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Christine Labroche
ConcertoNet.com, January 2016

Le merveilleux équilibre sonore obtenu par Preben Iwan, ingénieur du son, met pleinement en valeur la clarté et la beauté lumineuse de l’interprétation par les forces danoises de trois pièces chorales majeures d’Olivier Messiaen (1908–1992). Le programme monographique de l’Ensemble vocal danois sous la direction exigeante et visionnaire de Marcus Creed est en tout point réussi.

Dix sopranos du Chœur de concert danois rejoignent celles de l’Ensemble vocal pour le toujours surprenant unisson des Trois Petites Liturgies de la Présence Divine (1943–44), clairement articulé et tout en «draperies, en vagues, en tournoiements, en spirales, en mouvements entremêlés»» comme Messiaen les décrit lui-même, le nacré instrumental de l’Orchestre de chambre danois rehaussant avec éclat «la rutilance des pierres précieuses: rubis, saphir, émeraude, améthyste» de cette œuvre exceptionnelle. La précision galbée de la direction de Marcus Creed, les fines couleurs prismatiques des instruments solistes et de l’orchestre sans vents, et la pureté perlée des voix, sans nébulosité aucune, assurent à l’œuvre sa force intrinsèque, gommant l’aspect un rien trop onirique de certaines prestations au bénéfice d’un éveil visionnaire. Attentifs aux textures changeantes, les interprètes soignent les contrastes frappants entre les trois volets, chacun des trois convoquant dans l’esprit du compositeur une manifestation différente de la «présence divine».

D’une modernité audacieuse, en 1948, qui a pu toucher un Berio ou un Ligeti, les Cinq Rechants à la mise en place ardue bénéficient de la clairvoyance musicale de Creed, de son souci et de sa maîtrise du relief sonore, et de la tonicité d’émission d’un Ensemble vocal éminemment adaptable aux rythmes expressifs et aux exigences polyphoniques d’une partition magnifiquement hors norme sur un livret en français ou en langue inventée qui rend primordiale la netteté des attaques. Solaires mais secrets, les sopranos solistes en particulier apportent à l’œuvre un vertige nécessaire, avec toutefois à leur image les prouesses du chœur à l’articulation soignée et au timbre infaillible. Interpréter l’œuvre à ce niveau, en en préservant la dimension poétique et la chaleur humaine, c’est un tour de force certain.

Entre les deux, la beauté limpide du motet O sacrum convivium (1937) vient souligner le succès incontesté que connaît cette unique pièce véritablement liturgique de Messiaen outre-Manche et dans les pays d’Europe du Nord. Les voix danoises en donnent une interprétation délicate, très touchante, qui souligne la transparence sonore des quatre pupitres en fine homophonie.

Malgré leurs difficultés relatives, les trois œuvres ne vont pas sans ardents défenseurs à commencer par Marcel Couraud et Günter Wand, et les mélomanes auront une version de prédilection. La prestation focalisée des phalanges danoises au meilleur de leur forme sous la baguette de l’excellent Marcus Creed, riche de son expérience passée à la tête du Chœur de chambre de la RIAS et de l’Ensemble vocale de la SWR, reste cependant un événement d’exception à ne pas manquer. Hautement recommandé. © 2016 ConcertoNet.com





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