Québécoise Michèle Losier, qui se glisse avec grâce et ardeur dans le travesti d’Ascanioi; et pour Marcel Beekman, suffisamment acclimaté à notre répertoire pour offrir au Cabaretier un caractère bien trempé.

Comme il se doit, c’est pourtant à John Osborn que revient, dans le rôle-titre, la plus éclatante victoirei: la preuve que l’on peut ne pas être né français – mais dans l’Iowa – et ne pas massacrer pour autant la langue de Molière. Surtout, l’artiste affronte avec insolence cette tessiture impossible, aussi brave dans ses éclats héroïques que touchant dans la confidence nostalgique (« Sur les monts les plus sauvages », entre remords passionnés et murmure). Tout ce petit monde répond à la direction vitaminée de Mark Elder qui, après avoir guidé l’orchestre dans les humeurs changeantes de la vaste Ouverture, n’autorise aucun temps mort trois actes durant. Suffisamment d’atouts, en somme, pour que ce Benvenuto prenne la tête d’une maigre vidéographie. © 2018 Diapason




Didier Van Moere
Avant Scène Opéra, June 2018

C’est la production de Benvenuto Cellini que Bastille a récemment présentée. Elle venait d’Amsterdam, où Terry Gilliam, un ancien des Monty Python, répondait à sa façon à l’exubérance berliozienne. L’histoire de la fonte du Persée devient un nocturne carnavalesque, jubilatoire et rutilant, volontiers licencieux, avec marionnettes géantes et pluie de confetti, vidéo omniprésente : une gigantesque machine qui jamais ne s’arrête. Au romantisme flamboyant de Berlioz répond le baroque farcesque de Gilliam, où une foule des années 1830 – l’époque de la création de Benvenuto – s’agite au milieu un décor à la Piranèse. Un clin d’œil parmi d’autres, comme ce Pape lubrique et foutraque aux airs de princesse Turandot… Au début, on se laisse emporter par le mouvement perpétuel de cette débauche visuelle, qui s’achève dans le rougeoiement du feu de la chaudière. Mais la machine tourne vite sur elle-même et l’agitation devient répétitive, même si les gros plans la rendent parfois plus intéressante que dans la salle. Rien d’étonnant, en tout cas, si la direction d’acteurs privilégie les figures grotesques de Balducci ou de Fieramosca et ne s’attache pas assez, par exemple, à la figure de l’artiste en proie aux affres de la création et qui y risque sa vie.

La direction de Mark Elder, en revanche, ne laisse rien au hasard, conjuguant l’urgence du théâtre et la maîtrise de la narration – le défi posé par Benvenuto. Aux couleurs criardes de la production répondent les teintes subtiles de l’orchestre, avec un carnaval romain remarquablement tenu, antithèse de ce qu’on voit sur la scène. De la scène à la fosse, les deux faces du génie de Berlioz ? L’orchestre et le chœur, en tout cas, sont magnifiques. Vocalement, c’est un peu inégal, une ligne de partage séparant ceux qui respectent la prosodie française et ceux qui la massacrent. On peine à écouter le Balducci de Maurizo Muraro, à bout de voix de surcroît, ou le Pape d’Orlin Anastassov, totalement incongru ici. De ce point de vue, Mariangela Sicilia pourrait mieux faire, mais sa Teresa passe bien, timbre fruité et ligne correcte, à condition de pardonner des duretés très fâcheuses dans les aigus du dernier tableau, où la tessiture se tend beaucoup plus. Si bien que la palme revient au fiancé ridicule, au page et à son maître. Bête de scène, modèle de vis comica et incomparable diseur, Laurent Naouri est inimitable, nullement gêné par la tessiture souvent inconfortable du sculpteur. Celle de Benvenuto frise l’impossible : John Osborn n’en fait qu’une bouchée, maître absolu de son émission et de sa ligne, amant fougueux ou tendre, créateur conquérant ou abattu – le seul aujourd’hui avec Michael Spyres à chanter ainsi ce répertoire. A ses côtés, l’Ascanio facétieux et remuant, parfait surtout, de Michèle Losier. A comparer avec la production salzbourgeoise de Philipp Stölzl dirigée par Valery Gergiev (DVD Naxos également, cf. L’ASO 255). © 2018 Avant Scène Opéra





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group